Les shows incontournables de la Haute Couture Parisienne

By on 30/01/2018

Les collections haute couture, printemps-été 2018, ont été présentées à Paris avec un calendrier de plus en plus chargé. En quatre jours, on y a retrouvé 33 défilés inscrits au calendrier de la Fédération de la Haute Couture et de la Mode, comprenant:

-les membres permanents et les correspondants étrangers,

-les membres invités présentant leurs collections « couture » sans pour autant posséder le label haute couture,

-la marque américaine de prêt-à-porter, Proenza Schouler qui profite de ce calendrier pour gagner du temps sur les ventes par rapport à la fashion week de fin février.

Parallèlement, entre les défilés officiels, des maisons venues des quatre coins du monde ont présenté leurs collections.

Paris vient encore de prouver sa place prépondérante dans l’univers de la mode et du luxe extrême.

 

Si globalement, il est difficile d’être critique envers ces collections hors normes, toutes réalisées sous la direction de créateurs de génie, accompagnés par le savoir-faire de leurs ateliers d’exception, certains shows se sont indéniablement démarqués des autres, en les plaçant sur le podium de tête de la semaine

Jean Paul Gautlier a choisi de rendre un hommage au grand couturier Pierre Cardin. Il en résulte des pièces aux sonorités 60/70, rétro futures, prouvant l’intemporalité de ce style revu et corrigé par son esprit inventif. Il fait partie des rares à proposer de réelles tenues de jours créatives, atypiques, totalement portables par des femmes à forte personnalité. De ce fait, il se place comme le fils spirituel de Monsieur Yves Saint Laurent, avec un vestiaire complet, réalisé dans la plus pure tradition de la haute couture.

Jean_Paul_Gaultier_HC_Show_SS18_©_Patrice_Stable

Jean_Paul_Gaultier_HC_Show_SS2018_©_Patrice_Stable

Jean_Paul_Gaultier_show_HC_SS2018_©_Patrice_Stable

 

Dans un autre style, tout aussi novateur, accompagné d’une richesse créative inépuisable, on retrouve la maison On Aura Tout Vu, dirigée par le duo Livia Stoainova et Yassen Samouilov, qui a opté pour une couture raffinée, tout en délicatesse. Baptisée «Under my Skin» la collection propose des tenues, dans une grande majorité noire, portées sur des combinaisons chair brodées de cristaux. Ces derniers, semblant incrustés directement sous la peau, placent ainsi la femme au cœur de la création, tout en la sublimant par des robes ou des ensembles à la fois portables et novateurs réalisés dans des tissus réalisés en exclusivité par les tisseurs de la région de Tango au Japon ou bien encore avec les dentelles françaises d’André Laude.

On_Aura_tout_Vu_Couture_show_SS18_©_Olesya_Okuneva

Présentée aux acheteurs lors du Silmo, la nouvelle ligne de Lunettes dessinée par le duo On Aura Tout Vu, supervisée par Tony Same Japon et fabriquée en France, a été pour la première fois dévoilée au grand public .

On_Aura_tout_Vu_Couture_Show_SS18-Lunettes_©_Olesya_okuneva

Réalisé en collaboration avec le chorégraphe Kamel Ouali, le show a débuté avec deux danseurs faisant apparaître d’une cabine spatiale Alicya Alies, dans un manteau futuriste en tissus de nacre. Le final, déjà mentionné comme l’un des plus beaux de la fashion week par la presse américaine, a surpris l’assistance avec une mariée sculpturale dans un body et un corset entièrement cristallisés, une jupe en dentelle transparente accompagnée d’un voile de 9 mètres de long, abritant 8 danseurs assortis à cette princesse des mille et une nuits sortie d’un conte à la lisière du rêve et de la réalité.

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On_Aura_Tout_Vu-couture_show_SS18_mariee_©_Olesya_Okuneva

 

Aux antipodes de la plupart des maisons, Christophe Josse a fait son grand retour au calendrier officiel, en tant que membre invité, avec des propositions raffinées et non ostentatoires.

Disparu des podiums à la suite de problèmes financiers, depuis son dernier défilé Automne-hiver 2013-14, le couturier reprend les bases de ce dernier show, comme si le temps s’était arrêté. On y retrouve une nouvelle couture, simple en apparence, mais réalisée dans les meilleures étoffes et le respect des savoir-faire couture.

Il puise son inspiration dans la nature et l’histoire du costume, afin de proposer des looks romantiques pour des femmes raffinées.

Christophe_Josse_Haute_Couture_Show_SS18_©_Shoji_Fuji

CHRISTOPHE_JOSSE_HC_SS18_Final_©_Shoji_Fuji

 

Alexandre Vauthier reste fidèle à son style en toutes circonstances. Si cette saison, il couvre un peu plus les corps, la sexy et la rock attitude sont toujours au rendez-vous. Il propose des tenues travaillées avec des volumes démesurés, démontrant le savoir-faire des artisans avec qui il collabore. Il n’oublie pas ses célèbres découpes, dévoilant la femme, l’ultra court reste sa signature, tout comme le cuir qui se mixte avec une étonnante connivence avec les tissus les plus précieux.

Alexandre_Vauthier_Haute-Couture_Show_SS_2018

Alexandre_Vauthier_Haute-Couture_Show_SS18

Le défilé a été également l’occasion pour le couturier de présenter sa ligne de lunettes, signée en collaboration avec Alain Mikli. Composées de 4 solaires en édition ultra-limitée, les formes aux designs audacieux proposent des versions ovales ou rectangulaires déclinées en rouge, violet, kaki, blanc, noir ou encore entièrement parées de cristaux Swarovski.

Alexandre_Vauthier_Haute-Couture_Show_SS18_Lunettes Alexandre_Vauthier_x_Alain_Mikli

Azzaro Couture, sous la houlette de Maxime Simoëns, reprend sa place de marque glamour, comme l’avait imaginée son fondateur Loris Azzaro en 1967. Loin de faire du copier collé, le designer reprend les codes en y ajoutant une dose de modernité, additionnée à une touche de rock, s’adaptant ainsi aux nouvelles tendances recherchées par une jeune clientèle souhaitant vivre à l’aise dans des pièces uniques.

Azzaro_Couture_Show_SS18

Pour son deuxième défilé, Maxime Simoëns a dévoilé, en plus de la couture, la collection Azzaro Atelier, un prêt-à-porter premium ultra luxe pour femme et homme. En mêlant les lignes, il s’amuse à brouiller les pistes, démontrant que la couture n’est pas réservée aux grandes occasions, mais qu’elle se porte au quotidien, le jour, comme le soir y compris pour faire la fête jusqu’au bout de la nuit, avec une bonne dose de brillance signature de la maison.

Azzaro-Couture_Show_SS18_Homme_Femme

 

Stéphane Rolland est un amoureux des arts. Il le prouve de saison en saison avec ses collections majestueuses toujours très architecturales. Passionné de musique classique, c’est à l’Opéra-Comique qu’il a donné rendez-vous pour présenter ses dernières créations plus douces, aériennes et lumineuses. Les tenues les plus simples deviennent des sculptures volantées, s’enroulant autour du corps. Les pans apportent une allure altière entraînant une force androgyne, sans pour autant retirer une once de féminité à celles qui arborent ces tenues éclatantes.

Stephane_Rolland_HC_SS18_Show_

Comble du luxe, six robes d’exception brodées de haute joaillerie ont été réalisées en collaboration avec le joaillier Albert Boghossian. Elles sont le

début d’une nouvelle collaboration entre ses deux artistes au service de la beauté féminine.

Stephane_Rolland_Haute_Couture_Show_SS18

Stephane_Rolland_HC_Show_SS2018_Final

 

La Chinoise Guo Pei a renoué cette saison avec un défilé grandiose avec des propositions où l’importable est à son paroxysme. Ces deux caractéristiques faisant le charme de cet art de la culture du beau et du fantastique. De la mise en scène, au cirque d’hiver transformé en Elysium, une île féérique habitée par des sirènes aux tenues les plus improbables, à la musique, jusqu’à la mariée accompagnée d’une pluie de plumes, tout n’a été que poésie et romantisme.

Guo_Pei_Couture_Show_SS2018_©_Dominique_Maitre

Pour ces 23 pièces, la créatrice s’inspire de la nature et plus particulièrement des fleurs. Elle y décline ses interprétations florales au travers de tissus innovants, mais aussi de matériaux empruntés à la nature comme des pierres, des cristaux ou même des bambous en provenance d’Huangsan en Chine.

Guo_Pei_Couture_Show_SS18_©_Dominique_Maitre

Guo_Pei_Couture_Show_SS18_Final_©_Dominique_Maitre

Une fois de plus Guo Pei démontre l’importance du savoir-faire ancestrale de la couture chinoise ainsi que celui de l’imaginaire pour la réalisation de ses pièces. Même si ses propositions sont loin d’une réalité commerciale, elles sont assimilables à des œuvres d’art, servant ainsi de laboratoire à la création. Elle renoue ainsi avec l’esprit couture oublié par beaucoup de maisons qui proposent, aujourd’hui, des kyrielles de robes de soirs brodées de strass sans personnalité.

Frédéric Blanc

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