Haute couture AH 2017-18 : les membres invités à défiler au calendrier officiel

By on 16/07/2017

Alors qu’il y a quelques années tout le monde annonçait la mort de la haute couture et malgré la crise économique mondiale, cette dernière n’a jamais été aussi florissante et la Paris fashion week est devenue la semaine la plus prisée des créateurs de mode.

 

C’est sous l’impulsion de Didier Grumback, ancien président de la Fédération de la Haute Couture et de la Mode, que cette semaine des défilés a commencé à redevenir un incontournable, en proposant à des marques de présenter, aux côtés de celles labélisées, sans pour autant posséder l’appellation haute couture. Par ce principe, de nouvelles maisons de couture ont vu le jour et d’autres se sont faites une renommée mondiale.

Sur les 36 défilés inscrits, on compte 18 membres invités, dont 4 nouveaux noms qui ont pu proposer leur vision du luxe aux clientes et à la presse internationale.
Parmi les habitués on a retrouvé :

Xuan, la marque de la néerlando-vietnamienne Xuan-Thu Ngyen, qui après une présentation la saison dernière a opté cette fois-ci pour un défilé. Si l’on note des inspirations de la collection précédente, elle semble avoir acquis en maturité et les pièces sont beaucoup plus abouties. Romantisme et poésie sont au rendez-vous et la recherche des matières et des coupes viennent donner un esprit couture à ses looks.

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Xuan_Couture_AH_2017-18Xuan

Galia Lahav a fait sa renommée en Israël avant d’installer un atelier de haute couture à Paris depuis 2017. Moins «grand soir» que la saison dernière, elle propose quelques tenues de jour, dans lesquelles elle introduit le cuir, des robes à paillettes pour danser toute la nuit et bien évidemment des ensembles du soir pour les grandes occasions, dans lesquels elle apporte des formes inédites et des nouvelles techniques pour plus de modernité.

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Galia_Lahav_Couture_FW_2017-18Galia Lahav

-La chinoise Guo Pei s’impose un peu plus dans l’univers du luxe français en signant une collection de haute joaillerie avec la maison Chopard, dont elle a paré ses tenues.

Guo_Pei_X_Caroline_Scheufele_Chopard_Joaillerie_AH _2017-18Guo Pei x Caroline Scheufele / Chopard Joaillerie

En revanche, si pour la saison été, son défilé avait marqué la semaine par des créations hors normes dans une mise en scène digne des plus grands noms, retour cette fois-ci à des propositions cousues dans le respect des techniques couture, mais sans intérêt et surtout très vieillottes. Il serait peut-être temps de donner un véritable style à la maison si elle souhaite un jour intégrer le calendrier, en tant que membre correspondant, afin d’obtenir le label haute couture.

Guo_Pei_Couture_AH_2017-18Guo Pei

-Le libanais, Georges Hobeika, s’intéresse aux traditions ornementales de l’Andalousie tout en s’inspirant des grands styles architecturaux qui se sont développés à travers les âges dans la tumultueuse péninsule Ibérique. On retrouve l’art de la décoration hispano-mauresque au travers des riches broderies qui évoquent des mosaïques qui illuminèrent les majestueux ensembles castraux et les fastueuses enceintes fortifiées de Grenade, de Cordoue ou de Séville. Il joue également avec des plissés soleil, des effets de matières brodés et des fentes, pour faire apparaître le corps tout en subtilité, apportant ainsi modernité à des robes de princesses.

Georges_Hobeika_Couture_FW_2017-18

Georges_Hobeika_Couture_AH_2017-18Georges Hobeika

-autre nom incontournable du Liban, Zuhair Murad, consacre également l’intégralité de sa collection aux grands soirs. Rien n’est jamais trop beau pour parer ses déesses, dont il aime sculpter le corps dans des tenues dignes des mille et une nuits, pourtant loin de l’esprit oriental. Le style est de plus en plus sûr, il se reconnaît au premier coup d’œil par de nombreux modèles où la transparence est parfaitement maîtrisée pour une sexy attitude, sans jamais tomber dans le vulgaire ou le too much.

Zuhair_Murad_Couture_AH_2017-18

Zuhair_Murad_Couture_FW_2017-18Zuhair Murad

Tamara Ralph et Michael Russo pour la maison londonienne Ralph & Russo, dont l’obtention du label ne choquerait personne tant elle a su se créer, en très peu de temps, une place de choix dans le cœur des clientes haute couture, comme celui de Kate Middleton, a présenté une collection dans les règles de l’art. Glamour, luxe, opulence, tout est au rendez-vous pour donner envie de s’y parer. La réalisation est impeccable pour un dressing luxueux avec quelques modèles de jour ainsi qu’une large sélection pour le soir, où chaque style de femme peut y trouver son rêve.

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Ralph_&_Russo_Couture_FW_2017-18

Ralph_&_Russo_Mariee_Couture_FW_2017-18Ralph & Russo

-l’italien Antonio Grimaldi n’a pas choisi au hasard l’enceinte de la maison Mona Bismark pour présenter ses dernières créations. C’est en effet à la propriétaire des lieux, connue pour ses collections de haute couture, qu’il a souhaité rendre hommage. Il s’inspire des guerriers nordiques et de la mythologique Valkyrie pour parer ses clientes de tenues semblables à des armures de luxe, par le choix de matières et de coupes rigides, paradoxalement très féminines. Chaque pièce est richement agrémentée tour à tour de détails de franges en cuir, d’incrustation d’organza, de plumes, de métal, de tulles ou de verre brodé créant un effet de miroir brisé.

L’accessoirisation, en droite ligne avec l’esprit d’une femme à forte personnalité, est complétée par des gants en cuir, des sandales plates et des bijoux en argent, tout spécialement créés par le designer Bernard Delettrez.

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Antonio_Grimaldi_Couture_AH_2017-18Antonio Grimaldi

-la danoise d’origine coréenne Christine Hyun Mi Nielsen a choisi pour sa seconde collection de s’intéresser à des tenues de haute couture pour le jour, souhaitant ainsi faciliter la portabilité de ses créations. Entre tradition et modernité, elle imagine des pièces inspirées du workwear, qu’elle retravaille pour leur donner des lettres de noblesse. Dans cette même démarche, elle n’hésite pas à intégrer des pièces de denim vintage, qu’elle mixte à des tissus couture classiques comme de la dentelle brodée, de la moire, du tulle, du taffetas ainsi que des jacquards en noir breveté, serpent imprimé et jacquard de coton.

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Hyun_mi_Nielsen_Couture_FW_2017-18Hyun Mi Nielsen

-Le japonais Yuima Nakazato se place bien plus comme un chercheur en techniques vestimentaires et textiles que comme un couturier. Loin de la haute couture classique, ce dernier travaille sur des concepts pour essayer d’aller toujours plus loin dans ses recherches pour habiller les femmes. Des lignes simples et des coupes inspirées de l’architecture minimaliste peuvent paraître simples au premier abord, mais sont en fait le fruit de grandes expérimentations. Ici le show off n’a pas sa place, mais c’est plutôt l’intellectualisation de la couture qui prend le pas.

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YUIMA_NAKAZATO_Couture_AH_2017-18Yuima Nakazato

Ont également été présents à ce calendrier le libanais Maison Rabih Kayrouz, la danoise Iris Van Herpen et la russe Ulyana Sergeenko, mais on déplore cependant l’absence de l’italien Francesco Scognamiglio qui y a défilé, lors des deux dernières saisons, avec des collections ayant tout à fait leurs places ici.

Frédéric Blanc

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