Hommage à Elsa Peretti

By on 23/05/2021

Alors que vient de sortir sur Netflix la mini-série Halston, relatant le succès et la descente aux enfers du célèbre couturier américain Roy Halston Frowick, on découvre en parallèle l’existence et le talent de la créatrice Elsa Paretti, disparue cette année à l’âge de 80 ans.

 

Née en 1940 dans une famille de Florence, Elsa Peretti fait des études à Rome à l’école d’arts décoratifs Volbicela, d’où elle sort avec un diplôme en design d’intérieur. Très rebelle, elle décide à 21 ans de quitter sa famille très conservatrice et s’envole pour Barcelone pour devenir mannequin. En 1968, elle part pour New York pour poursuivre sa carrière. Sa passion pour la création ne l’ayant jamais lâchée, elle commence à imaginer ses propres bijoux. En 1969, le créateur de mode américain Giorgio di Sant’Angelo utilise certaines de ses pièces lors de l’un de ses défilés, et ses créations rencontrent un succès immédiat. À la même époque, elle rencontre le créateur de légende Halston, qui décide de la prendre comme muse avant de se lier d’amitié. Cette rencontre bouleversera sa vie.

En découvrant son talent, le designer américain lui propose de parer ses tenues lors de ses défilés de pendentifs à l’effigie de petits vases en argent. Cette première collection se vend entièrement le jour de son lancement, élevant par la même occasion l’argent au rang des métaux précieux de luxe. Ce succès au style épuré sera le premier d’une longue lignée de bijoux, faits de courbes organiques, d’éléments du quotidien comme les haricots, cœurs, pommes, larmes, citrouilles, étoiles de mer… En femme érudite, elle s’inspire également des cultures du monde pour les retranscrire dans ses œuvres.

Elsa_Peretti_collier

En 1974, elle entre au style du célèbre joaillier américain Tiffany & Co, qui a l’époque est dirigé par Louis Comfort Tiffany, un homme avant-gardiste proposant des femmes aux postes clés de son entreprise. Elle succède alors à Julia Mansonet Patricia Gay à la tête du département joaillerie. Amoureuse du Japon et de son artisanat, elle gardera toujours en esprit le perfectionniste de ses artisans pour la création de ses propres pièces.

Son succès est immédiat avec la naissance de son bijou le plus célèbre pour Tiffany & Co : le bracelet manchette Bones. Tout d’argent poli, le bracelet bouleverse l’univers de la joaillerie en épousant le poignet des ses lignes fluides et organiques.

manchettes_Bone_ ©_COURTESY_TIFFANY_&_CO

Elle renforce l’offre de pièces en argent avec la collection personnalisable Diamonds by the Yard. Sa prédilection pour l’argent, plus que pour l’or, sera la clé d’un succès phénoménal, encore jamais démenti.

colliers_serpent_Elsa_Preretti_x_Tiffany_©_Tiffany-&_Co

Après plus de 50 ans de collaboration, ses créations sont devenues le symbole de la femme active, moderne, indépendante et avant-gardiste qu’elle incarnait à merveille. Reconnaissant un statut particulier à cette femme d’exception, la relation entre la créatrice et le joaillier ne s’est jamais arrêtée et son nom ne sera jamais effacé, mais au contraire, les deux signatures ont été apposées sur ses réalisations. Artiste complète, elle dessine également des objets pour la table et la décoration. Leur conception, comme pour ses bijoux, fait appel à des techniques ancestrales issues du savoir-faire des artisans d’excellence au Japon ou ailleurs afin de proposer des pièces en argent d’une qualité de réalisation exceptionnelle.

Elsa_Peretti_x_Tiffany_Home_©_tiffany-&-Co

En reconnaissance pour sa carrière remarquable, Tiffany a créé la chaire de création joaillère Elsa Peretti au Fashion Institute of Technology, le premier poste de professeur sponsorisé de l’histoire du FIT. En 2001, le FIT décerna à la créatrice le titre de docteur hororis causa en art. Ce prix a été précédé en 1971 par le prix Coty American Fashion Critics’ Award for Jewelry et le prix Rhode Island School of Design President’s Fellow Award en 1981. En 1996, le Conseil des créateurs de mode des États-Unis l’a nommée créatrice d’accessoires de l’année.

Ses créations figurent d’ailleurs dans les collections permanentes du British Museum de Londres, du Metropolitan of Art de New York, du Museum of Fine Art de Boston et du Museum of Fine Arts de Houston.

En 2000, elle décide de s’exiler en Espagne, dans le petit village de Sant Martí Vell de Catalogne, où elle créée une organisation caritative au nom de son père, désormais nommée Fondation Nando et Elsa Peretti, avec pour mission de soutenir des initiatives dans les domaines de l’environnement, du bien-être social et des arts.

Elsa_Peretti

Elsa Peretti : 1er mai 1940 / 19 mars 2021

 

Frédéric Blanc

 

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