L’Association Azzedine Alaïa Présente L’Alchimie Secrète d’une collection

By on 21/08/2018

Depuis la disparition du couturier le 18 novembre 2017, l’Association Azzedine Alaïa, au travers de sa fondation, met en évidence par l’intermédiaire d’expositions, les œuvres d’art et ses collections personnelles de prêt-à-porter et de haute couture, retraçant son parcours.

 

Après l’exposition « Je suis couturier », la galerie Alaïa accueille « L’Alchimie secrète d’une collection » rendant hommage à la marquise de Pompadour avec 41 pièces choisies par le commissaire d’exposition, Olivier Saillard, dans la collection printemps-été 1992.

Cette collection est la première présentée dans les locaux, du 18 rue de la Verrerie, acquis en 1991 par Azzedine Alaïa et Christoph von Weyhe. Au cours des travaux sont mises au jour de grandes cartes géographiques de régions lointaines, peintes à même le plâtre, vestiges d’une époque où le bâtiment accueillait les cantines du magasin du Bazar de l’Hôtel de Ville. Conduit par son infatigable curiosité, il découvre que Jeanne-Antoinette Poisson, qui deviendra la Marquise de Pompadour, favorite de Louis XV, avait reçu dans ces lieux les bases de son éducation sociale et de ce que l’on appelait alors les arts d’agréments. Cet apprentissage permettra à la jeune femme d’entrer à la cour, bien qu’elle ne soit pas issue de l’aristocratie, pour y exercer, grâce à son éducation et sa beauté, une influence sans comparaison dans l’histoire des arts.

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Azzedine Alaïa connaissait la réputation de la Marquise de Pompadour dès son enfance. Elle était pour lui une des grandes figures de l’histoire, la beauté d’une élégance assumée. Il ne put s’empêcher de voir dans cette coïncidence des lieux la confirmation de sa propre vocation de couturier, passionné des arts et de culture française. Toute sa vie, il fut fasciné par le destin hors du commun d’une femme aux origines modestes. Elle était pour lui un incessant sujet d’inspiration et d’admiration. Impossible d’imaginer un autre thème que celui de la Marquise de Pompadour pour cette première collection dans ses nouveaux locaux. Ce défilé fut l’une des collections les plus riches jamais créées avec 115 passages. Sous des jupes longues et étroites, les broderies anglaises bordent les ourlets, soulignent les revers d’une veste et les coupes rigoureuses, elles ourlent les jupes courtes ainsi que les balconnets pigeonnants. Mais c’est dans le cuir qu’il donne l’interprétation la plus étonnante de sa vision de la grande mode du XVIIIe siècle. Perforée, dentelée, la matière brute devient dentelle et forme des bustiers, des ceintures ou des corsets qui soulignent les tailles. Sur les robes en maille, il pose des motifs d’entrelacs là où s’arrête le regard, ou des rubans en trompe-l’œil ornés d’un « mon cœur est à papa », un tatouage doux pour des robes aux décolletés audacieux.

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Cette collection est l’une des plus emblématiques de son œuvre dans laquelle son style indépendant et volontaire est à l’image de celle qu’il appelait avec émotion et respect « La Pompadour ». Celle qui n’a jamais quitté les lieux de la rue de la Verrerie et de Moussy, qui incarnait au plus haut degré la liberté et le pouvoir des femmes.

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Exposition : « L’Alchimie secrète d’une collection » collection Azzedine Alaïa, printemps-été 1992 du 2 juillet 2018 au 6 janvier 2019

Galerie Alaïa : 18 rue de la Verrerie, Paris 4

Tous les jours de 11h à 19h.

Frédéric Blanc / photos : Olesya Okuneva

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