La Paris Fashion Week Femme Automne-Hiver 2017-18 mise sur la jeune création

By on 12/03/2017

Clap de fin pour l’édition 2017 de la semaine de la mode féminine Parisienne automne-hiver 2017-18, qui a perdu une journée de présentations suite à l’annulation de plusieurs défilés. Si Paris reste réputée et prisée pour sa mode, c’est incontestablement pour ses grands noms qui y défilent à l’image des Chanel, Dior, Saint-Laurent,… dépensant des fortunes pour présenter des collections à destination d’une minorité de personnes, leur mission principale étant d’assurer les ventes de leurs cosmétiques compte tenu du nombre grandissant de bloggeuses beauté payées pour assister à leurs présentations.

 

S’il est impossible de faire l’impasse sur ces mastodontes de la mode, qui font la pluie et le beau temps et qui accaparent la majorité des pages de mode des magazines grâce à des plans média faisant d’eux les chouchous de toutes les rédactions, la Fédération de la Fédération Française de la Couture du Prêt-à-Porter des Couturier et des Créateurs de Mode, organisatrice des Paris fashion weeks, semble de plus en plus vouloir sortir de cette suprématie des grands noms avec différentes actions envers la jeune génération.

En plus de Designers Apartments, le salon dédié aux nouveaux labels français, elle a mis en place au Paris Fashion Week Center, installé au Palais de Tokyo durant toute la semaine, un espace dédié a d’autres noms plus confidentiels afin de leur permettre de présenter leurs créations sur un créneau horaire large, dans une mise en scène personnelle afin de plonger les journalistes et acheteurs dans leurs univers.

A designers Apartment on a retrouvé : Frater, Kenta Matsushige, Mazarine, MiniMe Paris, Quetsche, Quoï Alexander, Victoria/ Tomas, Wilfried Lantoine et Coralie Marabelle qui vient de recevoir à l’issu de ce salon le premier L’Oréal Paris Fashion Grant récompensant son « couture-à-porter ». Doté de 10 000 euros, ce prix prévoit aussi un accompagnement pour une saison en termes de préparation backstage des mannequins utilisés pour le lookbook et la prestation de la collection.

Coralie_Marabelle_AH_2017-18Coralie Marabelle

Depuis Novembre dernier, Coralie Marabelle a lancé son e-shop avec chaque mois un vêtement fabriqué en France en édition limitée. Il est distribué pour l’instant auprès de clientes privées et à travers une poignée de revendeurs multimarques entre l’Europe et l’Asie. Cette saison Designers Apartment lui a permis d’organiser sa première présentation.

Frater_AH_2017-18Frater

Kenta_Matsushige_AH_17-18Kenta Matsushige

Mazarine_AH_17-18Mazarine

MiniMe_Paris_AH_2017-18MiniMe Paris

Quetsche_AH_2017-18Quetsche

Quoi_Alexander_AH_2017-18Quoï Alexander

Victoria_Tomas_AH_2017-18Victoria/Tomas

Wilfried_Lantoine_AH_2017-18Wilfried Lantoine

Deux nouveaux noms sont venus enrichir la sélection. Déjà repéré au salon avec la marque de prêt-à-porter Belle Ninon, Dawei Sun était alors associé à Ling Liu avec laquelle il avait pris la direction artistique de Cacharel. Il revient seul cette saison avec sa marque propre Dawei, symbole d’une néo-parisienne active et cultivée, forte mais charmante dans laquelle il aime mélanger le chic parisien au sportswear pour une allure 100% actuelle.

Dawei_AH_2017-18Dawei

Afterhomework(Paris) est le nouveau phénomène mode incontournable. Créé par Pierre Kaczmarek en 2014 alors qu’il avait 15 ans et était encore lycéen, il donne ce nom « après les devoirs » en clin d’œil à ses parents, qui refusent qu’il abandonne ses études au profit de sa marque et est rejoint en 2016 par la styliste Elena Mottola.

Aujourd’hui, Afterhomework(Paris) s’apparente à un label regroupant plusieurs jeunes créatifs parisiens ( artistes, musiciens, vidéastes, graphistes,…). Entièrement fabriquée à Paris dans des petits ateliers, la jeune marque indépendante présente depuis la saison dernière à Paris, durant la fashion week, et son arrivée à ce salon concrétise l’intérêt grandissant de la presse française et internationale qui ne cesse de l’encenser.

Hyper ancrée dans notre époque, la marque s’adresse à une clientèle jeune et moderne dont les réseaux sociaux sont la base de la communication.

Afterhomework_Paris_AH_2017-18Afterhomework(Paris)

En plus de ces créateurs, « La Passerelle de Designers Apartment » a mis en évidence 5 autres noms avec une silhouette de Marit Ilison, Nicolas Lecourt Mansion, Savoar Fer, Voir(e) et Weno avec possibilité d’échanger sur Skype grâce à des iPad à disposition à côté de chaque modèle.

La_Passerelle_de_Designers_Apartment_Mars_2017Nicolas Lecourt Mansion, Marit Ilison, Voir(e), Weno et Savoar Fer

Au Paris Fashion Week Center, on a pu découvrir les collections d’Anton Belinskiy, Dephine Delafon, Jourden, Kolor et Ottolinger.

Anton_Belinskiy_AH_2017_©_Stas_KalashnikovAnton Belinskiy

Jourden_AH_2017-18Jourden

Ottolinger_AH_2017-18Ottolinger

En marge du parcours officiel, on a pu retrouver :

Neith Nyer, présent la saison dernière à Designer Apartment, qui à défilé au calendrier off en choisissant Guerrisol comme lieu de présentation en clin d’oeil à notre société de consommation.

Neith_Nyer_AH_2017-18_PaP_Femme_HommeNeith Nyer

Caroline Ritzler, exclue du salon, en a profité pour organiser son premier défilé en continuant son travail de recherche sur la combinaison pantalon, tout en élargissant son champ d’action à un vestiaire complet pour une femme chic, élégante correspondant en tout point à l’allure parisienne que le monde entier nous envie.

Caroline_Ritzler_AH_2017-18

Caroline_Ritzler_AH_17-18Caroline Ritzler

Première collection et premier défilé pour Token, nouveau label imaginé par trois ex-étudiantes d’ESMOD qui retranscrivent à la perfection la mode actuelle entre streetwear et baroque ultra chargé à la limite du mauvais-goût avec des broderies, des bijoux kitch, de la fausse fourrure, du velours,… pourtant le tout fonctionne à merveille et s’inscrit dans la tendance actuelle d’une recherche entre vêtements pratiques à porter au quotidien et du style « couture » devenu la nouvelle référence de la jeune génération. Sans aucune barrière, les pièces de jour se portent le soir, celles du soir investissent le jour, le tout se mixant aussi bien pour la femme que l’homme.

Token est indéniablement la marque à suivre et on espère la voir au calendrier officiel d’ici peu.

Token_AH_2017-18

Token_Paris_AH_2017-18Token

Beautiful People est une marque japonaise reconnue dans son pays et déjà commercialisée aux Etat-Unis. Pour investir le marché Européen, il était indispensable pour Hidenori Kumakiri, le designer, de présenter à Paris sa collection basée sur le Wa, habillement traditionnel japonais, et le Yo, vêtements occidentaux. La dualité qui s’exerce entre ces deux mondes se traduit par des réalisations riches en surprises dans laquelle le Kimono se transforme en trench, le voile rond de mariée en veste de jean, la chemise symbole du chic français, devient entièrement réversible et le blouson d’enfant s’adapte parfaitement aux tailles adultes dans de nouvelle proportions.

Mode ultra intellectuelle et cependant loin d’être ennuyeuse, elle fourmille d’idées, de formes et de propositions mêlant nos deux conceptions de la mode pour en imaginer une nouvelle apportant un réel plus et non un phénomène de mode.

Beautiful_People_AH_2017-18Beautiful People

C’est toujours dans cette volonté de se faire connaître en Europe que Sirloin, basée à Shanghaï et designée par la japonaise Mao Usami et le suédois Alve Lagercrantz (tout deux issus de la Central Saint Martins School et ayant respectivement oeuvré chez Louis Vuitton et Dries Van Noten), a choisi Paris et plus particulièrement un lieu classé monument historique, les Toilettes Publiques de la Madeleine, pour faire découvrir ses propositions sulfureuses entre streetwear et lingerie à porter dessus.

SirLoin_AH_2017-18SirLoin

La Prestic Ouiston s’inscrit dans le courant des marques de luxe discrètes ayant une véritable volonté d’apporter un plus à la mode et à l’artisanat. Imaginée en 2010 par Laurence Mahéo, ostréicultrice de métier, elle se fait rapidement repérer par le Bon Marché au travers de ses pièces uniques. Amoureuse des belles matières, elle propose des tenues à destination de femmes cultivées et connaisseuses en recherche d’unicité, d’artisanat et de créativité. Depuis, la maison propose uniquement deux collections annuelles très créatives aux collaborations fortes dans le respect de la slow fashion et le refus du vêtement consumériste.

A l’image de la mixité qui investit la mode et le monde et le retour à la couture avec des pièces uniques ou en séries ultra limitées, ce dernier opus mêle avec humour et élégance le savoir-faire d’artisans du Rwanda pour des broderies faites main, d’autres de Bretagne pour des sabots dont le cuir est peint à la main à Paris.

La_Prestic_Ouiston_AH_2017-18La Prestic Ouiston

Hier, petites nouvelles présentes à Designers Apartment, certaines marques sont aujourd’hui intégrées au calendrier officiel. Parmi ces dernières on remarque tout particulièrement Koché, la spécialiste de la broderie et des détournements de tissu avec un défilé grandiose aux Folies Bergères, mélangeant l’homme et la femme comme à son habitude avec des tenues parfois quasiment similaires.

Koche_AH_2017-18

Koche Paris_AH_2017_18_FinalKoché

Y/Project, à l’origine marque purement masculine qui, sous l’impulsion de Glenn Martins à la direction artistique, a développé le prêt-à-porter féminin confirmant sa position de leader de la mode actuelle dans laquelle le sportswear prend ses lettres de noblesse par une maîtrise parfaite du tailoring.

YProject_PaP_Femme_AH_2017-18Y/Project

Each x Other, le label mode aux sonorités artistiques dont la spécificité est d’intégrer des intervenants issus d’arts différents aux designs d’Ilan Dalouis et de Jenny Mannerheim.

Each_x_Other_AH_2017-18Each x Other

Ou encore AVOC, qui a choisi de défiler en Janvier lors des collections masculines avec un show Co-ed, correspondant beaucoup mieux à sa logique de marque avec une mode inspirée du street et du sportswear tout en y intégrant l’ADN maison : l’architecture.

AVOC_PaP_Femme_AH_2017-18AVOC

Dans le même esprit et la volonté de donner un coup de pouce à la jeune génération, il est à noter deux actions de grandes maisons.

Agnès.b, qui depuis quelques années, invite à chaque saison un ou une jeune styliste à présenter son travail en même temps qu’elle. Ces modèles portent toujours le nom de leur auteur dans une griffe spéciale distribuée dans les boutiques agnès.b.

C’est donc Anne Blanchard, costumière pour le théâtre et le cinéma, qui a ouvert le show avec 6 looks d’inspiration 40 dans des coupes élégantes aux épaules et à la taille marquées dans des couleurs et des imprimés raffinés pour une élégance intemporelle.

Anne_Blanchard_AH_2017-18Anne Blanchard

Rabih Kayrouz, le plus contemporain des couturier libanais, profite de sa notoriété internationale au travers de sa Starch Foundation afin aider la création émergente de son pays natal. C’est le jeune créateur Salim Azzam qui a été choisi cette saison pour dévoiler à Paris, lors d’une soirée aux sonorités orientales, sa collection « Safar » au restaurant Liza. Loin de l’image que l’Europe se fait de la mode libanaise, la collection est moderne, portable au quotidien sans pour autant oublier un ADN ancré dans chaque pièce par des broderies et la montagne libanaise. Très attaché à ses racines, Salim Azzar développe des projets en lien avec la communauté locale et met des brodeuses de sa région à contribution.

Salim_Azzam_Safar_AH_2017-18Salim Azzam

Né en 1990, Salim Azzam obtient une licence en Arts Graphiques à l’institut des Beaux-Arts-Université Libanaise de Beyrouth en 2011. Il enchaîne avec un Master en Design et Communication à l’University of Alberta à Edmonton au Canada en 2014. L’année suivante, il est nommé directeur artistique de l’Agence Leo Burnett à Beyrouth et intègre en 2016 le programme annuel de Starch Foundation.

Frédéric Blanc

 

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