Comme chaque été, lors de la première semaine de Juillet, Paris retrouve son faste d’antan en reprenant sa place de capitale mondiale de l’élégance et du bon goût au travers des collections de Haute couture.
Pour l’hiver prochain les 23 Maisons, membres officiels ou invitées de la Fédération Française de la Couture du prêt-à-porter des couturiers et des créateurs de Mode, ont présenté leurs visions de la femme Haute Couture.
Pascal Mourier, pour France 24, vous fait un résumé en vidéo de ses coups de cœur de ces 3 jours :
Christian Dior, événement très attendu de cette semaine. La Maison ayant enfin trouvé un successeur au talentueux John Galliano en la personne du discret Raf Simons. Pour sa première collection, le couturier Belge a voulu une fois de plus être respectueux de son style en proposant une collection aux lignes sobres et classiques et en reprenant l’ADN et les codes de Monsieur Dior, pour un résultat plus que classique où la maitrise de la coupe est à l’honneur afin de séduire une cliente avide du style minimaliste et non tapageur.
A l’opposé, Donatella Versace a présenté, au 1er jour des collections, sa ligne Atelier Versace sur la piscine du Ritz, lieu emblématique où Gianni Versace aimait y présenter ses silhouettes féminines et décomplexées. La femme Versace assumera une fois de plus, encore l’hiver prochain, son pouvoir de séduction au travers des robes du soir laissant la part belle au corps.
Christophe Josse poursuit son travail de couture pour une femme un peu plus jeune, active, où les tenues de jours sont très présentes avec du crêpe, du crocodile et de la fourrure sans pour autant oublier les tenues de cocktail et les robes du soir dans un style épuré.
Karl Lagerfeld pour Chanel a dessiné une collection intitulée « new vintage » pour un résultat effectivement très vintage, malgré les heures de travail nécessaires pour la réalisation des tailleurs. A noter la superbe robe de mariée inspirée par le pelage de sa petite chatte Choupette !
Stéphane Rolland, architecte du vêtement pour une femme forte et sûre d’elle, a comme à son habitude travaillé une nouvelle matière : le silicone pour le transformer en fourrure, preuve que la haute couture est encore le laboratoire nécessaire pour l’évolution de la mode.
Iris Van Herpen, atypique dans le monde de la mode puisque sa haute couture s’adresse plus à des musées qu’à des clientes, nous a proposé une collection magnifique, importable mais à couper le souffle de beauté par une démarche quasi scientifique, brillante et organique selon ses propres mots.
Giorgio Armani, comme à son habitude a choisi de venir deux fois par an à Paris pour présenter sa ligne Haute Couture, Armani Privé, qui cette année s’adresse à une femme sobre, discrète, classique aux lignes pures et architecturales dans des matières lourdes pour une allure masculine tout en restant hyper féminine.
Jean Paul Gaultier a fait défiler dans ses propres salons une collection pour homme et femme où le mélange des genres est à son paroxysme, chacun empruntant des pièces ou des formes de l’autre sexe, sans pour autant tomber dans la caricature et pour un résultat époustouflant de modernité où l’élégance est le maître mot.
Yiqing Yin, malgré la jeunesse de sa marque, prouve pour sa quatrième collection une vraie maitrise de son travail à travers une réelle collection couture où plissés, froissés, dos cousus, ceintures bouillonnées et plumes sont à l’honneur.
Julien Fournier, en tant que membre invité, a proposé une collection se voulant moderne où les tissus classique de la Haute couture se mélangent à de nouvelles matières comme le plastique.
On Aura Tout Vu by Yassen Samouilov et Livia Stoianova fêtent, quant à eux, leur 10 ans de couture. Défilant à nouveau en tant que membre invité à la haute couture et non en mode et accessoire, ils ont décidés de rendre hommage aux femmes en les transformant en reine, car pour eux toutes les femmes sont des reines. Une collection digne de leur rang où la fourrure se mélange au cristal, matière de prédilection de la maison. La mousseline de soie se mêle aux plumes et le cuir se transforme en matière d’exception par la magie des ateliers de broderie maison.
Clou du spectacle du défilé: deux centaures en guise de mariés accompagnant la belle à l’hôtel des photographes, provenant du dernier spectacle du Ballet de Monaco « Kill Bambi » sur lequel ils étaient directeurs artistiques.
Photos: Guillaume Roujas
La Maison Martin Margiela, malgré le départ de son créateur, n’a pas perdu de sa superbe en restant la griffe la plus pointue de la scène Parisienne. Ici, comme chez Iris Van Herpen, la couture est un laboratoire, qui grâce aux finances de son propriétaire Renzo Rosso, prend vie en déclinaison commerciale pour devenir prêt-à-porter.
Alexandre Vauthier, le petit chouchou de la presse, fan des années 80, des « années Fric », s’adresse à une femme sûr d’elle, qui aime être belle et n’hésite pas à se mettre en valeur dans ses combinaisons pantalons pour corps zéro défaut, et tailleur micro mettant ses longues jambes en valeur. Le soir, comme à la grande époque disco, elle fonce sur le dancefloor dans des robes ultra glam. Un monde de rêve où la Ferrari fait défaut au bout du podium. Un défilé à la façon de la grande époque Montana, Mugler où enfin les mannequins sont belles et savent marcher !
Franck Sorbier a souhaité une fois de plus nous surprendre en n’organisant non pas un défilé, mais un spectacle virtuel autour d’une création unique sur lequel ont été projetés des films en 3D sur un décor lui-même fait à base d’images prouvant ainsi que la haute couture est bien vivante et ancrée dans notre époque. Comme le dit si bien Isabelle Tartière, les clientes couture vivent au quatre coins du monde, il est donc nécessaire d’utiliser les nouvelles technologies pour satisfaire leurs demandes.
Elie Saab, devenu en quelques années le couturier des tapis rouges du monde entier en réinventant le glamour hollywoodien, nous enchanté une fois de plus avec ses robes de star et une très jolie sélection d’ensembles de cocktail.
Texte : Frédéric Blanc

i loved this collection
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I’m a journalist not a designer