La Fashion Week, « La Mode à Beyrouth », devient internationale pour sa seconde édition

By on 30/10/2016

Le liban est connu pour ses couturiers de renom et leurs tenues du soir qui ont envahi les tapis rouges du monde entier. Moins connue, la Fashion Liban baptisée La Mode à Beyrouth, qui a eu lieu du 18 au 22 Octobre 2016, a décidé pour sa deuxième édition de devenir internationale en invitant deux créateurs étrangers ainsi que des acheteurs et des journalistes venant de différents pays, afin de mieux s’ouvrir aux autres et de s’imposer en tant que pays de mode.

Parmi les marques étrangères, on y retrouve :

Ingie Paris venue de Dubaï et dont le show a ouvert les festivités de la semaine. Créée depuis 2009 par Ingie Chalhoub, la marque s’est vite imposée au Moyen-Orient comme un label indissociable des soirées élégantes. Spécialiste de mode dans son pays, elle est à l’origine du Groupe Etoile qui a commencé son développement en ouvrant la première boutique Chanel en 1983 au Moyen-Orient. Depuis, elle est à la tête de plus de 70 boutiques de marques de luxe dans le golfe dont elle assure l’octroi de licences. En 2005, elle ouvre son premier concept-store, « La Boutique », dédié à des marques plus confidentielles démontrant ainsi sa volonté d’ouverture d’esprit sur la mode. Depuis 7 boutiques ont vu le jour. Devant ses succès, la femme d ‘affaires amoureuse du luxe s’est entourée d’une équipe pour imaginer sa propre marque dont les créations sont conçues et fabriquées à Paris.

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Ingie Paris par fred-blanc

Ted Baker, second invité étranger, a quant à lui fait défiler son prêt-à-porter apportant ainsi un prêt-à-porter plus facile pour tout les jours , plus commercial dont chaque femme a besoin dans son armoire, ici les créateurs ayant la fâcheuse tendance à ne présenter que des modèles du soir.

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La création libanaise s’est illustrée au travers d’une quinzaine de défilés dont la plupart étaient consacrés à la génération montante de designers. On retiendra plus particulièrement les collections de :

Reem Kachmar qui s’inspire de son dernier voyage à Barcelone et plus particulièrement des œuvres d’Antoni Gaudi pour apporter une nouvelle palette graphique à ses créations au travers de couleurs chaudes, froides et de noir entrecoupé de teintes riches et vivaces. Les mosaïques apportent une originalité qui diffèrent véritablement des autres collections dans des tissus exclusifs et s’entremêlent à la perfection avec les mousselines, les dentelles et les tulles brodés de cristaux Swarovski, de perles, de paillettes et de pierres précieuses.

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Reem Kachmar défilé SS17 par fred-blanc

Ali Younes fait partie de la nouvelle génération et cela se remarque au premier coup d’œil avec des propositions plus légères et plus osées, même si son credo reste le soir exclusivement.

Ali_Younes_LMAB_FW_SS17Ali Younes

La mode coule dans ses veines depuis son plus jeune âge en réalisant à 7 ans une robe pour l’anniversaire de sa sœur. Même s’il choisit le design d’intérieur comme formation, la mode le rappelle face aux créations d’Elie Saab, dont il intègre le studio de création.

Il ouvre sa propre maison en 2009 et un atelier au Koweit avec 6 employés, dont le nombre s’élève aujourd’hui à 53. Son ascension est fulgurante et il enchaîne rapidement les couvertures de magazines arabes. La création d’une robe pour une princesse, sertie de diamants et retravaillée astucieusement en vue d’être lumineuse lui ouvre une voie royale auprès des célébrités du monde entier, dont Eva Longoria, Jennifer Lopez, Jennie Mai, Jordin Sparks, Amanda Holden et Aishwarya Rai qui ne sont autres que ses clientes.

Sexy attitude, jeux de transparence, mélange de matières et broderies en cascades étaient au rendez-vous pour sa collection printemps-été 2017.

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Abed Mahfouz est loin d’être un inconnu des journalistes de mode, ayant présenté sa couture depuis 2002 durant la fashion week à Rome, dont il fut l’un des premiers libanais à défiler lors de « l’Alta Roma ».

Réputé, dès la création de sa marque en 2001, pour ses collections mariages, il y ajoute rapidement sa ligne couture qui, depuis 2009, est complétée par une ligne de prêt-à-porter à destination du soir, lancée lors de la New-York fashion week.

Parfaitement aboutie, sa nouvelle collection s’adresse à des femmes jeunes, adeptes de mode pour ne pas passer inaperçues lors de grandes soirées. Entre bases classiques et formes contemporaines, ses créations ont toutes les chances de se retrouver sur les tapis rouges Hollywoodiens.

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La Mode à Beyrouth a également permis à de jeunes designers, couturiers ou fabricants de présenter dans un show room organisé au sein de l’espace des défilés. Parmi ces derniers, trois marques dont une d’accessoires se sont largement démarquées :

La Terre est Folle de Joe Arida, est incontestablement le gros coup de cœur de cette semaine. A l’opposé de tout ce qui a été présenté ici, le jeune designer s’adresse à une clientèle mixte adepte de la mode streetwear en y incluant l’abaya, habit traditionnel, ou des détails caractéristiques des influences orientales.

Joe_Arida_©_Tarek_MoukaddemJoe Arida

Arrivé par hasard dans la mode, Joe Arida commence sa carrière dans le design d’intérieur. C’est en travaillant sur une ligne de coussins que l’idée d’utiliser le même tissu pour faire un t-shirt cool remporte immédiatement un vif succès et le conduit à rencontrer Tala Hajjar, co-fondateur avec Rabih Kayrouz, de la fondation Starch, dont la vocation est de promouvoir les jeunes créateurs libanais, qu’il intègre en 2014 afin de développer ses T-shirts en ligne de vêtements. Parce que les hasards de la vie semblent réussir à ce touche-à-tout, c’est en tombant malade chez ses parents et en empruntant l’abaya de sa mère que le déclic opère lorsqu’il se voit avec son jean et ses bottes, il réalise que cette pièce était la pièce manquante à son dressing. Depuis, il ne cesse de la réinterpréter pour mieux l’adapter à chaque moment de la vie.

Sa marque la Terre est Folle produit aujourd’hui deux collections de vêtements par an, une ligne d’abayas s’adaptant au rythme des saisons et des meubles, le tout dans une parfaite osmose.

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La_Terre_est_Folle_Collection_Homme_SS17

-dans un tout autre style et en complète adéquation avec la mode soir libanaise, Elie Feghali, couturier autodidacte en mode et en maquillage, aime travailler des pièces ultra raffinées dans des matières précieuses où les broderies ne sont jamais too much, mais juste là pour embellir celles qui les portent à l’image des maquillages qu’il réalise en toute subtilité.

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-La maroquinerie de Sandra Rizk, Miss Liban 2000 qui, à la fin de son année de règne, a souhaité se lancer dans cette nouvelle aventure, en privilégiant le savoir-faire artisanal pour des pièces luxueuses, réalisées dans des peaux de qualité et des cuirs exotiques. En provenance d’Italie, ils sont assemblés à la main par des femmes du Liban, de la Palestine et de la Syrie.

Sandra_Risk_Maroquinerie_Beyrouth

Parce qu’une fashion week à l’étranger est toujours une occasion de découvrir une ville, les bonnes adresses et d’autres créateurs de renom qui font la richesse de la mode locale, cette semaine a été très fructueuse.

La joaillerie est un art au Liban et les bijoux d’André Marcha sont incontournables. Entreprise familiale, créée en 1969 dont le créateur est baptisé « le roi de la perle », sa principale spécialité est le travail des perles baroques dont il aime utiliser les formes pour les transformer en bijoux uniques. Réputé également pour son travail de pavage diamants et de pierres précieuses, son imagination n’a aucune limite et il aime puiser dans ce qui l’entoure pour transformer des pièces uniques, toujours plus créatives et précieuses, en objets d’art.

Andre_Marcha_Joaillerie

Andre_marcha_joaillerie__beyrouth

André Marcha : Phoenicia Hotel, shopping Arcade.

Pour les amatrices de bijoux fantaisie, Tatiana Fayad et Joanne Hayek ont imaginé Vanina, un concept original d’accessoires éthiques entièrement réalisés avec des produits de recyclage. Le résultat est hyper chic, original à des prix accessibles. Installé à l’entresol d’un immeuble, l’appartement boutique vous reçoit dans une décoration raffinée pour un shopping en toute tranquillité.

Vanina_boutique_Beyrouth

Si aujourd’hui les bijoux de Vanina se retrouvent dans les boutiques tendance du monde entier, une ligne de prêt-à-porter pour le jour et le soir vous est proposée en exclusivité.

Vanina_Collier

Vanina_Accessoires

Vanina_PaP_SS_2017

Vanina : Mar Mikhael, Armenia Street, Saliba Market Building, 1er étage.

Une tenue impeccable se doit d’être accompagnée d’une lingerie de luxe et Claire Damaa l’a bien compris. Styliste, animatrice TV et femme d ‘affaires et de pouvoir, qui aime par dessus tout la mode, elle s’est lancée dans la création de dessous sophistiqués avec ses lignes Divorces by Claire D, Miss D et Bridal by Claire D afin d’adapter sa lingerie à toutes les circonstances.

Lingerie_Bridal_by_Claire_D_FW_16-17Bridal by Claire D

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Pour les amatrices et les amateurs de shopping, il est impératif de visiter les boutiques :

Plum : le concept store féminin ultra tendance et luxe : Berytus building, corner of park and Avenue Française.

If : spécialisé dans les marques plus confidentielles et underground pour homme et femme : Derviche Haddad Street.

RosaMaria : concept store mixte proposant une large sélection de marques de mode et d’accessoires internationales et une ligne de bijoux précieux. : 56 Madrid Street, Mar Mikhael.

Cream : à destination des jeunes filles aimant la mode, les accessoires et les gadgets de marques nationales et internationales en shoppant dans une ambiance ludique : Saifi Village, lot 741.

Oriental 499 : allie avec élégance le traditionnel à la modernité. Rendez-vous incontournable des métiers d’art des pays orientaux. On y trouve aussi bien de la déco, des accessoires de beauté, de gastronomie que de la mode et des bijoux : 499, rue Omar Daouk, imm, hammoud, Mina el Hosn.

Plutôt dirigée vers la nouvelle génération de couturiers, cette semaine de la mode a permis de découvrir de nouveaux noms ou certains déjà réputés au Liban, mais encore inconnus à l’étranger. Cependant, on peut regretter l’absence de grands noms comme Elie Saab, Zuhair Murad, Georges Chakra, Georges Hobeika ou encore Rabih Karouz, ce dernier étant pourtant à la tête d’une pépinière de jeunes créateurs. Par leur absence, ils ne cautionnent pas cet événement et le dévalorise. Peut on imaginer une Paris Fashion week sans Dior ou Chanel ? La réponse est bien évidemment non !

Frédéric Blanc

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