Les nouveautés de la Paris Fashion Week Printemps-été 2018

By on 13/10/2017

Entre le 25 septembre et le 3 octobre, Paris a accueilli, malgré la politique désastreuse de la circulation, imaginée par Anne Hidalgo, empêchant les journalistes d’assister aux shows, 83 défilés et 27 présentations, inscrits au calendrier officiel de la Fédération de la Haute Couture et de la Mode.

Parallèlement, de nombreuses marques françaises et étrangères ont profité de ces 9 jours pour présenter leurs créations, en espérant se faire repérer par la presse et les acheteurs internationaux, faisant de la Paris Fashion Week, la semaine de la mode la plus attendue.

 

Cette saison particulièrement riche en défilés a compté plusieurs nouveaux venus à son planning avec l’arrivée D’Altuzzara, Thom Browne pour la première fois avec sa collection féminine, Wendy Jim, Victoria/Tomas et le retour tant attendu de Lacoste à Paris.

L’entrée la plus remarquée, au calendrier, est incontestablement celle de Thom Browne, avec non pas un défilé, mais un show où le vêtement n’est pas à prendre au premier degré, mais comme un support d’expression, dans lequel le couturier américain imagine des variations autour du tulle. Comme une bouffée d’oxygène, dans une semaine peu créative, Thom Browne se place comme un nouvel incontournable de la fashion week parisienne féminine.

Thom_browne_Femme_SS_2018

Thom_Browne_SS_2018Thom Browne

Présente depuis quelques saisons en « off », la maison autrichienne, basée à Vienne, Wendy Jim, a pour la première fois présenté en « in ». Créée en 1999 par Harmann Fankhauser et Helga Ruthner, la marque repose sur le principe de base, de savoir si c’est au vêtement de s’adapter à l’homme ou le contraire? Sur le même principe, le duo se pose la question sur la mixité des tenues. Présentée sous forme de happening, la collection joue sur l’androgynie, le sadomasochisme et l’underground. Derrière cette mise en scène, on note de très belles pièces de garde-robe à destination des deux sexes.

Wendy_Jim_Homme_femme_SS_2018Wendy Jim

Pour son tout premier défilé, Victoria/Tomas, le label français né en 2012, sous l’impulsion de Victoria Feldman et Tomas Berzins, a su conquérir la presse avec une collection portable, créative et totalement dans l’air du temps. Le secret du duo : une complicité amoureuse, dans lequel la vision masculine rencontre la féminité, pour des tenues à la fois urbaines, désinvoltes, où le souci du détail prend toute sa dimension grâce à une fabrication « Made in France ».

Finalistes du Festival International de Mode et de Photographie d’Hyères en 2013, le duo fait son entrée au salon Designers Appartement en 2015, il se fait immédiatement remarquer par les acheteurs français et internationaux qui commencent à distribuer la marque dans les meilleurs points de vente à travers le monde.

Victoria_Tomas_SS_2018Victoria/Tomas

Pour ses 85 ans, Lacoste a délaissé New York pour revenir défiler à Paris. Imaginé sous la direction de son DA, Felipe Oliveira Baptista, le show s’est déroulé dans le jardin des tuileries, transformé pour l’occasion en terrain de tennis. Maison sportive par naissance, elle est aujourd’hui réputée pour sa mode pointue, dont le crocodile reste l’emblème.

En complète adéquation avec son ADN, les propositions pour l’été 2018 puisent leurs sources dans le sportswear, ainsi que dans deux films des années 90, « la Haine » de Mathieu Kassovitz et « Conte d’été » d’Eric Rohmer, en mêlant les codes des cités populaires à ceux de la bourgeoisie. Le vestiaire sportif étant entré dans le quotidien de tout à chacun, Felipe met à l’honneur le polo, pièce emblématique de la maison, et s’amuse à le revisiter pour l’homme et la femme. Les matières techniques côtoient les plus nobles, pour une garde-robe actuelle dans laquelle le sport prend ses lettres de noblesse dans des looks 2018 où le style vintage est au premier plan.

Lacoste _par_Felipe_Oliveira_Baptista_SS_2018_Femme

Lacoste_par_felipe_Oliveira_Baptista_SS_2018_HommeLacoste

Si d’autres marques sont des habituées des podiums parisiens, la nouveauté réside dans leur changement de directeur artistique. Parmi ces dernières, on retrouve la vision de :

Serge Ruffieux pour Carven, avec une collection, qu’il qualifie lui-même, désinvolte urbaine et sophistiquée, dans laquelle il joue avec les codes du classicisme féminin et ceux du sport, pour imaginer une garde-robe moderne dont toutes les coupes ont été repensées.

Carven_par_Serge_Ruffieux_SS 2018Carven

Olivier Lapidus pour Lanvin, a choisi pour son premier opus de se plonger dans les archives de Jeanne Lanvin en imaginant des pièces, qu’elle aurait pu créer aujourd’hui. Il livre, par conséquent, une collection sobre et épurée, où de nombreux détails significatifs de la griffe apparaissent.

Si la collection n’a pas fait l’unanimité de la presse, il est à noter cependant, la présence de nombreux modèles très bien coupés, facilement commercialisables pour une cliente jeune aimant la sobriété et le souci du détail.

La seule faute d’Oliver Lapidus ne serait-elle pas de ne pas être Alber Elbaz, dont tout le monde associe le nom à celui de la marque ?

Lanvin_par_Olivier_Lapidus_SS_2018Lanvin

Richard René, a redonné ses lettres de noblesse à Guy Laroche, nom célèbre de la couture française, qui s’était perdu depuis l’arrivée de Adam Andrascik à sa direction. En l’honneur des 60 ans de la maison, le designer a souhaité rendre hommage à la plus célèbre égérie de Guy Laroche, l’actrice Mireille Darc, disparue cet été. Si, ce vestiaire minimaliste et épuré, composé de 17 pièces, dont le noir et le blanc jouent avec la transparence et des clins d’œil aux années 60,70 et 80, ne fait pas forcement parti des grandes tendances de la saison, il apporte des basiques incontournables de garde-robe à des femmes élégantes, à la recherchent de pièces indémodables mettant le corps en valeur par des coupes irréprochables.

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Guy_Laroche_par_Richard _Rene_SS_2018Guy Laroche

Marco Colagrossi, qui après avoir donné sa vison de la mode d’Emanuel Ungaro sur la croisière 2017-18, s’est essayé sur l’été, en puisant dans l’ADN maison. Il en résulte une collection très chamarrée, chargée en codes, dans laquelle il inclut de nouvelles matières comme la cellophane, les tissages métalliques, le plastique et de nouveaux imprimés. Si la volonté du maître d’habiller des femmes loin des diktats de la mode tout en affirmant leur personnalité est respectée, le style, quant à lui, a perdu en légèreté par une overdose de clins d’œil.

Emanuel_Ungaro_par_Marco_Colagrossi_SS_2018Emanuel Ungaro

Clare Waight Keller pour Givenchy dont la collection plutôt commerciale n’a pas su conquérir toute la presse et Natasha Ramsey-Lévi pour Chloé, qui a souhaité rendre hommage à Gaby Aghion, fondatrice de la marque, en étant fidèle à sa volonté : imaginer une mode portable pour des filles d’aujourd’hui.

Givenchy_par_Clare_Waight_Keller_et_Chloe_par_Natasha_Ramsey-Levi_SS_2018Givenchy, Chloé

En marge du calendrier officiel, de nouveaux noms se sont fait connaître par l’intermédiaire de salons ou d’événements :

La Supima Design Competition a fêté ses 10 ans au Petit Palais, lors d’une soirée avec le défilé de la créatrice Alyssa Wardrop, originaire du New Jersey, diplômée du Fashion Institut of Technology.

SUPIMA_2017_Alyssa_Wardrop_©_Julio_Piatti_Getty_ImagesAlyssa Wardrop

-L’ Association des Marques suédoises a organisé l’exposition Swedish Fashion Now, à l’institut suédois de Paris, avec les collections de BACK, House of Dagmar, Hope et Little Liffner afin de promouvoir et renforcer la création et l’esthétique suédoise à l’international.

Swedish_Fashion_Now_House_of_Dagmar_SS_2018House of Dagmar

Swedish Fashion Now_Hope_SS_2018Hope

Le K Fashion Project a mis en évidence les créateurs coréens. Depuis 2012, cette action, soutenue par le gouvernement de Séoul, s’est donné pour mission d’apporter une reconnaissance mondiale à ses designers. Si, depuis les années 90, certains noms comme Lee Young-Hee, Lie Sang-Bong, Juun .J ou encore Wooyoungmi, sont devenues des marques réputées à international, elles restent encore rares, en comparaison avec les designers japonais. Après New York, Pékin et Shanghai, le concept est venu à Paris, présenter le « Made In Korea » avec les collections de Beyond Closet, General Idea, Kye, Moon J et de Tibaeg.`

K_Fashion_Project_Beyound_Closet_SS_2018Beyond Closet

K_Fashion_Project_General_Idea_SS_2018General Idea

K_Fashion_Project_Kye_SS_2018Kye

K_Fashion_Project_MoonJ_SS_2018Moon J

K_Fashion_Project_Ti_Baeg_SS_2018Ti:baeg

-Les Créatrices du collectif Néerlandais We Are Muze, avec leurs collections de mode et de bijoux à l’Institut Néerlandais de paris. Ce collectif de quatre designers est une plateforme de partage d’expériences et de connaissances, permettant aux designers d’échanger et d’unir leurs forces. Ouvert sur le monde, de nombreuses collaborations sont organisées avec des artistes pluridisciplinaires issus de la photographie, du cinéma, de la danse, du graphisme…

We_are_Muze_©_Cheryl_SchurgersWe are Muze © Cheryl Schurgers

A suivre dans Fashion-Spider: les défilés incontournables de la Paris Fashion Week printemps-été 2018.

 

Frédéric Blanc

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