Vinted : quand la seconde main s’invite dans le dressing des stars

By on 03/11/2026

Longtemps associée aux bonnes affaires entre particuliers, la seconde main change progressivement de dimension. Désormais, elle attire aussi les personnalités internationales, leurs stylistes et les acteurs de l’industrie de la mode. Dernier exemple en date : Charli XCX, qui a choisi Vinted pour composer plusieurs silhouettes de sa tournée Music, Fashion, Film. Une initiative qui illustre autant l’évolution des habitudes vestimentaires que l’intérêt grandissant des célébrités pour une mode qui se raconte autrement.

 

Quand les stars se mettent à chiner

Pour ses tenues de scène, Charli XCX, accompagnée de son styliste Chris Horan, a déniché sur Vinted des vêtements vintage et des pièces de seconde main auprès de vendeurs particuliers. Une démarche qui s’inscrit, selon l’artiste, dans son goût pour les vêtements anciens, les pièces iconiques et les associations inattendues.

Parmi leurs trouvailles figurent notamment une création Christian Audigier du début des années 2000, transformée en robe pour le festival Austin City Limits, un chemisier transparent acheté auprès d’une vendeuse new-yorkaise et une robe noire Roberto Cavalli portée lors d’une soirée à Los Angeles, puis sur scène à Las Vegas. Autant de vêtements qui, après une première vie, retrouvent une nouvelle visibilité sous les projecteurs.

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Le principe ne s’arrête pas à la scène. À partir du 16 novembre, une sélection de pièces issues du dressing personnel de Charli XCX, de sa garde-robe de tournée et de trouvailles réalisées par son styliste sera proposée sur Vinted au Royaume-Uni, aux États-Unis et en Australie. Les recettes seront reversées à Rainbow Railroad, une association internationale qui aide les personnes LGBTQI+ victimes de persécutions à trouver refuge en lieu sûr.

 

Une démarche personnelle ou une nouvelle stratégie de communication ?

L’arrivée des célébrités sur les plateformes de seconde main pose une question intéressante. Lorsqu’une artiste internationale choisit de porter des vêtements chinés auprès de particuliers, s’agit-il avant tout d’une conviction personnelle, d’une sensibilité esthétique ou d’une opération de communication particulièrement bien orchestrée ?

Il serait sans doute réducteur d’opposer ces différentes motivations. Le goût pour le vintage et les vêtements de seconde main peut être parfaitement sincère tout en devenant le support d’une stratégie de visibilité. Dans le cas de Charli XCX, le recours à Vinted rejoint en tout cas un discours cohérent avec son approche du style : mélanger les époques, détourner les pièces et privilégier des associations qui échappent aux codes habituels du vestiaire de scène.

La collaboration permet également à la plateforme de mettre en lumière ce qui fait sa singularité : la possibilité de découvrir une pièce inattendue, de lui offrir une nouvelle histoire et de lui donner une visibilité qu’elle n’aurait peut-être jamais connue autrement. Lorsqu’un vêtement passe d’une garde-robe ordinaire à celle d’une pop star, la seconde main gagne soudain une dimension culturelle et désirable.

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Reste que la présence d’une célébrité ne suffit pas, à elle seule, à démontrer la portée écologique d’une démarche. L’intérêt de la seconde main repose notamment sur la prolongation de la durée de vie des vêtements et sur leur réutilisation. Le véritable enjeu est donc de savoir si ces initiatives contribuent à installer durablement de nouvelles habitudes ou si elles restent ponctuelles, liées à un événement et à sa médiatisation.

 

Du dressing des particuliers à celui des personnalités

Avec cette opération, Vinted ne se contente pas de montrer les vêtements portés par Charli XCX. La plateforme met en scène un véritable parcours : des pièces sont découvertes dans les annonces de particuliers, sélectionnées par un styliste, portées sur scène, puis proposées à de nouveaux propriétaires. Le vêtement circule, change de contexte et acquiert une histoire supplémentaire.

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Cette mise en récit constitue l’un des aspects les plus intéressants du phénomène. Elle rappelle que la valeur d’un vêtement ne dépend pas uniquement de son prix ou de son étiquette, mais aussi de la manière dont il est choisi, porté et réinterprété.

Pour Fashion-Spider, cette évolution mérite d’être observée avec intérêt. La seconde main n’est plus seulement une alternative économique à l’achat neuf : elle devient un espace de recherche stylistique, une source d’inspiration pour les professionnels et un nouveau territoire d’expression pour les personnalités publiques.

La question n’est finalement peut-être pas de savoir si la démarche d’une star est entièrement spontanée ou parfaitement orchestrée. Dans une industrie où l’image et la communication sont indissociables, les deux peuvent coexister. Le plus intéressant reste ce que cette visibilité peut apporter à la seconde main : faire évoluer le regard sur les vêtements déjà portés et rappeler qu’une pièce de mode n’a pas nécessairement dit son dernier mot après un premier propriétaire.

 

Frédéric Blanc

About Fred

Frédéric Blanc, styliste photo, attaché de presse et fashion éditor de Fashion-spider, le magazine spécialisé mode et beauté, fait partie des figures incontournables de Paris.

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