Fashion Week Automne-Hiver 2018-19 : arrivées et départs des directeurs artistiques

By on 13/03/2018

Si les annonces de changements des directeurs artistiques à la tête des maisons de mode n’ont pas de calendrier, leurs retentissements sont d’autant plus forts, quand elles sont divulguées au moment des semaines de la mode. Si deux nouvelles ont beaucoup fait parler durant ces semaines, la fashion week Paris a permis de découvrir le travail de deux designers très attendus dans de grandes maisons.

 

Dernier défilé pour Jason Wu, en tant que directeur artistique d’Hugo Boss. Après 5 ans à la tête de la maison de prêt-à-porter de luxe allemand, le designer d’origine taïwanaise/canadienne a décidé de tirer sa révérence lors de la présentation new-yorkaise, de sa dernière collection automne-hiver 2018-19, le 13 février 2018.

Jason_WuJason Wu

Engagé en 2013 par Claus-Dietrich Lars, aujourd’hui remercié, le designer responsable du style féminin, ne se sentant plus en phase avec la nouvelle direction de l’entreprise, a préféré quitter son poste.

En effet, depuis novembre 2016, Hugo Boss est sorti du calendrier des fashion weeks new-yorkaises, supprimé des lignes secondaires, pour se consacrer sur le prêt-à-porter masculin. De plus, Mark Langer, le nouveau PDG de n’entreprise, a annoncé aux investisseurs qu’Hugo Boss allait abandonner le marche du luxe pour revenir à ses racines, le prêt-à-porter masculin haut de gamme. Le secteur féminin ne représentant environ qu’un dixième du chiffre d’affaires de la marque.

Hugo_boss_par Jason_Wu_PaP_AH_2018-19Hugo Boss par Jason Wu

 

Comme déjà annoncée, la mission de Christopher Bailey, président et directeur de la création de Burberry, a pris fin avec le défilé Automne-Hiver 2018-19, le 17 février 2018, avec la collection « Time ».

Pour ce dernier défilé grandiose, le designer a souhaité explorer l’étude subjective du temps qui passe à travers le mouvement, la lumière et le son, avec une installation multisensorielle, qui a pris forme lors d’une nouvelle collaboration avec le collectif artistique United Visual Artists (UVA). De plus il a dédié son dernier opus à certaines des meilleurs et des plus brillantes associations caritatives défendant la jeunesse LGBTQ+ à travers le monde : « il n’y a encore jamais eu un moment plus important pour souligner que notre force et notre créativité se trouvent dans notre diversité » CB.

Christopher_BaileyChristopher Bailey

Ce show XXL présenté devant 1300 invités a dévoilé une collection plus personnelle sous le signe de l’arc-en-ciel. Les pièces iconiques et les codes de la maison, dont le trench, les lunettes aviator, la cape, le poncho ainsi que le manteau militaire, ont été revisités et enrichis de nouveaux designs.

De plus, une capsule de pièces rééditées d’archives des années 1980 et 1990, lancées dans le cadre de cette collection est directement disponible à la vente.

On y a retrouvé parmi les mannequins : Adwoa Aboah, Jean Campbel, Montell Martin et Edie Campbell, qui est apparue pour le première fois dans une campagne Burberry en 2006. Cara Delevingne, découverte par Christopher et Burberry 7 ans auparavant, à fermé et mené le final du défilé sous un spectre de lumières laser aux couleurs de l’arc-en-ciel.

Burberry_AH_2018_par_Christopher_BaileyBurberry par Christopher Bailey

Le 1er mars 2018, la maison a annoncé l’arrivée pour le 12 mars de Riccardo Tisci, ancien directeur artistique de Givenchy, à la direction artistique de toutes les collections Burberry.

Riccardo_TisciRiccardo Tisci

Marco Gobbetti, le directeur de la maison britannique, a salué l’arrivée « d’un styliste, parmi les plus talentueux de notre temps, ses conceptions ont une élégance contemporaine et son talent mêlant streetwear et haute couture est très pertinent pour le consommateur de luxe actuel. La vision créative de Riccardo renforcera notre ambition pour Burberry et positionnera la marque fermement dans le luxe », a-t-il déclaré.

 

Alors qu’elle avait disparu des podiums depuis la fin de son contrat chez Léonard en décembre 2015 et la fermeture de sa maison en 2016, Yiqing Yin est revenue en force à la tête de la direction artistique de la Maison Poiret.

Cette griffe réputée comme avant-gardiste, dont le créateur libéra la femme du corset, a revu le jour, après plus de 80 ans de sommeil, grâce au rachat du nom par le groupe coréen Shinsegae. La maison est dirigée par la Belge Anne Chapelle, PDG et propriétaire des marques Ann Demeulemeester et Haider Ackermann.

YIqing_Yin_Grand_CouturierYiqing Yin

La créatrice a déclaré son intention de prolonger « le geste de Paul Poiret qui au début du XXe siècle, libérait le corps et l’esprit des femmes ». Le couturier a marqué l’histoire par ses influences orientales avec l’introduction des sarouels, des tuniques, des kimonos japonais dans la mode occidentale. Il a également inventé la robe-chemise, imposé les lignes droites et les couleurs vives.

Pour cette première collection sous l’ère Yiqing Yin, les lignes invitent au mouvement grâce à l’oversize, le jour et le soir se mélangent dans une palette classique ivoire et noir, jusqu’aux jaune canari, rose shocking, rouge écarlate, bleu céruléen ou bleu saphir, en passant par des touches vert bronze et rouille sur des taffetas changeants, ou des ors presque acides.

Très prometteur, ce premier opus, salué par une grande partie de la presse, a toutes les chances de signer le retour d’un acteur incontournable sur les podiums parisiens et les red carpets du monde entier.

Poiret_par_Yiqing_Yin_AH_2018-19Poiret par Yiqing Yin

 

Annoncé en septembre 2018, le retour de Serge Cajfinger à la direction artistique de sa propre marque a fait de nombreuses heureuses parmi les clientes de Paule Ka.

Serge_CajfingerSerge Cajfinger

Si le nom n’a pas été présent au calendrier des défilés de la semaine, le créateur n’en a pas oublié pour autant de livrer sa vision de la mode féminine pour l’automne-hiver prochain. Fidèle à sa logique, Serge Cajfinger habille pour le quotidien une vraie femme, bien ancrée dans la réalité, élégante avec des besoins pour le jour et le soir.

Les lignes architecturales sont toujours présentes, elles sont adoucies par des ajouts de plumes, de nœuds et de drapés pour un effet hyper féminin.

Pour la femme Paule ka, l’élégance ne rime pas avec ennui, les incontournables noir et blanc sont accompagnés de couleurs flashy comme le jaune, le rouge, le bleu, mais aussi par des jacquards fleuris ou panthères sans oublié les glitters argents.

Paule_Ka-par_Serge_Cajfinger_AH_2018-19Paule Ka par Serge Cajfinger

Frédéric Blanc

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