Disparitions de deux grandes personnalités de la mode

By on 04/12/2020

Triste semaine pour ce début décembre qui voit disparaître le président de Longchamp, Philippe Cassegrain et le couturier Max Chaoul, deux grandes personnalités qui ont marqué l’histoire de la mode française.

 

Président de la marque de maroquinerie française, Philippe Cassegrain est mort des suites de la Covid-19 à l’âge de 83 ans.

Ce visionnaire a joué un rôle fondamental dans l’histoire de la maison en faisant rayonner son nom à travers le monde, tout conservant le patrimoine familial intact. Il laisse aujourd’hui à la tête de cette entreprise indépendante son fil aîné Jean, à la direction générale, sa fille Sophie Delafontaine, directrice artistique de la maison et son fils Olivier gérant des boutiques américaines.

L’histoire de Longchamp commence en 1948 par la fabrication de pipes gainées de cuir. Installée sur le boulevard Poissonnière, la première boutique Longchamp attire une clientèle élégante parisienne et internationale.

En partant de cet accessoire masculin, Jean Cassegrain développe sa vision de l’élégance française en élargissant son savoir-faire à la confection de petite maroquinerie.

En 1955, Longchamp se lance officiellement dans la maroquinerie en achetant un atelier de production afin d’assurer la fabrication de ses produits.

Dans les années 60 avec l’explosion du trafic aérien, Jean Cassegrain décide d’installer à l’aérogare d’Orly un stand avec des valises. En entrant sur le marché du duty free, il permet à la marque de s’associer à l’univers du voyage tout en faisant décoller ses ventes. Son fils Philippe fait son entrée à cette occasion dans l’histoire de la maison en tenant cette boutique, tout en s’occupant de la commercialisation à l’international.

Dès 1970, Longchamp est présente au Japon où elle lance son premier sac à main.

En 1979, une première boutique Longchamp voit le jour à Hong Kong. A la disparition de Jean Cassegrain en 1972, Philippe prend les rênes de l’entreprise, qu’il développe dans le respect des valeurs familiales instaurées par son père.

Afin de se démarquer des autres, dès les années 70, des recherches ont été entreprises afin d’imaginer des lignes de bagages en cuir et nylon afin de proposer des valises et des sacs ultra légers. L’un de ces nouveaux bagages, l’Xtra bag, a la particularité de se plier pour tenir dans une petite pochette.

C’est précisément cette collection qui inspirera à Philippe Cassegrain le concept du sac Le Pliage, commercialisé en 1993.

Sous l’impulsion de Sophie Delafontaine, placée à la directrion artistique le célèbre sac pliage devient la toile parfaite d’expression artistique. De nombreux artistes ou designers, comme Tracey Emin, Thomas Heatherwick, Sarah Morris, Jeremy Schott, Bless, Mary Katrantzou, sont invités à exprimer leur art à travers celui-ci.

Cette ligne iconique est sans cesse retravaillée afin de proposer de nouvelles versions toujours plus légères et plus simples.

Collection_Le_Pliage_Collection_AH_2020

Le Pliage  collection Automne-Hivers 2020

Parallèlement, la marque développe de nombreuses lignes de sacs pour la femme et l’homme dans le respect du made by Longchamp, qui implique un haut niveau de qualité, quel que soit l’atelier où les pièces ont été réalisées. Dans un esprit de totale transparence, une étiquette à l’intérieur du sac permet de connaître le pays d’assemblage des pièces qui composent le modèle.

Depuis 2006, Longchamp propose un prêt-à-porter féminin, qui défile à New York, depuis plusieurs saisons. Afin de se positionner comme une marque globale, une ligne de chaussures complète les collections depuis 2012.

Au total, la marque dispose de 1500 points de vente à travers le monde, dont 300 boutiques en propre.

Philippe_Cassegrain_Longchamp

Philippe Cassegrain : 21 février 1937 / 29 novembre 2020.

 

 

 

Fils de commerçants spécialisés dans les canadiennes, le créateur Lyonnais, Max Chaoul est tombé dans la mode dès sa naissance. Devançant les tendances, sa mère comprend dans les années 60, qu’il n’est plus obligatoire de passer chez les couturières pour bien s’habiller. Elle ouvre une des premières de prêt-à-porter féminin à Lyon, rue de Victor Hugo. Passionné par cette boutique et la mode Max décide d’arrêter ses études pour faire une école de stylisme aux Cours Georges. Une fois terminées, il monte à Paris et entre au studio Pierre D’Alby, tout en vendant parallèlement ses croquis à d’autres maisons de couture.

Devant la difficulté de réussir à Paris, il retourne au bout d’un an sur Lyon pour travailler durant 10 ans comme styliste chez Christian Josse. Une rencontre amoureuse le pousse à tout laisser tomber pour ouvrir « Clémentine » une boutique de mode, en hommage à sa bien-aimée. A leur séparation en 1977, Max décide de stopper la commercialisation des pièces de jeunes créateurs et d’utiliser ce lieu pour ses propres créations sous la marque Clémentine. Sa belle revenue, elle devient l’emblème de la marque. Début 1980, Il quitte alors Christian Josse pour se consacrer exclusivement à sa marque en laissant une nouvelle ligne Clémentine Passion, destinée à habiller les filles de ses clientes.

Début 1990, suite à une association malheureuse en vue d’un développement sur l’Europe, Max perd tout. La société est liquidée en 1993.

Après une traversée du désert, où il recrée des collections en free-lance et des commandes privées, il décide de monter une boutique en appartement entièrement dédiée à l’univers du mariage. En 1995, Max Chaoul Couture voit le jour.

Max_Chaoul_Robe_DanaRobe de marié Dana

Malgré la réussite de sa marque et l’ouverture d’une boutique parisienne, Max est toujours resté fidèle à Lyon.

Décédé des suites d’un cancer, il restera à tout jamais le couturier des jours heureux, en totale adéquation avec sa sympathie et sa joie de vivre.

Max Chaoul Paris : 2, rue des Saint-Pères.

Max Chaoul Lyon : 7 rue François Dauphin.

Max-Chaoul

Max Chaoul : 1950 / 2 décembre 2020

 

Frédéric Blanc

About Fred

Leave a Reply

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *