Balade au royaume des contes de Fées à Moulins

By on 24/05/2018

Réputé pour ses expositions autour des costumes de spectacle, le Centre National du Costume de Scène de Moulins vous invite à partir de ce printemps à plonger dans le monde merveilleux des contes de Fées.

De la Belle au bois dormant en passant par la Belle et la Bête, Cendrillon, Peau d’âne, Riquet à la houppe, Casse-noisette, Hansel et Gretel, Alice au pays des merveilles, l’Enfant et les sortilèges, Le coq d’or, le songe d’une nuit d’été, le Petit Prince, le Prince de Mordu…, le musée vous plonge dans une quinzaine de récits merveilleux, hors temps, hors réalité, par l’intermédiaire des costumes de scène.

 

Genre littéraire universel, le conte de fées a été adapté par chaque culture, à partir d’une longue tradition orale puis écrite. Fées, elfes, sorcières, rois et reines, princes et princesses, ogres, nains, animaux en tous genres… se mêlent dans nos souvenirs pour transformer ces héros d’histoires enchantées en passeurs, afin de mener notre propre parcours initiatique de l’enfance à l’âge adulte.

Au travers de cette installation, le centre national du costume souhaite montrer comment le spectacle vivant s’empare de ce thème et plus particulièrement avec les costumes.

À partir du XVIIe siècle, le merveilleux est prétexte à d’innombrables interprétations scéniques où les esthétiques les plus diverses ravissent les yeux du public, adultes comme enfants. Parmi les nombreux ingrédients qui assurent le bon déroulement de ces intrigues, les costumes figurent au tout premier plan. Toujours réinterprétés aujourd’hui, les contes, en particulier ceux de Charles Perrault, offrent aux costumiers un terrain fertile à l’expression de leur imagination. Ils déclinent un vocabulaire vestimentaire, où les styles et les époques se côtoient avec magie.

Le parcours de l’exposition transporte les visiteurs dans les contes de fées, à travers plus de 150 costumes, tout en démontrant comment les costumiers ou les couturiers ont interprété les personnages d’une quinzaine de contes.

On y retrouve en autre :

Le Petit Prince et le Prince de Motordu, dont la spécificité de ces deux productions est la confusion des costumes. Bruno Denecker a rassemblé deux des aventures du Prince de Motordu pour monter en 2007, dans des costumes enfantins d’Olga Rapp, un spectacle représenté plus de 500 fois.

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Exposition_contes_de_Fees_CNSC_ de_Moulins_Le_Prince_de_Motordu_©_Florent_Giffard

La Belle au bois dormant, avec la vision de quatre costumiers : José Varona, Bernard Daydé, Franca Squarciapino et Philippe Binot, qui livrent leur interprétation de la Fée Carabosse.

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Peau d’âne offre une vision tendre et loufoque de l’héritage baroque vu par Marie-Geneviève Massé, chorégraphe et directrice de la Compagnie de danse baroque, qui s’est associée au costumier Olivier Bériot pour imaginer des costumes dans un style baroque, avec des personnages décalés comme la Fée marraine, chaussée de hautes guêtres, avec un tutu soutenu par des ballons et une baguette magique sous forme de parapluie.

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Casse-Noisette, le célèbre conte d’Alexandre Dumas avec une musique de Tchaïkovski, revue et corrigé par le chorégraphe belge Jeroen Verbruggen et les couturiers de la Maison On Aura Tout Vu pour les Ballets de Monte-Carlo en 2012, s’offre une cure de jouvence avec une revisite du conte, grâce à la rencontrent de ses trois artistes, qui ont travaillé main dans la main pour répondre à la question : comment grandir, passer de l’âge des rêves à celui de la réalité.

Exposition_contes_de_Fees_CNSC_ de_Moulins_Casse-Noisette_©_gregory_batardon_2Exposition_contes_de_Fees_CNSC_ de_Moulins_Casse-Noisette_©_gregory_batardon

Le Coq d’or, cet opéra écrit au lendemain des grandes manifestations de 1905 en Russie par Rimski-Korsakov, en s’inspirant d’un conte d’Alexandre Pouchkine, est considéré comme une satire politique. Il fut interdit par la censure tsariste et ne fut jamais joué du vivant du compositeur. Dans cette version, Le Coq d’or a été revu par Ennosuke Ichikawa, grand acteur du théâtre Kabuki et metteur en scène, avec les costumes de Tomio Mohri qui font éclater la couleur sur de somptueux manteaux japonais.

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Exposition_contes_de_Fees_CNSC_ de_Moulins_Le Coq_d_or_Le_roi_Dodon_©_Florent_Giffard

Cendrillon est un des contes les plus souvent portés à la scène. C’est l’opéra de Jules Massenet qui a été choisi. Créé à l’Opéra-Comique en 1899, il est repris en 2011 dans une mise en scène de Benjamin Lazar, on y retrouve, une magnifique robe de bal, dessinée par Christian Lacroix, associée aux costumes d’Alain Blanchot.

Exposition_contes_de_Fees_CNSC_ de_Moulins Cendrillon_©_scane

Exposition_contes_de_Fees_CNSC_ de_Moulins_Cendrillon_©_scane

Barbe-Neige et les sept petits cochons, dans cette production, la chorégraphe Laura Scozzi décortique les contes pour mieux les réinventer. Elle s’associe à Olivier Bériot, qui bouscule les codes en proposant des costumes inspirés de l’univers de Walt Disney, mais dont certains détails ne collent pas avec l’imaginaire collectif des contes : les princesses sont en baskets, les petits cochons en trench beige…

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Riquet à la Houppe, un des récits les moins connus des Contes de ma mère l’Oye a été imaginé par une compagnie de marionnettes et le quatuor à corde Debussy.

Hensel et Gretel, composé par Engelbert Humperdinck, sur le livret écrit par sa sœur, à partir d’un conte de Grimm, plus ou moins dérivé du Petit Poucet, rencontra un succès immédiat dès sa création en 1893. Dans cette version de l’Opéra national de Vienne, les comédiens sont vêtus, comme il se doit, de velours côtelé et de tricot par Anthony Ward.

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Le songe d’une nuit d’été de Shakespeare oppose le monde des fées à celui des humains. La production présentée ici est celle de l’opéra créé en 1960, mis en musique par un compositeur anglais du XXe siècle, Benjamin Britten, qui a transformé toutes les créatures féériques en enfants, seuls Titania et Obéron, le roi des elfes et la reine des fées, sont incarnés par des adultes. Cette production du Festival de Glyndebourne, mise en scène par Sir Peter Hall, avec les décors et des costumes de John et Élisabeth Bury, est légendaire.

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Alice au pays des merveilles a été écrit en 1865 par Lewis Caroll, connu dans le monde entier, ce conte relate les aventures d’une petite fille dans un univers merveilleux où tout peut arriver. Cette histoire est certainement la plus adaptée au cinéma et à la scène, sa première version au grand écran remonte à 1903 et en dessin animé par Walt Disney en 1951, c’est cette version qui reste la plus connue. Pratiquement toutes les interprétations reprennent les costumes dessinés par le premier illustrateur du livre, Jon Tenniel, les couleurs état fixées par une édition postérieure et par le dessin animé. On retrouve ici, les costumes de Charles Cusick-Smith et Phil Daniels qui traduisent cette esthétique connue de tous, à travers les fameux personnages du conte : le chat, le lapin, la reine de cœur, le chapelier…

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la Belle et la bête & la Belle : Les Belles sont les héroïnes les plus aimées des contes de fées. Deux productions chorégraphiques contemporaines, traitant deux contes parmi les plus connus, sont associées dans la même salle : le ballet de Jean-Christophe Maillot pour le ballet de Monte-Carlo et celui du Malandain Ballets Biarritz. Tout en gardant une base textile, pour les jupes ou les voiles, les costumiers de ces spectacles utilisent les tendances actuelles de la mode, qui gainent les corps, affectionnent les tatouages, les musculatures ou les ossatures visibles. On retrouve des constantes liées à la mode ou à des inspirations de pure fantaisie avec une belle enfermée dans une bulle géante dans la version des Ballets de Monte-Carlo.

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Une grande poésie se dégage de ces univers composites, monde clair et coloré pour la Belle dans les costumes de Philippe Guillotel d’un côté, monde noir et or pour la Belle et la Bête dans les costumes de Jorge Gallardo de l’autre.

Exposition_contes_de_Fees_CNSC_-de_Moulins_LA_BELLE_©_Ballets_de_Monte-Carlo_Marie-Laure_Briane

L’Enfant et les Sortilèges, écrit par Colette et mis en musique par Maurice Ravel à l’Opéra de Monte-Carlo en 1925, raconte les malheurs d’un petit garçon qui, puni par sa mère, malmène objets et animaux qui l’entourent. Alors que dans le jardin devenu magique ses victimes se vengent, le salut viendra d’un témoin de ses bonnes actions accompagné du retour de sa mère.

Rois et reines, personnages iconiques des contes, aux costumes particulièrement riches, clôturent la visite. C’est dans le ballet la Belle au bois dormant que ce caractère somptueux se retrouve le plus. Dans cette salle, le visiteur entre totalement dans le conte accueilli par deux livres géants entrouverts, et déambule au milieu d’herbes géantes d’où surgissent des créatures féériques.

Exposition_contes_de_Fees_CNSC_-de_Moulins_La_reine_des_neiges_©_Royal_Conservatoire_of_Scotland_KK_Dundas

Exposition Contes de Fées du 7 avril au 16 septembre 2018

Centre national du costume de scène et de la scénographie : Quartier Villars-route de Montilly, 03000 Moulins

Informations pratiques sur le www.cncs.fr

Frédéric Blanc

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