La Paris Fashion Week Homme Automne-Hiver 2018-19

By on 20/02/2018

Janvier 2018, premier moment fort de l’année pour Paris et la Fédération de la Haute Couture et de la Mode, avec la Fashion Week Homme, qui présentent avec un an d’avance, les collections homme Automne-Hiver 2018-19.

 

Comme chaque saison, les grandes marques du prêt-à-porter fréquentent les nouveaux noms, permettant ainsi aux journalistes et aux acheteurs de découvrir un large panel de ce qui se fait de mieux en matière de création, pour répondre aux différentes demandes d’une clientèle masculine de plus en plus férue de mode.

Dans les incontournables de la semaine parisienne inscrits au calendrier officiel, on retrouve :

– le nouveau venu GmbH qui a présenté sa troisième collection au premier jour de la fashion week. Les créateurs, Benjamin Alexander Huseby et Serhat Isik, revisitent une nouvelle fois le vêtement de travail, style devenu propre à la marque, tout en introduisant une gamme plus variée de tailleurs en laine et cachemire, ainsi que des tricots, réalisés à partir de pull-overs norvégiens récupérés et transformés. On y retrouve également des pantalons imprimés en PVC, avec des formes abstraites d’éclairs ou de cuir récupéré et des cottes de mailles, en réaction face au climat politique actuel, ce que Huseby et Isik appellent le « Moyen-âge des temps modernes.

La collection fait indéniablement partie des plus intéressantes de la semaine par ses mélanges de styles très contemporains.

GMBH_PaP_Homme_AH_2018-19

 

Facetasm sait mélanger à merveille l’esprit japonais au style européen. Chaque saison Hiromichi Ochiai impose son style et place son label parmi les marques les plus influentes concernant l’évolution du prêt-à-porter. Après 10 ans d’existence à Tokyo, il a, en trois saisons, conquis Paris en devenant un incontournable de la Capitale.

La collection s’inspire des émotions de l’enfance qui sont enfouies, mais aussi de vêtements traditionnels mélangés à des pièces tout à fait contemporaines, où le streetwear mixe le classique au sport, dans des tissus issus de la Woolmark Compagny et des fabricants extrêmement qualifiés au Japon.Facetasm_PaP_Homme_AH_2018-19

 

Boris Bidjan Saberi reste inclassable avec son style personnel et son imaginaire, qui font que ses défilés ressemblent à des histoires dans lesquels le spectateur est immédiatement transporté. Cette saison, rendez-vous dans les milieux hostiles, que ce soit celui des soldats d’hiver ou des tribus primitives, il conçoit une nouvelle esthétique caractérisée par des pièces volumineuses. De gros pulls en laine épaisse entièrement faits à la main, ainsi que des pantalons et des combinaisons teintés eux aussi à la main deviennent des armures ; des couvertures militaires se transforment en vestes, des tentes de l’armée en manteaux et en jupes masculines. Comme à son habitude, le designer imagine des vêtements ayant pour mission de protéger le corps.

Cette saison est également l’occasion de présenter sa première collaboration avec Salomon pour une collection de snowboards, en édition limitée.

Boris_Didjan_Saberi_PaP_Homme_AH_2081-19_©_Dan Lecca

 

Cerruti 1881 se focalise sur la quête du confort, sans pour autant oublier l’élégance italienne qui caractérise la marque. Jason Basmajian, le directeur artistique de la marque, met en valeur l’équilibre parfait entre le classicisme, l’esprit militaire et le décontracté, afin d’imaginer la garde-robe des nouveaux dandys avec une silhouette pointue et longiligne, large aux épaules et cintrée à la taille. Les tons chauds sont à l’honneur avec le bordeaux, le crème, le kaki, le moutarde, le noir, dans des matières nobles comme le velours, le sherling, le cachemire, le jacquard de soie ou la laine technique.

Cerruti_1881_PaP_Homme_AH_2018-19

 

Thom Browne est devenu le rendez-vous incontournable de la Paris Fashion Week. Ses défilés spectacles réunissent tous les ingrédients indispensables pour des shows réussis sans jamais aller au détriment des collections. La grande salle, sous la verrière, des beaux-arts s’est transformée en forêt enneigée, issue d’un conte de Grimm, dans laquelle les mannequins ont présenté une collection outwear sportive prenant des allures couture. Même si l’homme emprunte des tenues ou des formes féminines, le talent du maître tailleur américain repositionne la masculinité au centre du vêtement.

THOM BROWNE FW18 PARIS MEN FASHION WEEK 20/01/2018

Thom_Browne_PaP_Homme_AH_2018-19

 

Andrea Crews est devenue le label streetwear le plus tendance des marques parisiennes inscrites au calendrier. Maroussia Rebecq fait partie des premières à avoir mélangé pour sa marque, les tenues de sport à celles de villes, ainsi que des pièces recyclées. La nouvelle collection rend hommage aux années 2000 en mélangeant les codes du luxe à celui de la rue.

Andrea_Crews_PaP_Homme_AH_18-19_©_samuelle_huede

 

Wooyoungmi joue avec la silhouette en retravaillant les volumes des épaules tout en allongeant les proportions. Le tailoring classique est twisté d’une touche de rock et de sportswear, pour une clientèle jeune, adepte des belles matières, du style, ne souhaitant pas ressembler à ses pères.

Wooyougmi_PaP_Homme_AH_2018-19

 

Lanvin, par Lucas Ossendrijver, est devenue la marque de référence de luxe de l’homme moderne. Le styliste a réussi à dépoussiérer le vestiaire masculin classique, en le mixant au workwear. Il travaille cette saison sur le costume, en faisant rencontrer modernité et tradition sartoriale. Les tissus anglais les plus classiques font naître une allure inédite, urbaine et hybride. Les proportions des vestes et des manteaux sont revisitées sans épaulettes, la taille marquée, le dos un peu large, les plis marqués au fer. Les pantalons qui les accompagnent sont coupés dans les mêmes tissus comme des treillis.

Les accessoires ont ici toutes leurs importances avec des baskets thermosoudées d’empiècement en reliefs, des badges d’identité en lézard transparent sont portés en bandoulière. Les sacs rappellent les étuis à cartes de géographie ou les «lunch box ». Les bijoux se superposent, comme des grigris, en raphia ou en paille brulée.

La collection est l’exemple même du style actuel à mi-chemin entre l’ultra chic et le décontracté, dans lequel l’accessoirisation a toute son importance.

Lanvin_PaP_Homme_AH_2018-19

 

Paul Smith démontre, de saison en saison, que la couleur est la meilleure amie de l’homme et que ce dernier peut tout oser, du moment que le style et la coupe sont bien présents. En maître tailleur confirmé, il fait évoluer son style en retravaillant sans cesse ses basiques, tout en les twistant avec des pièces issues du sport, du rock.

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Dunhill London pour son retour sur les podiums parisiens avec la seconde collection de Mark Weston, a proposé un sublime défilé dévoilant une garde-robe revisitant les fondamentaux de la maison tout en les dépoussiérant et en mettant le cuir au premier plan. Ici aussi, les lignes classiques sont repensées en extra large ou en extra small. Le vestiaire de l’homme d’affaires côtoie ici celui de la génération milléniale dans une parfaite harmonie.

Dunhill_PaP_Homme_AH_2018-19

 

Y/Project, depuis l’arrivée de Glenn Martens, est devenue la marque la plus pointue en matière de prêt-à-porter, permettant de faire évoluer le style masculin. Le designer continue de jouer sur la polyvalence et la versatilité du vêtement. Les pièces offrent de nombreuses possibilités de personnalisation qui célèbrent l’individualité. Le sportswear contraste avec les costumes élégants, tout comme les matières qui s’opposent pour mieux se marier.

Pour la première fois, des chaussures sont proposées au travers d’une collaboration avec UGG, en retravaillant la botte classique avec une touche Y/Project typique, comme les revers triples ainsi que les bottes oversizes extralongues.

YProject_Pap_Homme_AH_2018-19

 

En marge des défilés on a pu découvrir les premières collections masculines de :

Martin Grant, dont le nom, jusqu’à aujourd’hui, était synonyme d’élégance au féminin, utilise son style intemporel, ultra chic pour imaginer le dressing de l’homme. Les matières sont comme d’habitude, choisies avec beaucoup de soin et les coupes ajustées rendent hommage à la morphologie masculine. Si le crédo reste le classique, l’ensemble est tout à fait actuel pour des jeunes businessmen avides de mode.

Martin_Grant_PaP_Homme_AH_2018-19_©_Daniel_Roche

 

Louis Gabriel Nouchi fait partie de la génération montante des jeunes créateurs qui comptent. Diplômé de l’école des arts visuels de la Cambre, il commence sa carrière chez Vogue Paris puis chez Raf Simons. Il remporte en 2014 le prix Camper et le prix du Palais de Tokyo au Festival de Hyères, ce qui le conduit à imaginer une collection capsule pour les Galeries Lafayette, puis pour La Redoute et plus récemment pour le gantier Agnelle. Pour la première fois, le designer se lance sous son nom avec sa ligne LGB en proposant une ligne qui reprend tous les indispensables de l’homme en retravaillant les détails, imaginant des pièces transformables ou amovibles, dans des matières ultras luxueuses. Il est certain que cette première collection a tous les ingrédients pour séduire une clientèle à la recherche de pièces exceptionnelles à fortes personnalités.

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MAROSBARAN, artiste et créateur de mode slovaque, actuellement basé à Paris. Très loin de l’univers classique des défilés, ce dernier présente ses collections comme des projets hybrides entre performance-choc et vidéo-art. Pour présenter sa collection The Imperial Phase, il invite le visiteur dans un espace paradoxal, entre appartement privé, salle d’exposition, cinéma et atelier d’artiste dans lequel le créateur se met en scène durant 19 heures en changeant continuellement de tenue, toutes les heures, en commençant par le look 1 à 7h du matin le dimanche pour terminer par le passage 19 le lundi à 1h du matin.

 

Bien que conceptuelle, sa mode reste tout à fait portable, avec des pièces mixant le tailoring au sportswear tout en empruntant des formes et des matières au vestiaire féminin.

MAROSBARAN_THE_IMPERIAL_PHASE_AH_2018_19_PaP_Homme

 

Mais aussi, des présentations de marques plus installées comme celles de :

Lucien Pellat-Finet qui aime jouer avec les codes de la mode pour imaginer un prêt-à- porter de luxe ludique. Cette saison, il fait entrer en collision le style upper class avec le mouvement grunge. L’alliance des pièces fétiches de ces deux courants se retrouve avec des vestes à écussons, des chemises à carreaux, du velours côtelé, dans tailoring casual formant un vestiaire résolument moderne. Jamais oublié, le skull, signature de la maison, se pare d’accents british/punk avec le drapeau britannique, tout comme l’impression léopard qui dope la collection d’accents rock et s’impose sur la feuille de chanvre.

Lucien_Pellat-Finet_PaP_Homme_AH_2018-19

De plus, le créateur collabore avec le calligraphe et artiste Nicolas Ouchenir, qui réinvente la feuille de chanvre en imaginant une ode à l’amour écrite en rouge sur une série de t-shirts.

Lucien_Pellat-Finet_x_Nicolas_Ouchenir_capsule_AH_2018-19

 

Maison Kitsune privilégie le confort et la protection en mêlant astucieusement les matières techniques à d’autres plus naturelles. On y retrouve tous les indispensables du quotidien avec des coupe-vent en coton enduit, des parkas en flanelle technique déperlante avec capuche en faux sherling,….Le langage informatique s’invite sur le vêtement, décliné sur une étiquette apparente rappelant une fenêtre pop-up, ou sur un sweat en coton blanc. Les imprimés all-over, broderies et patchs déstructurés d’inspiration spatiale ponctuent les silhouettes. L’iconique renard de la Maison est repensé en un personnage animé pixellisé.

Maison_Kistune_PaP_Homme_AH_2018-19_©_Kevin_Buitrago

 

Éditions M.R, anciennement Melinda Gloss, sous la direction artistique de Mathieu de Ménonville et Rémi de Laquintane, fait partie du courant, qui a contribué à l’évolution du style du citadin. Si le nom a effectivement changé pour des raisons commerciales sur le marché américain, l’ADN reste encré. À destination d’une clientèle entre 25 et 30 ans au style pas trop formel, aimant les vêtements sans être fashion victime, mais qui privilégie les belles matières tout en possédant un vrai look.

Editions_MR_Homme_AH_2018-19_©_Olivier_Kervern

 

Hugo Costa fait partie des marques les plus influentes du Portugal. Entièrement fabriquées dans le pays, les pièces transportent le savoir-faire local des artisans à travers le monde dans une sélection pointue de magasins qui diffusent le nom. Adepte des happenings, le designer invite cette saison le visiteur à essayer ses pièces aux côtés des modèles qui se fondent dans la masse des visiteurs.

Toujours fidèle à son style à mi-chemin entre le classique et le sportswear, il s’intéresse au mouvement punk en le revisitant pour le transposer à nos jours, tout en le rendant portable pour tout à chacun. L’esprit révolutionnaire de ce courant se retrouve dans certaines formes ainsi que les couleurs fortes.

Hugo_Costa_PaP_Homme_AH_2018-19

 

Frédéric Blanc

 

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