Paris Fashion Week Homme Printemps-été 2018

By on 01/07/2017

Complètement en adéquation avec une météo surchauffée, la Paris Fashion Week homme vient de présenter les collections de la saison estivale 2018. Les 52 défilés, inscrits au calendrier officiel de la fédération de la haute couture et de la mode, additionnés à ceux en off ou sur rendez-vous, ont démontré une fois plus la suprématie de Paris sur la mode mondiale.

 

Aux côtés des grandes maisons, la capitale affirme son positionnement jeune de dénicheur de nouveaux talents en inscrivant 4 nouvelles marques à son planning. Parmi ces dernières, on découvre :

Le label taiwanais d’Angus Chiang avec des propositions audacieuses et pleines d’humour rappelant l’univers décalé de Walter Van Beirendonck. Sorti de l’Université Shih-Chen en 2013, il est immédiatement choisi pour représenter Taïwan, avec sa collection de fins d’études, lors de la Graduate Fashion Week of London. Il crée sa marque en 2015 et présente dès 2016 à Vancouver ses premières collections masculines. En 2017 il est nommé pour le LVMH Prize et atteint le top 21 parmi les 1200 participants.

Pour sa première fois à Paris, il reste fidèle à ses bases colorées et humoristiques et joue sur la tendance de la féminisation de l’homme avec une accessoirisation ultra poussée.

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Angus_Chiang_Homme_SS_18Angus Chiang

Namacheko, par Dilan et Lezan Lurr, a été créée en 2015 par un frère et une sœur Kurdes, originaires de Kirkouk en Irak, émigrés en Suède dès leur enfance. Leurs créations sont le fruit d’un parcours multiculturel résultant d’une réflexion sur leur vie entre la Suède et leur pays natal.

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Namacheko_Homme_SS_2018_©_Adam_KatzNamacheko

L’Israélien Hed Mayner a fait ses études à l’Académie Bezalel des Arts et Design de Jérusalem avant de finir son cursus à l’Institut Français de la Mode pour approfondir ses connaissances et enrichir son esthétisme. Il aime mixer dans ses pièces le style orthodoxe traditionnel juif à celui des vêtements militaires. Il en résulte une véritable invitation au voyage et l’envie de liberté, de fluidité qui s’empare de chaque tenue, dans une palette de couleurs fraîches, est en parfaite adéquation avec la saison estivale.

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Hed_Mayner_Homme_SS_2018_©_ David_ZagdounHed Mayner

Enfants Riches Déprimés, plus connue sous le nom de ERD, a été imaginée par l’artiste Henri Alexander Levy en 2012. Basée entre Los Angeles et Paris, la marque s’appuie sur des mouvements avant-gardistes de la fin des années 70 et japonais des années 80 en jouant sur la déconstruction et des proportions surdimensionnées. Opposé au monde du luxe, le créateur propose une mode rock, décalée avec des basiques en séries limitées à des prix élevés partant du principe que tout ce qui est rare est cher.

Dans la droite ligne de Vêtements de Demna Gvasalia, les mannequins sont issus d’un «casting sauvage» avec de véritables gueules et des tenues rappelant une esthétique très 80 où, le mauvais goût devient un must have.

 

Dans les habituées, on retrouve agnès b. qui, a souhaité recevoir dans son showroom non pas pour un défilé, mais pour une présentation afin de permettre aux invités de toucher les vêtements et voir de près les détails.

C’est en feuilletant un livre d’André Villiers et Picasso, qu’agnès b. a remarqué l’étrange familiarité de la garde-robe du peintre avec ses propres créations, ce qui en fait un point de départ pour son dernier opus en imaginant des coupes confortables avec des volumes élargis. Si dans chaque collection, les créateurs livrent un peu de leur vie, ici la styliste n’hésite pas à y intégrer des photos de son enfance ainsi que des réinterprétations de tenues d’époques retrouvées sur des clichés pris par son père en 1936.

Pour le soir, son amour pour les artistes refait surface et elle imagine des tenues inspirées du street-art avec un imprimé all-over signé JonOne sur un costume ou encore avec des travaux numériques issus de ses propres clichés ou ceux d’Abdelkader.

Afin de rester dans cet esprit très personnel, agnès b. a shooté elle-même les photos dans sa maison de campagne.

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agnesb_SS_18_Homme_©_agnesbagnès b.

Si la collection de Boris Bidjan Saberi semble très chaude, par des superpositions de pièces et l’utilisation de matières plutôt épaisses, elle n’en est pas moins sublime et surtout démontre l’étendue de ses travaux sur le vêtement masculin. Il s’inspire cette fois-ci des explorations militaires pour présenter une armée d’avant-garde, dotée de réminiscence de l’ancien empire japonais et d’une touche de tradition bavaroise. C’est pourquoi une des pièces phares de ce régiment est le pantalon d’infanterie, restructuré à sa base avec des plis entremêlés de coutures pour aboutir au modelage du corps. Si, comme à son habitude, on retrouve des jupes, elles n’en altèrent pas moins la virilité, mais bien au contraire rappellent la traditionnelle Lederhosen Bavarois.

Amoureux des matières, les vestes sont en kangourou albinos avec un traité végétal, en cheval ou en veau teinté.

Le choix des couleurs, allant des ocres, du vert sapin au kaki en passant par le sable jusqu’à l’orange, apporte une poésie dans un vestiaire qui pourrait sembler brut au premier abord.

On notera également la présence d’une nouvelle collaboration avec Dita pour les lunettes au travers d’une édition limitée. Cette paire puise son essence dans l’outillage traditionnel des alpinistes et du soudeur industriel. Elle est composée de titane japonais additionné à une ingénierie optique avancée, entre design et innovation artisanale.

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Boris_Didjan_Saberi_homme_SS_18_©_Dan_LeccaBoris Bidjan Saberi

Facetasm est l’exemple parfait d’une mode contemporaine pour des hommes et femmes qui aiment la différence et dont le vêtement est un signe de reconnaissance de leur tribu. Des bases classiques, revisitées, twistées, mélangées pour un résultat nouveau où le masculin/féminin se mixe à merveille pour les deux sexes. Moins «street» que la saison dernière, la collection se sophistique pour encore plus de chic décalé.

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Facetasm_Homme_SS_2018Facetasm

Dans cette même veine, d’une garde-robe issue du streetwear, on retrouve Sankuanz qui prouve une fois de plus que la mode de la rue peut être élégante quand elle se mixe avec un tailoring parfait. Pour cette saison le créateur rend un hommage à l’artiste Américain Cy Twombly avec des costumes en lin brut dont certains sont couverts d’une peinture blanche évoquant la matière mate des sculptures et la représentation de la toile vierge du peintre. Il explore toutes les facettes de l’univers du maître, de la matière colorée des tissus spécialement développés pour ressembler aux pastels utilisés par Twombly, aux références à la culture méditerranéenne qui nourrissent les thèmes de la recherche formelle de ses œuvres. Le nom d’Orpheus écrit sur les casquettes de baseball est une référence directe à la série de peintures célèbres basées sur la mythologie grecque, de même que les noms d’invitations d’anciennes expositions qui sont imprimés sur des chemises à plastron et des pantalons courts en gaze naturel. Les costumes tailleurs, coupés dans un style italien sont des références à la vie de l’artiste à Rome et sont recouvert d’imprimés graffitis, similaires aux grands chefs d’œuvres du maître.

En clin d’œil au streetwear, de grands cabas surdimensionnés ornent les épaules des mannequins, des pièces militaires ainsi que des parkas complètent la garde-robe.

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Sankuanz_Homme_SS_2018Sankuanz

Si souvent, les collections été sont qualifiées de plus faibles que celles de l’hiver en rapport à des matières moins riches, ce n’est pas le cas de la ligne Issey Miyake Men qui semble, au contraire, s’épanouir à la belle saison. Le styliste s’inspire d’un voyage dans le désert sur lequel l’homme s’impose dans des tissus confortables et des coupes amples afin de résister à la chaleur estivale. Si certaines tenues sont parfaites pour les vacances avec les longues tuniques faisant rappel à celles des Touaregs, le vestiaire est complet et propose également de nombreuses tenues pour la ville.

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Issey_miyake_men_SS_18_©_Frederique_DumoulinIssey Miyake Men

Lucas Ossjendrijver continue de positionner la maison Lanvin comme l’adresse incontournable de l’homme moderne. A l’écoute des tendances et des besoins de ses clients, il propose des looks entre workwear classique et tailoring élégant qu’il fusionne afin de donner l’allure tant recherchée par les nouveaux dandys. Luxe oblige, les tissus traditionnels comme ceux à fines rayures ou en Prince de Galles côtoient les matières techniques, le tout dans des coupes plus amples pour une allure où la décontraction est totalement assumée. Si le sac fait aujourd’hui complètement partie de la panoplie masculine, le styliste s’inspire de la caisse à outils pour la transformer en contenant pour transporter les indispensables de l’homme d’affaires.

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Paul Smith qui a choisi Paris, depuis la saison dernière pour présenter ses collections masculines et féminines en un même défilé, démontre, une fois de plus, qu’un tissu s’adapte très facilement aux deux sexes en fonction des coupes utilisées. Pour l’homme le costume reste un incontournable tout en démontrant qu’il n’est pas forcement ennuyeux si, on lui apporte la couleur ! Et de ce côté-là, le maître anglais n’a rien à apprendre puisqu’il se place comme un spécialiste des mélanges osés et pourtant parfaitement justes.

Été oblige, les imprimés floraux et fonds marins parent les tenues et les accessoires pour toujours plus de fantaisie.

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Paul_Smith_Homme_Femme_SS_2018Paul Smith

Pour ses 25 ans de carrière, le créateur japonais Masatomo Yamashi a choisi la terrasse de l’hôtel Meurice pour faire défiler sa marque Rynshu. Fidèle à son style, entre rock et romantisme, il intègre à ses basiques de nombreuses broderies traditionnelles japonaises avec des Phoenix dorés qui apportent une réelle poésie au vestiaire masculin. On notera également son nouvel imprimé camouflage réalisé par un effet de broderie qui transforme ce basic en œuvre rare.

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Rynshu_Homme_SS_2018Rynshu

Si pour beaucoup le noir est synonyme du vestiaire de Yohji Yamamoto, il prouve ici qu’il sait également travailler la couleur. Au premier coup d’œil le style inimitable se reconnaît tout en laissant entrevoir une nouvelle direction qui se justifie par ses réflexions sur le bouddhisme, la vie, la mort et sur la transmission de son savoir-faire pour pérenniser sa marque. Grand amateur d’art, il a fait intervenir les artistes Saitoh Yusuke afin de peindre le visage de la comédienne japonaise Eiko Koike sur les dos des blousons en cuir et les autoportraits de Suzue Uchida sur des longues blouses en soie. Chaque pièce, même la plus simple, bénéficie d’un raffinement extrême et le vestiaire se décline dans des tissus haut de gamme allant des lainages au velours dévoré, en passant par la soie, le cuir, le lin et des broderies «made in Japan».

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Yohji_Yamamoto_Homme_SS18_©_Monica_Feudi

Yohji_Yamamoto_Homme_SS2018_©_Monica_FeudiYohji Yamamoto

Glenn Martens continue de travailler l’ADN d’ Y/Project en jouant sur l’excentricité et la portabilité, tout en y intégrant une dose de sobriété et de luxe. Plus facile à porter les nouvelles propositions s’adaptent, à la perfection, aux codes urbains et contemporains. La palette de couleurs va des tons neutres et terreux aux brillants pour le soir en passant par des roses et de bleus permettant à chacun de trouver son bonheur.

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YProject_Homme_SS18Y/Project

Parmi les non inscrits au calendrier officiel, on remarque les collections :

du portugais Nuno Gama, qui a profité du salon Showcase ModaPortugal où 27 marques de vêtements et d’accessoires ont présenté leurs collections, pour organiser un show sous forme de happening avec quatre danseurs enchaînant les changements de looks pour le plus grand plaisir de l’assistance.

Les tenues sont classiques, bien coupées dans des coloris parfaits pour les beaux jours et s’adaptent aussi bien à la ville que pour les moments de détentes. On adore le clin d’oeil aux Azulejos que l’on retrouve sur les chaussures et sur une des chemises.

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Nuno_Gama_Homme_SS_2018Nuno Gama

Le Portugal toujours à l’honneur avec Hugo Costa avec son voyage au cœur de sa passion pour les «Moken», des gitans de mer vivant dans l’archipel de Mergui, un groupe de 800 îles désertiques de l’Asie du Sud–Est. Il s’inspire de leurs tenues rafistolées pour imaginer des looks contemporains dans lesquels il intègre des tissus techniques. A la question pourquoi avec utiliser ces couleurs, il répond tout simplement : «parce que je les aime !».

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HUGO COSTA PARIS PRINTEMPS/ETE 2018 24/06/2017

Hugo_Costa_Homme_SS_18Hugo Costa

Essius, la marque Suisse fondée à Zürich et dirigée par la directrice artistique Youn Chong Bak, la spécialiste de l’homme, se focalise sur les classiques tout en y intégrant des détails couture apportant ainsi une réelle différence dans le monde du tailleur comme, par exemple, avec sa seconde collaboration avec l’horloger de luxe suisse Omega en imaginant un concept de poignets permettant de porter sa montre sans la cacher.

La collection se focalise sur des basics avec une personnalisation possible sur les chemises avec plus de 15 cols et tout autant de manchettes. En plus des costumes, une proposition de tenues plus décontractées est déclinée dans une palette de couleurs variant du blanc au rose antique jusqu’au bleu océan uni ou rayé. En hommage aux beaux jours, les pièces sont réalisées uniquement en coton suisse, avec des fibres extra-longues pour une plus grande qualité et une élégance durable.

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Essuis_Homme_SS_2018Essius

Pas de défilé pour la marque Vetements, qui s’est retirée du calendrier de la Haute Couture, mais une présentation de photos grandeurs nature des pièces emblématiques de la marque. Le créateur Demna Gvasalia ayant récemment déclaré ne plus vouloir défiler, « les shows étant devenus ennuyants, répétitifs et fatigants » a préféré convier l’assistance dans un immense parking des Batignolles, transformé en galerie d’art, afin de faire découvrir, non pas des nouveautés, mais son shooting sur « des gens normaux » avec des pièces « archives » sorties des collections printemps-été 2016 et 2017, reconduites pour la saison prochaine dans leur majorité.

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Frédéric Blanc

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