Les défilés « off » de la Paris Fashion Week Haute Couture Printemps-été 2017

By on 05/02/2017

Pas facile pour tout le monde de se faire une place au cours d’une semaine si chargée, la fédération permettant à certaines maisons de prêt-à-porter, de présenter en même temps que celles de haute couture, favorisant ainsi quelques unes par rapport à d’autres, qui ne dévoileront leur collection hiver 2017-18 qu’au mois de Mars.

 

Par exemple, alors que la plupart des gens n’y comprennent plus rien, pensant que Maison Rabih Kayrouz revient en couture et que Vetements est en liste pour acquérir le label par leur présence au calendrier officiel, d’autres maisons, travaillant en sur-mesure à Paris et aux quatre coins du monde, essaient de leur côté d’attirer l’attention de clientes et de la presse internationale afin de faire connaître leur savoir-faire.

Parmi ces dernières, on retrouve On Aura Tout Vu, la plus atypique et appréciée des stars internationales qui adorent arborer ses tenues inspirées d’un monde onirique. Cette saison, c’est à la croisée des chemins entre la Grèce et Aphrodite, le Japon et Otohime, la fille du roi des mers et enfin les Pearly Queens londoniens, que le duo Livia Stoianova et Yassen Samouilov entraîne son public dans un monde tout droit sorti des fonds marins où les broderies de nacre et de perles sont une véritable immersion dans un luxe extrême.

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Tenues d’exception riment obligatoirement avec étoffes rares. C’est pourquoi, les créateurs ont décidé de partir au Japon durant plusieurs semaines, dans la région de Tango, afin de rencontrer les meilleurs tisseurs et faire réaliser des métrages sur mesure qu’ils ont mélangés aux dentelles d’André Laude et au Tulle Swisstulle.

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Si au premier abord, la collection est beaucoup plus accessible que les précédentes avec des robes plus facilement portables, les créateurs sculptent la silhouette d’une femme à l’attitude de déesse par des jeux de symétries et d’asymétries, de cols surdimensionnés en marqueterie de nacre, de tailles soulignées et rehaussées de basques aux dimensions extrêmes.

Parce qu’on a encore pas tout vu de la maison, qui cherche en permanence à surprendre son public !, le décor fait d’une immense coquille Saint-Jacques accueille en son centre non pas une Aphrodite mais un « Mister Perle » recouvert d’un collier XXL en cristaux et perles de Swarovski.

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La marque emblématique du glamour, Loris Azzaro, a profitée de cette semaine pour fêter son 50ème anniversaire en rendant hommage aux modèles iconiques de la maison. Des looks revisités par Bianca Brandolini et Eugénie Niarchos, dessinés par le studio maison et réalisés par les Ateliers historiques. Il en résulte une ode au style festif et sexy du créateur mythique des stars des seventies, remis au goût du jour avec un ADN 100% intact.

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L’art de la couture est indissociable de l’histoire du Liban et ce n’est pas Georges Chakra qui dira le contraire. Fidèle entre les fidèles, il a défilé comme à chaque à la Paris Fashion Week pour présenter ses dernières créations s’adressant à des jeunes femmes fraîches à l’humeur festive. On comprend mieux, à la lecture du dossier presse, l’inspiration du couturier issue de sa vie personnelle, puisque c’est en pensant au mariage de sa fille, l’été prochain, qu’il a imaginé ce cortège moderne, raffiné et glamour pour des jeunes clientes d’aujourd’hui souhaitant rester élégantes sans paraître overdress !

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Rami Kadi ne défile toujours pas à Paris, mais ses rendez-vous au Plazza sont devenus des incontournables. Si au premier abord, ses tenues sont classiques, en fait il n’en est rien. Ses broderies sont inspirées des monuments de Venise où il a séjourné et il s’amuse à les réinterpréter sous formes de broderies de paillettes, de raphia, de métal et de plastique. Le blanc, couleur synonyme des beaux jours, s’impose sur toutes les pièces et se pare de tons multicolores comme un feu d’artifice illuminant celles qui portent ces tenues délicates.

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Basé également à Beyrouth, Dany Atrache présente à Paris ses créations depuis 2004. Le blanc s’impose également et se pare de broderies de dentelles, de cristaux, de paillettes et de pierreries tout en délicatesse, apportant une note de romantisme extrême. Quelques couleurs fortes viennent rehausser la collection pour celles qui aiment être vues de loin !

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Tony Ward s’impose de saison en saison comme le couturier libanais montant, dont les stylistes de la presse mondiale s’arrachent les tenues lors de leur shooting. Le style oriental est là sans conteste, mais se mixe de différentes inspirations et de techniques couture qui donnent un plus à ses tenues et qui font de ses créations des pièces vraiment différentes de celles de ses compatriotes.

La femme est sexy, dominatrice, séductrice, élégante et raffinée. Elle ose tout avec Tony Ward sachant que son allure sera zéro défaut entre ses mains. Il sait sublimer son corps et rien n’est jamais assez beau pour la satisfaire.

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Pour sa seconde présentation parisienne, Ziad Nakad offre sa propre vision d’un jardin où papillons et fleurs sont les principaux symboles de son inspiration. Comme ses compatriotes, le soir est son crédo et il s’amuse à jouer entre tradition et modernité pour des robes au tomber impeccable.

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Basé à Dubai, le syrien Rami Al Ali est un spécialiste de la coupe. Il aime sculpter le corps de ses clientes afin de les sublimer dans des robes qui conjuguent les bases classiques à d’autres beaucoup plus modernes et ainsi imposer son style dans le domaine du soir qui, en couture, est celui de prédilection de toutes les maisons !

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Yanina Couture existe depuis 1993 et son âme slave insufflée par sa créatrice, Yulia Yanina rejointe aujourd’hui par sa fille Daria, a petit à petit conquis le cœur des peoples du monde entier, qui arborent ses tenues sur les tapis rouges. Devenu un rendez-vous biannuel, son défilé fait partie des incontournables. A chaque fois, la créatrice nous transporte dans un monde où le corps de la femme est au centre de la création avec lequel elle aime jouer à un cache-cache sexy, toujours raffiné.

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Yumi Katsura est l’un des noms les plus importants de la mode japonaise. Après plus de 50 ans de carrière, la créatrice de 85 ans continue à présenter à Paris ses collections toujours riches en couleurs et dont son pays reste invariablement son inspiration principale. Passionnée par le kimono, elle le réinvente au fil des saisons pour dépasser le kiru et le mono, littéralement « chose que l’on porte sur soi ». Elle fait son « sampling », redécoupe et reforme des rectangles de tissus pliés et cousus, mais jamais recoupés, pour le transformer en robe de jour ou en manteau à la touche orientaliste. Véritable ode aux savoir-faire japonais, cette collection parfaitement réalisée manque juste de modernité.

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De nouveaux noms ont fait leur apparition :

Né en Chine, Liu Chao a fait ses études au Studio Berçot. Il effectue ensuite ses classes chez Hermès et Céline et termine son cursus professionnel avec une spécialisation en broderie chez Maison Lesage, avant de fonder sa marque éponyme à Paris en 2016.

Sa volonté est de mixer l’art contemporain à la culture de rue dans des collections couture fabriquées dans des tissus sélectionnés par ses soins en France et en Italie et brodés dans les meilleurs ateliers Parisiens. Dans le respect de la tradition couture, chaque pièce a pour vocation de rester unique. Une ligne de prêt-à-porter est déjà disponible et est fabriquée en pièces limitées.

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La créatrice Celia Kritharioti fait partie des plus célèbres de Grèce. Elle y possède sa maison de couture au cœur de la Plaka au centre d’Athènes. Pour ses premiers pas parisiens, elle imagine des robes principalement à destination du soir dans lesquelles le travail de broderie est à son comble avec des applications de dentelles, de franges, de plumes et de fleurs dans des tons pastels, blanc et argent ponctués de noir.

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Déjà repérée à Paris lors de présentations en prêt-à-porter, Maria Aristidou a fait son entrée cette semaine avec sa collection « semi-couture ». Fière de ses racines grecques, elle s’inspire de la mythologie et plus précisément du labyrinthe réalisé par Daedalus et son fils Icare pour le roi de Minos de Crète à Knossos.

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Et enfin, la marque italienne Redemption connue jusqu’ici en prêt-à-porter a choisi Paris pour présenter sa première collection couture. Dans le respect de son ADN, les silhouettes restent rock, modernes et jeunes et jouent avec l’opulence aristocratique de Barry Lindon à la culture punk rock. Une collection parfaite pour des jeunes femmes qui aiment sortir dans les lieux à la mode du monde entier.

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Frédéric Blanc

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