Les nouveautés du calendrier de la haute couture Automne-Hiver 2016-17

By on 12/07/2016

Dernière ligne droite des défilés avant le grand break des vacances permettant aux riches clientes de choisir et de commander leurs tenues pour l’automne-hiver. Toujours très attendue par le microcosme de la mode, cette semaine a été riche en nouveautés.

Exit deux maisons de couture, celle de Yiqing Yin, qui venait d’être intronisée la saison dernière et qui vient de fermer ses portes et celle de Bouchra Jarrar partie rejoindre Lanvin en tant que nouvelle directrice artistique en laissant sa propre maison en sommeil.

Pas de nouvelle nomination en tant que maison de couture mais plusieurs arrivées fort remarquées comme membres invités à défiler aux côtés des grands noms.

Le plus médiatisé est incontestablement le label Vêtements de Demna Gvasalia, également directeur Artistique de Balenciaga, dont les créations ne cessent d’enflammer les conversations sur le bien-fondé de sa démarche. Controversé et en même temps chouchou de la presse, les membres de la fédération ont visiblement sauté sur l’occasion pour l’invité à défiler afin de démontrer leur modernité et leur ouverture d’esprit.

Désireux d’abandonner le calendrier traditionnel du prêt-à-porter féminin, afin de mieux répondre aux nouvelles normes du « see now buy now », cet ajout au calendrier de la couture a permis à la marque de présenter deux mois à l’avance sa collection féminine et masculine printemps-été 2017.

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Pour cette grande première, Demna a souhaité s’associer avec 18 marques connues du grand public et reconnues pour leur savoir-faire spécifique.

On y retrouve Alpha Industrie pour la réinterprétation des blousons Reebok et Carhartt Wip. Juicy Couture pour des robes de soir en éponge. Champion et Canada Goose pour des parkas. Mackintosh pour des imperts. Schott NYC pour des blousons de motard. Eastpak pour des sacs. Levi’s pour des jeans. Church’s, Dr.Martens et Lucchese pour des bottes. Kawasaki, Hanes et Comme des Garçons pour des chemises. Brioni pour des costumes et Manolo Blahnik pour des escarpins à talons aiguille.

Le mot d’ordre de la collection est oversize, confusion des genres et détournement des codes de la mode pour imaginer une nouvelle façon d’être.

Vetements_PaP_SS_2017

Cette opération est une formidable mise en avant pour toutes ces griffes qui bénéficient ainsi de l’aura de Vêtements, marque la plus médiatique du moment et de la semaine la plus en vue du monde.

Vetements_PE_2017

Parmi les autres nouveaux noms on a retrouve le créateur français Gilles Mendel qui défile habituellement à New-York avec la marque J.Mendel. Créée à Saint-Pétersbourg en 1870, ce spécialiste dans la fourrure s’est établi à Paris lors de la révolution russe. Nommé à sa tête en 1981, Gilles Mendel a ouvert les horizons de la maison au prêt-à-porter et aux accessoires.

Impossible de faire l’impasse sur cette matière fétiche, la fourrure prend ici toutes ses lettres de noblesse par un travail digne d’un orfèvre. Les coupes sont modernes, hyper travaillées et, même quand les broderies sont excessives, le show off n’a pas sa place. C’est le chic et l’élégance qui prennent le pas grâce à un raffinement extrême. J. Mendel apporte avec cette collection un mix parfait entre la simplicité de la mode américaine et le luxe de la couture française.

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Le japonais Yuima Nakazato, formé à l’Académie Royale des beaux-Arts d’Anvers et dont la marque éponyme a été lancé en 2009, a commencé par défiler à Tokyo lors de la semaine masculine. Reconnu pour son talent de costumier pour le cinéma, le théâtre et les tenues de scène, le créateur s’est également fait remarquer par ses intégrations de technologies dans ses vêtements.

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Fidèle à sa logique, ses douze silhouettes futuristes sont taillées dans du PVC Hologram intégrant l’impression 3D et UV absorbant la lumière transformant ainsi ses mannequins en silhouettes iridescentes. Si pour certains, ces créations se rapprochent plus de costumes de scène que de vêtements, la poésie et la modernité qui émanent de ces pièces rappellent celles d’Iris Van Herpen et bien évidemment celles de Paco Rabanne, précurseur du style futuriste en haute couture.

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L’italien Francesco Scognamiglio qui, après s’être imposé depuis 2001, sur les podiums Milanais lors des fashion weeks femme prêt-à-porter, est revenu à ses premières amours avec cette collection couture.

Hyper chic, moderne et grandiose, ses créations s’adressent à des femmes esthètes, amoureuses de lignes qui suivent leurs courbes pour une mise en valeur du corps, qui devient œuvre d’art par le choix des matières et des broderies de cristal, de plumes, de dentelles…. Très italienne dans son esprit, la collection puise dans le baroque sans pour autant tomber dans le too much. Les parures de tête et les bottines brodées viennent terminer à la perfections chaque tenue.

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La très attendue Iris Van Herpen qui, alors qu’elle avait été invitée la saison dernière, avait décliné l’offre préférant se consacrer à son prêt-à-porter, nous a présenté ce mois-ci sa collection couture toujours très spectaculaire avec le travail de l’impression 3D.

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Parallèlement trois membres ont disparu de ce calendrier avec un arrêt provisoire de Dice Kayek, de la néerlandaise Ilja et du français Serkan Cura relayé au calendrier off.

Dans les reconduits, on retrouve la chinoise Guo Pei qui propose, par rapport à la saison dernière, plus de grandiosité aux travers de modèles démesurés et outrageusement brodés. L’esprit chinois reste la base de l’inspiration, mais frise l’over dose par une surenchère de modèles et une accessoirisation de couronnes qui n’apportent rien de plus. Cependant, on notera la qualité de ses ateliers pour la réalisation des pièces parfaitement maîtrisées et de superbes robes qui immanquablement ne feront pas passer inaperçues celles qui les portent.

Guo_Pei_HC_FW_2016-17-photos_Olesya_Okuneva

Pour sa troisième collection et deuxième en tant qu’invité, Yacine Aouadi continue son travail de dépoussiérage de la couture en imaginant des tenues portables pour des femmes d’aujourd’hui, mais sensibles à l’exception et au travail de l’artisanat.

Il est à noter que le jeune couturier de 35 ans, qui a exercé son talent au studio de création de Balmain avant de se lancer sous son nom, fait actuellement l’objet d’une double exposition dans sa ville natale de Marseille. Baptisée « 13’015 », l’installation au Mucem présente sa collection première en faisant référence à la superstition au travers du chiffre 13, de l’année 2015 et également au 15ème arrondissement de la cité phocéenne dont le code postal est 13015.

La seconde au Musée des Arts Décoratifs et de la Mode au Château Borély fait dialoguer d’autres pièces de sa collection avec celles d’époque de grands couturiers qu’il a choisies dans les archives du Musée de la Mode.

Expositions Yacine Aoudi, dans le cadre de l’événement #OPENMYMED qui célèbre chaque année à Marseille le foisonnement créatif né en Méditerranée, jusqu’au 29 Août 2016.

Schiaparelli, menée par Bertrand Guyon, s’inspire de la collection Cirque de l’été 1938. L’idée de brillance reste le leitmotive au travers des symboles chers à la créatrice de la maison. Les formes puisent dans le constructivisme sans pour autant oublier la féminité.

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Julien Fournié, qui aime les mises en scène, nous a donné rendez-vous comme à son habitude à l’Oratoire du Louvre pour dévoiler ses créations principalement destinées au soir. Fidèle à son style, on y retrouve ses coupes qui mettent la taille de la femme en valeur. Les deux modèles de jour en total look blanc et bleu apportent une très belle respiration pour celles qui souhaitent s’habiller dans la griffe en pleine journée.

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Le duo anglais Ralph & Russo aime la couture et s’est entouré d’un atelier capable de répondre à toutes ses exigences. Les robes longues restent la valeur sûre, même si quelques modèles mini viennent apporter de nouvelles propositions pour le soir en apportant plus de modernité, surtout quand ils sont portés avec des cuissardes. Clin d’œil au chic anglais, des chapeaux viennent finaliser certains looks en s’assortissant soit à la couleur soit aux motifs des tenues pour un chic absolu. Très printanière, la collection se décline dans des tons hyper frais où le blanc domine et s’agrémente d’imprimés floraux.

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La Russe Ulyana Sergeenko prend le contre-pied des autres maisons en s’adressant en priorité aux tenues de jour. Entre très classique et sexy, son cœur balance alors qu’il aurait été simple de se concentrer uniquement dans le bon goût qu’elle réalise beaucoup mieux. Fidèle à ses origines, la fourrure tient une place importante en se travaillant en manteaux imprimé ou en petits pulls ultra chic.

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Enfin, le libanais Zuhair Murad a clôturé la semaine. Adepte au soir, le couturier apporte un vent de modernité à ses créations à travers le style hippie chic de ses robes du soir avec de grandes capelines, des colliers de chien et des ceintures de cuir qui désacralisent immédiatement la richesse des broderies pour les rendre plus accessibles et plus jeunes. De la robe cocktail à la robe de bal le choix est vaste et chaque femme peut y trouver son bonheur. Si les robes seconde peau en dentelle et tulle brodé, qui ont fait sa réputation, sont bien évidemment présentes, il puise également dans les motifs caucasiens et persans, Art nouveau à la Klimt, flore et faune orientale pour apporter un souffle d’ailleurs sans pour autant s’imposer.

Zuhair_Murad_HC_FW_2016-17_©_olesya_okuneva

Frédéric Blanc

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