Les temps forts de la Paris Fashion week Automne-hiver 2016-17

By on 17/03/2016

Les fashion weeks sont généralement les moments les plus attendus du monde de la mode. En ce qui concerne celles de la saison Automne-hiver 2016-17, elles resteront très certainement inscrites dans l’histoire des semaines de la mode comme les plus complexes avec le désir de chamboulement des saisons au travers du système « see now buy now » et de la valse des directeurs artistiques accompagnée des nombreuses rumeurs qui les entourent. Dans ce contexte si perturbé, Fashion-spider a choisi de commencer par les moments parisiens les plus marquants.

C’est dans ce climat, au combien compliqué, que Paris a clôturé le marathon des grandes fashion weeks mondiales. Malgré la position de la Fédération Française de la couture du Prêt-à-Porter des Couturiers et des Créateurs de Mode qui a déclaré ne pas être favorable à ce nouveau système de vente immédiate, avec comme risque majeur de privilégier le côté commercial, certaines marques comme Courrèges et Paco Rabanne ont tout de même tenté l’aventure avec une sélection de pièces disponibles immédiatement ou en commande rapide, alors que Cédric Charlier a claqué la porte de la Fédération en défilant pour la dernière fois à Paris.

Cedric_Charlier_PaP_AH_2016-17_©_Vincent_PercevalCédric Charlier

Impossible d’aborder le sujet des défilés sans mentionner le turn over des créateurs dans nos grandes maisons françaises que les dirigeants semblent avoir de plus en plus de mal à remplacer. Problème résolu pour Lanvin qui a défilé avec une collection dessinée par le studio et qui au lendemain de cette semaine, nous a annoncé la nomination de Bouchra Jarrar à la direction du prêt-à-porter femme dont elle présentera sa vision pour l’été 2017 en Septembre 2016.

Choix fort judicieux et logique pour Lanvin, qui s’adresse à une femme de goût moderne et soucieuse de son apparence et dont le fils conducteur des collections Haute Couture de Bouchra Jarrar est très proche.

Bouchra_JarrarBouchra Jarrar

En attendant, le studio a imaginé pour l’hiver 2016-17, une collection inspirée de l’univers créatif de Jeanne Lanvin reconnue pour son style novateur. Hyper féminine, les tenues ont le plus qui les fait remarquer au premier coup d’œil sans pour autant en faire trop, grâce à une pointe de dérision dans un luxe à la limite du bling bling, dans lequel les robes bijoux, célèbres dans la maison, ont tout à fait leur place. De la jeune fille à la femme, chacune pourra y trouver son bonheur.

Lanvin_PaP_AH_2016-17Lanvin

Demna Gvasalia, succédant à Alexander Wang, est devenu le nom plus prononcé de cette fashion week avec son arrivée à la tête de la création chez Balenciaga. Encensée par les uns, décriée par les autres, sa première collection est très certainement celle qui a fait le plus parler d’elle. Le designer a souhaité transposer l’héritage de Balenciaga dans notre époque. Pour cela il n’a pas hésité à mélanger l’esprit couture au streetwear, en se plongeant dans les archives maison et en revisitant certaines formes, le tout additionné de sa touche « fripe » que l’on retrouve dans ses collections.

Balenciaga_PaP_AH_2016-17Balenciaga

Chez Vêtements, le label collectif dirigé par Demna Gvasalia et son frère depuis 2014, les aficionados n’ont pas attendu sa nomination chez Balenciaga pour se presser à ses défilés. Le streetstyle est à son paroxysme avec des tenues d’homme et de femme, le créateur ayant lui aussi pris position pour des collections basées sur le « see now buy now » dans lequel le plus important est l’attitude, les vêtements venant achever la personnalité de ceux qui les portent.

Vetements_Paris_PaP_AH_2016-17Vêtements Paris

Christian Dior, toujours sans directeur artistique, a présenté comme lors de sa dernière haute couture sous la houlette des deux directeurs du studio, Serge Ruffieux et Lucie Meier. Pas de quoi rougir de cette collection. Même si l’empreinte de Ralf Simons reste, les lignes continuent de se reféminiser, de s’alléger et de s’enrichir de broderies redonnant petit à petit le faste de la maison de couture tout en restant moderne.

Christian_Dior_PaP_AH_2016-17Christian Dior

Saint-Laurent Paris, après avoir décidé, sous la volonté d’Hedi Slimane, de ne pas défiler à Paris au profit de Los Angeles pour son show homme hiver 2016-17 tout en profitant de l’occasion pour présenter sa première partie hivernale femme, était une des collections les plus attendues de cette semaine.

SAINT_LAURENT_PALLADIUM_Los_Angeles_part_1_Fall_2016Saint Laurent Fall 2016 Part I collection Palladium Los Angeles

Le roi du déchaînement médiatique n’a pas déçu son public en proposant une collection prêt-à-porter aux inspirations haute couture dans le majestueux cadre de l’hôtel de Sénecterre du 17ème siècle au cœur de Saint-Germain des prés et dont Hedi Slimane a suivi en personne la restauration pour l’implantation des nouveaux salons couture.

42 modèles glam-rock avec des rappels aux années 80 composent cette collection exclusivement réservée au soir dont le mini est la longueur de rigueur à l’exception de deux robes du soir et de pantalons de smoking, de skinny en lamé ou à pinces en cuir.

Si l’on retrouve tous les éléments indispensables au lexique d’Hedi Slimane, de nombreux rappels à celui d’Yves Saint-Laurent y sont également présents au travers des nœuds, des mélanges de couleurs, des épaules asymétriques et même de la fourrure avec le manteau bleu klein rappelant celui de la fameuse collection de 1971 qui avait fait scandale en son temps, tout comme la cape de renard rouge en forme de cœur géant en hommage au symbole fétiche du créateur de la maison.

« LA COLLECTION DE PARIS » / MARCH 7TH 2016 / SAINT LAURENT FALL 2016 PART II. PRIVATE PRESENTATION AT 24, RUE DE L’UNIVERSITÉ. L’HÔTEL SÉNECTERRE, 24, RUE DE L’UNIVERSITÉ WAS CHOSEN TO BE THE NEW COUTURE HOUSE BY HEDI SLIMANE IN JANUARY 2013.Saint Laurent Fall 2016 Part II collection Paris

Vivienne Westwood a créé le buzz en débaptisant sa ligne principale Gold label au profit d’ Andreas Kronthaler pour Vivienne Westwood. Pour la créatrice ce changement de nom est tout à fait normal après plus de 25 ans de création avec celui qui partage sa vie pour une mise en avant plus claire.

Délibérément unisexe, cette première collection sous son nom, est un hymne à la liberté des genres et à la possibilité de s’habiller comme on le souhaite sans jugement. Même si la plus célèbre des couturiers anglais nous avait habitué à des collections très poussées, elle franchit ici un pas supplémentaire dans son amour de la mode où la norme n’a pas sa place.

Andreas_Kronthaler_pour_Vivienne_Westwood_Pa__AH_2016-17Andreas Kronthaler pour Vivienne Westwood

Chanel, pas de changements majeurs dans la plus célèbre maison française dont le défilé est le moment le plus attendu de la Paris Fashion Week. Comme chaque saison, rendez-vous au Grand Palais afin de découvrir le nouveau décor imaginé par Karl Lagerfeld pour mettre en valeur ses créations qui ne cessent de rendre hommage à Gabriel Chanel en les adaptant à notre époque.

Pour faire plaisir à tout le monde, c’est dans un décor rappelant les salons du 31 rue Cambon que les invités ont été tous conviés à se placer au premier rang afin de découvrir le nouveau vestiaire mettant à l’honneur les fondamentaux qui font l’allure Chanel.

Résolument moderne, Karl Lagerfeld a fait des propositions pour des femmes actives qui marchent dans la rue avec des bottes plates. On y retrouve les indispensables de l’hiver avec les manteaux, cabans et vestes en laine ou en tweed inspirés des coupes masculines portées sur les jupes midi, voire maxi, le tout agrémenté de bijoux et de chapeaux qui viennent ponctuer toute la collection. La célèbre veste iconique y est présente, revisitée en boléro, elle joue les trompe-l’œil en ajoutant des manches et une capuche en jersey ou bien se joue des mélanges en associant le tweed au denim avec de volumineux poignets en mousseline. Très connecté, le couturier n’oublie jamais nos nouveaux incontournables en transformant la poche poitrine de la veste en porte-Smartphone.

Chanel_PaP_AH_2016-17Chanel

Le soir n’est pas oublié avec la revisite de la célèbre petite robe noire, parée de nœuds et de plissés plats dans le dos. Les robes longues ou courtes s’agrémentent de gros sautoirs de perles qui seront à coup sûr les must have de la saison prochaine.

chanel-fall-winter-2016-17-ready-to-wear-focus-pearl-necklacesColliers de perles Chanel

Elie Saab a su s’imposer en haute couture comme en prêt-à-porter en tant que maître du raffinement avec ses tenues du soir tant convoitées par toute la jet set internationale. Si durant des années, ses robes zéro défaut étaient présentées de façon tout à fait classique, le couturier démontre depuis quelques saisons la modernité de son style au travers d’un nouveau stylisme décalé, qui prouve l’intemporalité de sa mode et son adaptabilité à différentes personnalités de femmes. Après nous avoir fait voyager dans la forêt tropicale pour son dernier défilé haute couture, c’est au milieu d’un concert de rock avec un live de la chanteuse danoise MØ, accompagnée de son groupe, que nous avons été conviés à découvrir la nouvelle collection.

Défile_Elie_Saab_AH_2016-17_Concert_MØMØ durant le défilé Elie Saab

Allure bohème, gipsy, ultra féminine et sexy, tels sont les nouveaux codes de la saison. Sûre d’elle, la femme Elie Saab ne se soucie guère du qu’en-dira-t-on et s’amuse des transparences, des superpositions, se pare de fourrure et de franges et transforme la tendance streetstyle en summum du glamour en enfilant des pantalons de jogging en dentelle. Elle a le choix pour le soir entre la mini pour aller danser et la robe de bal pour les grandes occasions, mais elle n’en sera pas moins sexy grâce à la mousseline ou à la dentelle qui dévoilent son corps tout en subtilité.

Elie_Saab_PaP_AH_2016-17Elie Saab

Manish Arora, connu pour ses défilés hauts en couleurs, a délaissé l’Inde pour se pencher sur l’univers du folklore américain mixé aux inspirations africaines et indiennes pour une mode toujours aussi colorée et festive. Pour compléter ces looks éclectiques le couturier indien a complété son casting de « vrais gens amis » avec la photographe Ellen Von Unwerth, la créatrice Chantal Thomas, l’artiste Sophie Calle et Debra Shaw prouvant ainsi la portabilité de ses créations dans un défilé où la bonne humeur est en parfaite adéquation avec sa mode.

Manish_Arora_PaP_AH_2016-17Manish Arora

Anrealage est l’exemple parfait des créateurs qui font de la PFW la réunion de la création et d’une mode portable. En effet, Kunihiko Morinaga joue sur la combinaison de trois mots Real : Ordinaire, Unreal : Extraordinaire et Age : jour, pour exprimer sa pensée au travers de sa mode où la technologie tient la première place. Après nous avoir transporté durant trois saisons dans un univers où la lumière a le premier plan, il nous plonge cette fois-ci dans les secrets de la réalité informatique où des informations ont été codées dans les tissus comme une cryptographie par un programme informatique.

Pour nous transporter dans son nouvel univers, le créateur a organisé une scénographie à l’image des salles de boxe avec les spectateurs installés autour d’un ring composé de voiles plastiques permettant l’apparition des motifs cachés dans les étoffes. En effet, lorsque le tissu est vu au travers de ce film transparent, les données sont alors décodées et de nouvelles impressions apparaissent alors comme par magie.

Afin de rendre cette technologie adaptée à la vie de tout les jours, Kunihiko Morinaga a imaginé pour le final du défilé des trenchs à porter directement sur ses vêtements, afin de prouver la réalité de son prêt-à-porter à vivre au quotidien dans des vêtements ultra bien coupés.

Anrealage_PaP_AH _2016-17Anrealage

Iris Van Herpen, que l’on attendait en haute couture il y a deux mois et qui avait préféré passer son tour pour être vraiment prête pour accéder au calendrier en tant qu’invité, a présenté un prêt-à-porter beaucoup plus sage que ses propositions couture sans pour autant tomber dans la banalité et en restant sur ses positions d’une mode loin des conventions commerciales. Elle a travaillé sur la perception de la vue afin de trouver la frontière entre la réalité et l’irréel au travers d’OLF, qui donne et apporte de la brillance aux tissus en déviant la lumière en fonction de l’endroit où l’on se trouve. Tel un miroir grossissant, Il accentue les volumes pour mieux découvrir des détails.

Les dix-sept robes présentées sont un mélange de différentes techniques, dont le plissé traditionnel fait à Paris, l’impression 3D, la découpe au laser, le tricot et le tout combiné par un travail à la main.

Iris_Van_Herpen_PaP_AH_2016-17Iris Van Herpen

Frédéric Blanc

About Fred

Leave a Reply

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *