Project Renaissance, quand l’upcycling devient désirable

By on 13/02/2020

Le monde de la mode a pris conscience que la surproduction de vêtements est source d’une extrême pollution, qu’il est urgent d’imaginer autre chose que des marques éthiques qui prônent l’utilisation de coton bio ou non, la culture de ce dernier étant une catastrophe écologique, à cause de son besoin en eau.

Pour celles et ceux qui souhaitent consommer différemment, sans pour autant se priver d’acheter de nouvelles pièces, deux solutions se présentes à eux : le marché de seconde main ou l’upcycling.

 

L’upcycling, qui consiste à faire du neuf avec du vieux est loin d’être une nouveauté, mais était jusqu’ici peu utilisé par les marques, la production en série étant impossible. De nombreuses marques essayent d’imaginer de nouveaux concepts autour de « pièces couture », mais hélas les résultats ne sont pas souvent à la hauteur !

Les meilleures réalisations sont généralement proposées par des maisons de luxe pour des modèles uniques ou en très petites séries. La semaine de haute couture a d’ailleurs créé la surprise avec les collections de Jean Paul Gaultier et de Tony Ward qui ont proposé des tenues issues de pièces d’archives retravaillées pour leur nouvelle collection Printemps-été 2020.

 

Parmi les dernières initiatives consacrées à l’upcycling, il est impossible de faire l’impasse sur celle de l’association Renaissance qui propose une nouvelle façon d’imaginer la mode tout en faisant du bien à la planète et en aidant l’être humain.

Renaissance est un projet porté par une association à but non lucratif. Il veut d’une part prouver que l’industrie du luxe peut, elle aussi, apporter sa contribution au développement durable, qu’il est possible de mettre fin au gaspillage et à la destruction des valeurs que représentent les vêtements oubliés dans les dressings.

D’autre part, il veut promouvoir la réinsertion par le savoir-faire et l’intelligence de la main. Le bureau de style interne fait travailler des ateliers de réinsertion sociale, qu’il contribue à former, en leur confiant la déconstruction et la reconstruction de pièces de vêtements de luxe qui ne sont plus portés. Il donne ainsi à des femmes et des hommes une seconde chance de trouver un métier.

En plus d’être soutenu par la Fédération de la Haute Couture et de la Mode ainsi que par le groupe Kering, Renaissance a eu la chance d’être épaulé par de nombreuses maisons de mode et de personnalités qui ont fourni des vêtements afin de réaliser une collection 100% responsable.

Une équipe d’une vingtaine de personnes (femmes et hommes issus de chantiers d’insertions, stagiaires d’écoles de mode et petites mains bénévoles du quartier de la cité Vercors à Villejuif) a travaillé durant cinq mois sous la direction artistique de Philippe Guilet. En véritable chef d’orchestre, le designer a choisi comme thème les chaînes. Les chaînes que l’on brise pour les utiliser sur les vêtements. Un réel symbole de liberté.

Renaissance_Projet_2020_©_Laurence_Laborie_1

Renaissance_Projet_2020_©_Laurence_Laborie_2

Renaissance_Projet_2020_©_Laurence_Laborie_3

Renaissance_Projet_2020_©_Laurence_Laborie_4

Renaissance_Projet_2020_©_Laurence_Laborie_5

Renaissance_Projet_2020_©_Laurence_Laborie_6

Le Premier opus du projet Renaissance a été dévoilé au public à l’Institut du Monde Arabe sous le haut patronage de Monsieur Jack Lang au lendemain de la semaine de la haute couture. Dans le prolongement des créations présentées par les grandes maisons, celles des couturiers et des couturières de Renaissance se sont placées à un niveau réellement élevé, faisant même oublier les origines des tissus. Alors qu’habituellement, les vêtements issus de l’upcyncling sont plutôt destinés à des tenues décontractées, Philippe Guilet a prouvé grâce au travail minutieux des ateliers, qu’il était possible d’imaginer des vêtements raffinés, bien coupés, en accord avec les tendances actuelles de la mode sans pour autant tomber dans la facilité du streetwear.

Projet_Renaissance_Atelier

Projet_RENAISSANCE_2020_Atelier

Renaissance_projet_defile_PE_2020_©_Adrian_Bulboaca

Renaissance_Projet_2020_Final_©_ Adrian_Bulboaca

Bravo au travail de l’association et aux ateliers qui prouvent qu’avec du talent, tout est possible. Pour celles et ceux qui souhaitent acquérir une pièce couture, rendez-vous sur le site Renaissance Project  afin de connaître la date et le lieu de la vente aux enchères des pièces issues de cette première édition.

La prochaine semaine de la haute couture parisienne de juillet accueillera un second défilé qui sera placé sous le signe de la parité. En totale adéquation avec l’air du temps, où les barrières homme/femme tombent, les petites mains travailleront sur des costumes d’hommes afin de les transformer en tenues féminines.

 

Frédéric Blanc

 

 

About Fred

One Comment

  1. Guilet

    14/02/2020 at 11:05

    Merci Fred pour cet excellent article, Philippe Guilet .

Leave a Reply

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *