Haute Couture Printemps-été 2021

By on 29/01/2021

Après deux jours de présentations digitales, la semaine de la haute couture parisienne continue de proposer les collections des couturiers français et étrangers, mais certains manquent à l’appel.

 

Il y a un an, Jean Paul Gaultier annonçait sa retraite lors d’un défilé événement. Cette décision s’est justifiée par un changement stratégique avec l’arrivée de créateurs invités proposant chaque saison leur vision de la marque. Alors qu’une première collaboration avec Sacai avait été annoncée pour l’automne-hiver 2020-21, Jean Paul Gaultier avait préféré décaler la présentation, le format digital ne lui correspondant pas. Toujours pas convaincu cette saison, le couturier décide à nouveau de reporter cette présentation à des jours meilleurs.

Elie Saab, Zuhair Murad et Georges Hobeika ont préféré annuler leurs présentations cette saison, les derniers événements à Beyrouth n’étant pas propices à la création d’une collection couture.

Balenciaga qui avait annoncé son retour en haute couture a également préféré différer son arrivée à la saison prochaine.

Pour ce troisième jour, on retrouve :

Franck Sorbier, qui imagine un huis clos où les œuvres de Catherine Wilkening côtoient ses pièces uniques, dans un esprit intimiste donnant la part belle à un esprit lingerie. L’ADN du couturier se retrouve dans les textures compressées, les drapés, les organzas, les raphias, les dentelles et les broderies. Si la féminité est au centre de la création, le féminin/masculin n’est pas en reste avec une tenue d’atelier d’artiste rappelant le look de Franck.

Franck_Sorbier_Magie_Blanche_©_Amaury_Voslion_Franck_Sorbier_Haute_Couture_PE_2021

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Fendi, avec le défilé le plus attendu de la semaine. Depuis la nomination de Kim Jones à la direction artistique, la maison de couture et de haute fourrure est sur toutes les lèvres des fashion addicts. Après avoir révolutionné Dior Homme, le designer s’offre le nouveau pari de faire de Fendi la marque incontournable de la mode féminine.

Pour ce premier show, la maison a investi le Palais Brogniart pour imaginer un labyrinthe de verre dans lequel un casting de rêve, mené par Demi Moore, à envahi les lieux.

Côté mode, le designer de génie s’est plongé dans les archives maison, mais également dans le style italien, prouvant ainsi son adaptabilité à la maison pour lequel il travaille. Il en résulte une collection très luxueuse aux accents italiens, rappelant très souvent le style graphique de Giorgio Armani, dans la forme et dans les coupes. La rigidité et le port altier sont de mise dans ses tenues longilignes imposant un port altier.

Ce porté très britannique, s’explique par l’attrait de Kim Jones pour le Bloomsbury Group à qui il a souhaité rendre hommage. Ayant passé son enfance dans le coeur du Sussex, à deux pas du cottage de Virginia Woolf, il voue un passion profonde pour le Bloomsburry, ce groupe fondé par l’écrivaine et sa soeur Vanssa Bell, réunissant la fine fleur des artistes et intellectuels du romantisme anglais du début XIXe siècle.

Très présents sur les looks, les bijoux imposants sont créés par Delfina Delettrez Fendi, fille de Silvia Fendi.

Kim Jones signe avec ce premier opus un avenir prometteur pour la maison.

FENDI_Haute_COUTURE_SS_2021

Fendi_Haute_Couture_Printemps-ete_2021

 

Viktor&Rolf imagine « Couture Rave », un spectacle imaginaire inspiré par les fêtes passées et celles à venir. En attendant cet avenir festif, le duo propose une évasion féérique le temps de leur show. Pour affirmer leur statut de couturiers expérimentaux, ils s’amusent à prendre les codes de la couture pour mieux les détourner avec le principe de la récupération. En effet, comme lors des collections précédentes, l’upcycling est à l’honneur avec l’utilisation de documents d’archives, de minuscules pièces de dentelles, de jacquards anciens, des fragments de robes vintage issues de leurs collections ou de celles chinées, ainsi que des sweatshirts. Ainsi, il propose le luxe extrême fait à partir de récupération. Pour illustrer ce principe, les looks sont étudiés de façon à imaginer un groupe de jeunes filles s’étant habillées à la hâte en piochant dans une pile de vieux vêtements.

Suite au succès de la collaboration avec le chausseur brésilien Melissa, Viktor&Rolf renouvelle l’expérience en faisant défiler sa nouvelle collection de chaussures en plastique recyclé, façon bonbon lumineux.

Viktor&Rolf nous délivre un message d’espoir pour l’avenir.

Viktor&Rolf_Haute_Couture_P_2021

Viktor&Rolf_Haute_Couture_SS_2021

 

Très attendue également l’arrivée de Charles de Vilmorin au calendrier officiel. Découvert, il y a quelques mois, avec une première collection mixte, ultra colorée aux formes exagérées, il réussit le pari de s’imposer dans la cour des grands grâce au parrainage de Jean Paul Gaultier. Son esthétique, onirique et enfantine, rappelle l’univers ultra coloré de Nicky de Saint Phalle mélangé à celui des costumes de clowns.

Charles-de-Vilmorin_Couture_SS_2021

 

En marge du calendrier on retrouve :

Yanina Couture qui puise son inspiration auprès des traditions culturelles slaves. Les codes du costume russe, ses ornements, ses couleurs, ses formes sont retravaillés pour imaginer des tenues ultras féminines dans lesquelles le corps apparaît par des jeux de coupes et de transparences.

Yanina_Couture_PE_2021

Yanina_Couture_SS_2021

 

Didit Hediprasetyo utilise l’artisanat de son Indonésie natale pour la création de ses vêtements. Toujours très contemporaines, ses collections sont faites pour des femmes bien dans leur époque et qui vivent en couture au quotidien. Les pièces sont faites pour être portées et non pas uniquement pour parader.

Cette saison, le dandysme des années 60/70 impose une silhouette androgyne au travers de costumes, d’ensembles ou de robes aux lignes rigides. La féminité est apportée par des roses poudrés et des drapés contrastants.

Didit_HEDIPRASETYO_couture_PE-2021

Didit_HEDIPRASETYO_Couture_PE_2021

 

De son côté, le couturier libanais Ziad Nakad a préféré quitter Beyrouth, meurtrie par les derniers événements pour poser sa collection au Château de Vaux-le-Vicomte. Baptisée Love Birds of love, cette dernière propose des pièces typiques de la couture libanaise dans lesquelles la transparence, l’impression de légèreté, les plumes, les cristaux et les paillettes se mêlent à la soie et à la dentelle.

ZIAD_NAKAD_couture_printemps_ete_2021_©_Greg_Alexander_©_Mephistopheles-Productions

ZIAD_NAKAD_couture_PE_2021_©_Greg_Alexander_©_Mephistopheles-Productions

À suivre

Frédéric Blanc

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