Haute Couture automne-hiver 2026-2027 : entre rêve, prouesse technique et retour au vêtement

By on 24/07/2026

Comme précédemment évoqué, la Haute Couture mise de plus en plus sur le spectaculaire. Les volumes et les transformations corporelles sont devenus le credo de nombreux couturiers pour imaginer des créations qui semblent parfois davantage destinées aux musées ou aux tapis rouges qu’à de véritables clientes recherchant des pièces d’exception, remarquables mais également portables.

Comme toujours, cette tendance au show off est contrebalancée par des Maisons qui prennent le contrepied en proposant des silhouettes plus accessibles, réalisées dans le respect du savoir-faire couture et de l’ADN de chacune.

 

Elie Saab ou l’art d’habiller les nuits

Comme à son habitude, Elie Saab consacre sa nouvelle collection à la nuit et à sa magie, cet instant où tout devient possible et où les tenues les plus extraordinaires peuvent enfin révéler toute leur splendeur.

Baptisée « The Ball of Untamed Dreams », la collection imagine le vestiaire luxueux d’un bal masqué où les rêves deviennent réalité et où chaque invité peut affirmer sa véritable personnalité. Dans cet univers fantastique, les femmes apparaissent accompagnées de chevaliers servants à l’élégance masculine parfaite, grâce à des coupes couture impeccables et des détails de broderies d’une grande subtilité.

Chez Elie Saab, la couture existe avant tout pour transformer le quotidien en un moment d’exception. Le créateur assume pleinement cette fonction première de la haute couture : faire rêver, sublimer la silhouette et offrir une vision où la beauté devient un véritable spectacle. À l’heure où certains couturiers cherchent à déconstruire les codes du vêtement ou à repousser ses limites techniques, Elie Saab rappelle que la couture peut aussi trouver sa force dans la célébration du glamour, de l’émotion et du plaisir immédiat de la beauté.

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Franck Sorbier : le voyage comme manifeste d’élégance

Dans le cadre feutré de l’Hôtel Regina, dont l’histoire est intimement liée aux voyageurs et aux grandes figures de la Belle Époque, Franck Sorbier fait renaître l’esprit libre des femmes avant-gardistes du début du XXe siècle. Aristocrates rebelles, écrivaines, poétesses, meneuses de revue, tragédiennes, espionnes ou danseuses, elles faisaient de leurs escales parisiennes un véritable art de vivre.

À une époque où le voyage était autant une aventure qu’un symbole de distinction, l’élégance ne souffrait d’aucun compromis. Ces exploratrices modernes revenaient de leurs périples enrichies de découvertes, mais aussi de trésors glanés aux quatre coins du monde : soieries précieuses, bijoux, broderies et artisanats lointains venaient enrichir leur vestiaire.

En mêlant ces influences venues d’Orient, d’Asie ou d’Afrique aux codes de la mode occidentale, elles ont participé à faire émerger un nouveau langage vestimentaire, annonçant l’émancipation de la silhouette féminine et certains fondements de la mode contemporaine.

Plus qu’un simple hommage à une époque révolue, Franck Sorbier célèbre une vision de la couture où le voyage nourrit la création, où les cultures dialoguent et où l’élégance se construit au fil des rencontres. Une approche profondément humaniste qui rappelle que la haute couture a toujours été un formidable espace d’échanges, d’influences et de transmission.

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Imane Ayissi, quand l’artisanat africain rencontre la couture française

Depuis la création de sa Maison, Imane Ayissi ne cesse de créer un dialogue entre les savoir-faire de son continent d’origine et l’exigence de la couture française. À travers ses collections, le couturier camerounais imagine une mode sans frontières où les cultures se rencontrent pour donner naissance à une vision singulière de l’élégance.

Dans cette union entre héritage africain et savoir-faire parisien, Imane Ayissi dessine le vestiaire d’une femme libre, indépendante et ouverte sur le monde. Une femme qui assume les couleurs, les imprimés et les matières fortes avec naturel, sans jamais chercher à se conformer aux conventions. Sa couture célèbre une féminité affirmée, où la personnalité de celle qui porte le vêtement reste toujours au centre de la création.

Cette approche se retrouve dans son travail exceptionnel sur les matières. Imane Ayissi valorise des textiles et des techniques artisanales africaines, notamment les fibres naturelles, les tissages traditionnels et les savoir-faire liés à la teinture, qu’il transpose dans le langage exigeant de la couture française. Loin d’être de simples références culturelles, ces matériaux deviennent une véritable source de recherche créative permettant d’explorer de nouvelles textures, de nouveaux volumes et une autre manière d’appréhender le vêtement.

À travers cette démarche, le créateur contribue à élargir la vision de la haute couture en faisant dialoguer des patrimoines artisanaux différents. Chez lui, le luxe ne se définit pas uniquement par la rareté d’une matière ou la virtuosité d’un atelier, mais aussi par l’histoire, la transmission et les mains qui donnent vie à chaque création.

Avec Imane Ayissi, la couture devient ainsi un espace de rencontre entre plusieurs continents, entre mémoire et modernité, où les savoir-faire africains participent pleinement au renouvellement de la création contemporaine.

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Peet Dullaert, une couture pour les femmes et les hommes d’aujourd’hui

Invité au calendrier officiel de la Haute Couture parisienne depuis janvier 2024, Peet Dullaert s’est rapidement imposé comme l’une des figures montantes de la couture contemporaine. Saison après saison, le créateur néerlandais confirme sa place parmi les Maisons invitées de la Fédération de la Haute Couture et de la Mode grâce à une approche où innovation textile, savoir-faire artisanal et élégance sculpturale se rencontrent pour imaginer le vestiaire des femmes et des hommes d’aujourd’hui.

Loin des stéréotypes habituellement associés à la haute couture, il propose des silhouettes sophistiquées mais pensées pour être portées, aussi bien au quotidien que lors d’occasions particulières, sans jamais tomber dans l’excès.

Pour cette nouvelle collection, Peet Dullaert puise son inspiration dans les célèbres portraits de Marten Soolmans et Oopjen Coppit, réalisés par Rembrandt van Rijn. Plutôt que d’en reproduire les costumes historiques, le créateur en transpose les principes dans un langage résolument contemporain.

Les savoir-faire traditionnels de la haute couture dialoguent ainsi avec des constructions en maille et des textiles techniques extensibles, symboles de l’innovation de notre époque. Une vision qui démontre que le patrimoine ne se perpétue pas par la reproduction du passé, mais par sa réinterprétation, afin de créer une couture en phase avec les modes de vie actuels.

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Zuhair Murad, une vision intemporelle du glamour couture

Fidèle à son univers fait de glamour, de broderies précieuses et de silhouettes sculpturales, Zuhair Murad continue saison après saison de célébrer une vision féérique de la haute couture. Pour sa collection automne-hiver 2026-2027, le créateur libanais imagine une femme mystérieuse et puissante, parée de fleurs, de transparences, de plumes et de jeux de lumière. Une nouvelle démonstration de l’excellence de ses ateliers et de sa maîtrise incomparable de l’ornement.

Chez Zuhair Murad, la couture reste avant tout une célébration du rêve. Ses robes spectaculaires, immédiatement reconnaissables, continuent de séduire par leur générosité, leur sophistication et leur capacité à transformer chaque apparition en un moment d’exception. Cette vision du glamour, devenue l’une des signatures les plus fortes de la couture contemporaine, témoigne d’une identité parfaitement maîtrisée.

Cette collection est ainsi un véritable concentré de l’ADN Zuhair Murad : une couture somptueuse, raffinée et fidèle à l’image que l’on associe à la Maison. Et si l’on est toujours heureux de retrouver cette beauté spectaculaire, l’immense talent du créateur laisse naturellement espérer encore davantage de surprises et de nouvelles explorations.

Car le véritable défi d’un grand créateur n’est pas seulement de préserver ce qui fait sa signature, mais aussi de continuer à ouvrir de nouveaux horizons. Si la nature, les fleurs, les jardins imaginaires et les ornements romantiques sont depuis toujours des sources d’inspiration privilégiées de la haute couture, ils ne constituent pourtant qu’une vision parmi d’autres de la féminité. Pourquoi continuer à associer presque systématiquement la femme au floral, au délicat et au précieux, alors que son image contemporaine est infiniment plus multiple ?

Avec un talent et une maîtrise artisanale aussi exceptionnels, Zuhair Murad possède toutes les capacités pour explorer d’autres territoires créatifs, imaginer de nouveaux récits et surprendre par des inspirations moins attendues. Car la plus grande force d’une Maison de couture réside peut-être dans cette capacité rare à conserver son identité tout en ouvrant le regard vers des paysages inconnus.

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Rami Al Ali, l’architecture couture pour sublimer le corps

Invité au calendrier officiel de la Haute Couture parisienne depuis juillet 2025, Rami Al Ali est entré dans l’histoire en devenant le premier créateur syrien à rejoindre le programme officiel de la Fédération de la Haute Couture et de la Mode. Une reconnaissance qui récompense plus d’une décennie de présentations couture à Paris et un savoir-faire salué pour son raffinement et son exigence artisanale.

Alors que certains créateurs utilisent aujourd’hui l’architecture du vêtement et les volumes spectaculaires pour transformer la perception du corps, Rami Al Ali adopte une approche différente. Chez lui, la structure ne cherche jamais à imposer une nouvelle silhouette, mais à la sublimer. Les volumes, les drapés et les constructions sculpturales deviennent ainsi des moyens de révéler la féminité et d’accompagner naturellement les formes.

Baptisée « Threads of Light: A New Dawn », sa collection automne-hiver 2026-2027 explore les liens qui ont façonné le paysage culturel du monde arabe depuis des siècles. Du Golfe à la Syrie, le créateur évoque un héritage commun nourri par l’artisanat, l’architecture, les échanges commerciaux, les mouvements migratoires, la poésie et la musique.

Sans reproduire les codes du passé, Rami Al Ali les transpose dans un langage contemporain à travers un travail précis de la matière : broderies délicates, jeux de transparence, drapés fluides et volumes maîtrisés composent des silhouettes où la richesse artisanale dialogue avec la modernité.

Une vision de la couture où le vêtement devient une architecture en mouvement, pensée avant tout pour magnifier celle qui le porte.

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Yuima Nakazato: une autre image de la couture

Depuis longtemps, la Fédération de la Haute Couture et de la Mode a compris que la couture parisienne ne pouvait exister sans ouverture sur le monde. En accueillant des créateurs venus d’horizons différents, elle permet d’exprimer la diversité des visions contemporaines de la haute couture.

Lors de son arrivée au calendrier officiel en 2016, Yuima Nakazato, deuxième créateur japonais invité à rejoindre ce programme après Hanae Mori, a surpris par une approche avant-gardiste, davantage tournée vers l’expérimentation artistique, la recherche textile et l’innovation technique que vers les codes traditionnels du luxe.

Saison après saison, il a pourtant démontré qu’il était un véritable couturier, capable de proposer un vestiaire singulier où la poésie, l’artisanat et la réflexion sur le futur de la mode occupent une place centrale.

Pour sa nouvelle collection, baptisée « Sea of Fire INFERNO », Yuima Nakazato poursuit sa réflexion sur la transformation et la dualité. Inspiré par les paysages volcaniques et les océans de l’île de Tenerife, le créateur japonais explore la rencontre entre deux forces opposées : l’eau et le feu, la fragilité et la résistance, l’apparence et la matière.

Cette réflexion se traduit par des silhouettes en constante évolution, à l’image des cinq créations inspirées du kimono japonais, capables de révéler une nouvelle identité selon leur transformation chromatique, passant du bleu profond de l’océan au rouge incandescent du feu.

Le créateur revisite également son emblématique « Fragile Armor », une armure réalisée en céramique qui questionne la notion de protection en associant force symbolique et vulnérabilité.

Fidèle à son approche expérimentale, Yuima Nakazato poursuit également ses recherches autour d’une couture plus responsable. À travers sa collaboration avec Epson et sa technologie Dry Fiber Technology, il transforme des vêtements usagés en nouveaux matériaux, tandis que l’impression textile numérique permet de réduire l’utilisation d’eau et d’énergie.

Dix ans après son arrivée au calendrier officiel de la Haute Couture parisienne, le créateur continue ainsi de défendre une vision où la couture devient un laboratoire réunissant artisanat, technologie, art contemporain et conscience environnementale.

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Chanel et Dior, deux visions de la couture contemporaine face aux attentes du public

Enfin, impossible de faire l’impasse sur les deux grandes Maisons françaises de haute couture, Chanel et Dior, qui depuis l’arrivée de Matthieu Blazy pour la première et de Jonathan Anderson pour la seconde ne cessent d’alimenter les conversations sur le bien-fondé de ces deux nominations.

Deux créateurs aux parcours reconnus, mais qui abordent la couture avec des visions très différentes : l’un par la recherche extrême sur la matière et les savoir-faire, l’autre par l’expérimentation des formes et la transformation du vêtement. Deux approches qui interrogent une question essentielle pour la haute couture actuelle : jusqu’où la technique peut-elle repousser les limites du vêtement sans perdre son pouvoir d’émotion et de désir ?

Matthieu Blazy, la recherche de la matière face au défi du style

Avec son arrivée chez Chanel, Matthieu Blazy ouvre un nouveau chapitre pour la Maison en plaçant la recherche sur la matière et les savoir-faire au cœur de sa vision de la couture. Plus qu’un simple exercice de style, la création devient un laboratoire où techniques artisanales, innovation et expérimentation se rencontrent afin de repousser les limites du vêtement.

Fidèle à une démarche développée chez Bottega Veneta, le créateur s’intéresse à la transformation des matériaux et à leur capacité à créer des illusions. Une matière peut sembler familière au premier regard avant de révéler une construction complexe, un travail artisanal exceptionnel ou une technique inattendue. Cette approche témoigne d’une réflexion profonde sur la notion de luxe, où la valeur réside autant dans le temps consacré à la réalisation que dans l’idée qui accompagne chaque création.

Cependant, cette quête permanente de recherche et de détails, souvent perceptibles uniquement par celle qui possède et porte la pièce, pose également la question de l’équilibre entre innovation et désir. À force de privilégier l’expérimentation textile et la prouesse technique, certaines silhouettes semblent parfois perdre en immédiateté et en force stylistique. Au premier regard, elles peuvent davantage évoquer un vestiaire de prêt-à-porter haut de gamme qu’un univers couture où l’émotion et le rêve doivent immédiatement s’imposer.

Car la couture repose bien évidemment sur l’exception du savoir-faire, mais elle doit également créer une émotion instantanée, une silhouette identifiable et une part de magie. Chez Matthieu Blazy, l’enjeu sera donc de parvenir à faire dialoguer cette extraordinaire recherche sur la matière avec une écriture stylistique plus affirmée, afin que la technique ne devienne jamais une finalité, mais reste toujours au service de la beauté du vêtement.

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Jonathan Anderson, quand la prouesse technique questionne le corps de la femme

Pour sa deuxième collection Haute Couture chez Dior, Jonathan Anderson a choisi de placer le savoir-faire des ateliers au cœur de sa réflexion. Inspiré par le travail de la sculptrice américaine Lynda Benglis, dont les œuvres explorent la transformation de la matière en formes organiques et sculpturales, le créateur britannique transpose cette approche dans le langage de la couture à travers des volumes complexes, des jeux de plis et des constructions qui semblent défier les règles traditionnelles du vêtement.

Cette fascination pour l’expérimentation n’est pas nouvelle chez Jonathan Anderson. Durant ses années à la direction artistique de Loewe, il a fait de la recherche sur les matières, les textures et les formes l’une des signatures de la Maison espagnole, transformant les ateliers en un véritable laboratoire créatif. Chez Dior, cette démarche trouve un nouveau terrain d’expression grâce aux extraordinaires savoir-faire des ateliers de la Maison, capables de donner vie aux constructions les plus ambitieuses.

À travers cette collection, Jonathan Anderson démontre une nouvelle fois son incroyable capacité à repousser les limites techniques du vêtement. Plissés travaillés comme des sculptures, drapés transformés en volumes architecturaux et matières détournées témoignent d’une maîtrise exceptionnelle de la construction couture.

Mais derrière l’excellence des ateliers et la sophistication des techniques mises en œuvre, une évidence demeure : la couture ne doit pas seulement impressionner, elle doit aussi être belle. Or, certaines propositions semblent davantage relever de l’expérimentation artistique que de la création d’un vêtement destiné à révéler la femme. Les silhouettes, parfois dominées par la recherche formelle, paraissent alors éloignées de cette fonction essentielle de la haute couture : accompagner le corps, créer une allure et susciter une émotion immédiate.

Cette collection pose ainsi une question centrale pour la couture contemporaine : jusqu’où la recherche et la prouesse technique peuvent-elles aller sans perdre le lien avec le désir de vêtement ? Car si l’innovation nourrit l’évolution de la mode, elle ne peut jamais totalement remplacer ce qui fait la force d’une grande création couture : une vision stylistique forte, une harmonie de silhouette et cette capacité rare à faire rêver.

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Fendi, Maria Grazia Chiuri célèbre l’âme romaine de la Maison pour sa première Haute Couture

Moment particulièrement attendu pour Maria Grazia Chiuri qui, depuis octobre 2025, a pris la direction artistique de Fendi. Pour sa première collection Haute Couture, la créatrice italienne choisit de revenir aux origines de la Maison en présentant sa vision depuis Rome, ville intimement liée à l’histoire de Fendi depuis sa création en 1925.

Un choix symbolique pour une créatrice qui, tout au long de sa carrière, a toujours considéré les archives et le patrimoine des Maisons comme une matière première essentielle de son processus créatif.

Cette première collection devient naturellement un dialogue avec l’héritage de Karl Lagerfeld, qui durant plus d’un demi-siècle a façonné l’identité de Fendi et contribué à faire de la Maison romaine l’un des grands noms du luxe international. Plutôt que de chercher à reproduire son vocabulaire stylistique, Maria Grazia Chiuri préfère en retrouver l’esprit : une couture fondée sur l’excellence des ateliers, la richesse des matières et une élégance qui traverse les époques.

Fidèle à l’approche qu’elle avait développée durant près de neuf ans chez Dior, la créatrice imagine une couture loin des effets spectaculaires et des démonstrations de virtuosité. Elle privilégie la précision des coupes, la beauté des matières et la sophistication des détails pour construire un vestiaire pensé avant tout pour la femme qui le porte.

Une vision où le vêtement ne cherche pas à dominer la silhouette, mais à l’accompagner avec naturel et élégance.

Avec cette première collection Haute Couture pour Fendi, Maria Grazia Chiuri ne cherche donc pas à effacer l’héritage de la Maison, mais à inscrire son propre langage dans une histoire déjà riche. Une approche qui rappelle que la couture se construit autant dans la transmission des savoir-faire que dans la capacité d’une créatrice à faire évoluer une identité sans jamais la trahir.

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Loin de se cantonner à un exercice de prestige, la Haute Couture confirme saison après saison son rôle de laboratoire créatif et de vitrine du savoir-faire d’exception. Dans un contexte où le luxe cherche plus que jamais à affirmer son identité, cet art continue de séduire de nouvelles maisons, convaincues de l’impact culturel et de l’aura qu’il confère.

L’arrivée annoncée d’Hermès sur ce terrain en est l’illustration la plus éloquente. La maison devrait présenter sa première collection Haute Couture en janvier prochain sous la direction de Nadège Vanhée-Cybulski, directrice artistique des collections de prêt-à-porter féminin. Une nouvelle étape dans l’histoire de la griffe, qui confirme que, loin d’être un vestige du passé, la Haute Couture demeure l’une des expressions les plus convoitées de la création contemporaine, capable d’attirer les plus grandes maisons comme les jeunes talents en quête d’excellence.

Frédéric Blanc

 

About Fred

Frédéric Blanc, styliste photo, attaché de presse et fashion éditor de Fashion-spider, le magazine spécialisé mode et beauté, fait partie des figures incontournables de Paris.

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