Les incontournables de la Paris Fashion Week Printemps-été 2017

By on 18/10/2016

Même si Paris est réputée pour être la capitale de la mode, Milan lui vole de plus en plus la vedette au moment des fashion weeks. En effet, l’Italie offre des présentations et des shows beaucoup plus fastueux, le tout dans une ambiance plus conviviale où, à l’opposé de Paris, l’amabilité est de mise !

Quelques maisons sortent néanmoins du lot en apportant leur dose de rêve avec des collections actuelles, commerciales et créatives.

Une des plus remarquées est incontestablement celle du couturier Elie Saab qui revisite les années 80 pour mieux les adapter à notre époque avec des filles décomplexées aimant la fête et qui veulent être vues tout en étant chic et modernes. Même si les robes du soir, indissociables de la maison, restent présentes, elles subissent aussi un sérieux lifting pour sortir dans des bals branchés et devenir les reines du danse floor.

Parce que les femmes Elie Saab sont des stars, il les couvre d’étoiles pour mieux illuminer les nuits estivales de leur présence.

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Impossible de faire l’impasse sur la première collection Dior par Maria Grazia Chiuri. Pour ce premier opus, la créatrice italienne joue sur les opposés entre une femme forte, qui n’hésite pas à piocher dans le vestiaire viril et guerrier des escrimeurs, tout en le mixant à des pièces hyper féminines pour un résultat très actuel, ludique, sexy par des jeux de transparences, et beaucoup plus jeune, notion perdue par la maison depuis plusieurs saisons.

Elle joue également avec les codes Dior comme le « J’ADIOR » que l’on retrouve ici et là tout au long de la collection, ainsi qu’avec les pièces et les détails iconiques comme la veste Bar, les corsets, les broderies et la fameuse abeille qui semblent annoncer le grand renouveau du nom et un retour à la féminité.

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Très attendu, le show Saint Laurent Paris par Anthony Vaccarello n’a pas déçu par sa mise en scène. Rendez-vous à 20h à la tombée de la nuit au 37, rue de Bellechasse dans le chantier de l’Abbaye de Penthemont, ancien ministère des anciens combattants, en passe de devenir le nouveau siège social de la marque, avec un logo YSL de cinq mètres de haut, suspendu à une grue bleu, blanc rouge.

Pas forcement de grandes prises de risques dans cette première collection, où le jeune couturier belge prend le parti d’une transition en douceur en gardant le côté rock instauré par Hedi Slimane, mais en lui ajoutant la sexy attitude qui lui est chère. Fidèle héritier du nom, il n’oublie pas les transparence et le smoking en référence au couturier mythique.

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Une nouvelle page de l’histoire de la maison Lanvin vient de s’écrire avec la première collection de Bouchra Jarrar, qui a choisi les salons de l’hôtel de Ville pour la présenter. Pas évident de succéder à Albert Elbaz, qui a marqué sa présence durant 14 ans en replaçant le nom parmi les incontournables. Le pari est cependant réussi avec des propositions mixant l’ADN raffiné de la griffe et le goût prononcé de l’épure et du masculin/féminin de Bouchra Jarrar.

Il en résulte des propositions ultra féminines, très parisiennes, ultra chic à la limite de la couture, avec vestiaire complet pour chaque moment de la journée qui sauront ravir les adeptes de Lanvin et les afficionados de Bouchra Jarrar dont l’union des deux noms semble aujourd’hui comme une évidence.

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Léonard Paris, avec la première collection de Christine Phung ,a fait également partie des moments forts de cette semaine. Finies les excentricités stylistiques et retour à l’ADN maison avec des propositions ultra portables, commerciales, parfois limites trop sages. Il n’empêche que l’on attend avec impatience le second opus de la styliste française qui manie l’imprimé avec brio et dont certaines pièces promettent de bons présages avec cette collaboration. On apprécie tout particulièrement le retour des maillots de bain sur le podium et les imprimés irisés.

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Impossible de faire l’impasse sur Chanel qui fait partie des dernières maisons à faire de ses défilés des événements incontournables, où certains iraient jusqu’à tuer père et mère pour y assister. Le Grand Palais s’est transformé cette fois-ci en une immense salle de mémoire pour computers, démontrant ainsi que le style Chanel est éternel et surtout toujours à la pointe de l’actualité et des technologies.

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Karl Lagerfeld transpose le monde digital, ultra connecté, aux vêtements qui se parent du lexique informatique (geek, effets métalliques, zips, résilles, fils conducteurs multicolores, réseaux colorés, bandes passantes,…) pour un résultat 100% Chanel, reconnaissable au premier coup d’œil. L’ensemble est utra moderne, jeune, frais et à destination d’une clientèle de tout âge.

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Emanuel Ungaro, sous l’impulsion de son directeur artistique, Fausto Puglisi, apporte le chic, l’élégance et l’amour des jolies filles dont raffolent les italiens à Paris. Pour la femme Ungaro, la mode est une religion. Elle est ultra lookée, s’assume à 100% perchée sur ses talons Mambrini pour Emanuel Ungaro et se moque de connaître l’heure qu’il est pour s’habiller. Même ses tenues de jours semblent être adaptées pour les cocktails.

La force de Fausto Puglisi est de réussir, dès le premier passage, à nous plonger dans l’univers Ungaro tout en y apportant sa patte personnelle.

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La mode est l’exemple parfait de la mixité des tendances et Yoshiyuki Miyamae pour Issey Miyake l’a bien compris au travers de sa collection printemps-été où les influences japonaises se mélangent aux africaines pour un style world wide où la décontraction est de mise et dont les couleurs sont annonciatrices d’une saison radieuse et une réelle invitation au voyage.

En plus de son style reconnaissable entre mille, la marque a toujours revendiqué son avant-gardisme dans le secteur mode, et cette saison n’y fait pas défaut avec le « Cut & Stick », une technique empruntée à l’univers du sportswear qui permet de couper toutes sortes de tissus dans des formes variées puis de les coller les unes aux autres grâce à l’utilisation de la chaleur.

Déjà utilisé dans passé, la technique «3D Steam Stretch » utilise la vapeur pour rétracter le vêtement et s’enrichit cette saison d’une nouvelle variation avec des carrés concentriques formés par l’arrête des plis apportant structure et caractère aux vêtements.

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Kenzo confirme, une fois de plus, sa place de marque de luxe à destination d’une large clientèle, moderne, actuelle, qui souhaite vivre au quotidien la mode des créateurs dans des vêtements portables.

Carole Lim et Umberto Leon ont puisé dans les archives de l’artiste Antonio Lopez, dont le travail d’illustrateur a largement contribué au rayonnement du monde de la mode dans la seconde partie du XXème siècle et dans lequel Kenzo y est en bonne place.

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En plus d’avoir livré une collection parfaitement réussie et complètement portable avec des propositions pour chaque moment de la vie d’une femme, le duo de créateurs nous a invité à un voyage au musée de l’architecture de Paris en mêlant aux pièces historiques des tableaux humains façon « statuts de pierre » pour une plongée au pays de l’illusion.

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Avec l’arrivée d’Alithia Spuri-Zampetti à la direction artistique de Paule Ka, la maison vient de prendre un nouveau tournant en présentant au calendrier officiel. Pour cette première, rendez-vous à la grande serre du Jardin de Plantes pour une plongée au cœur de la forêt tropicale où se cachent des femmes ultra chic. Parce que la Parisienne, cible privilégiée de la marque, est cosmopolite, la jeune styliste s’est inspirée du japon pour imaginer une mode entre souplesse et rigidité. Entre hommage sculptural à Serge Cajfinger, le fondateur de la marque, avec des modèles blancs et ceux ultra colorés avec des tissus rappelant le plissé et l’origami japonais ainsi que les robes du soir en mousseline perchées dans les airs, au milieu des arbres, semblables à des perroquets multicolores, la femme Paule Ka va avoir l’embarras du choix pour ses futures tenues.

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Les shows Manish Arora sont toujours des invitations aux voyages et font partie des incontournables du parcours parisien. Pas de déception cette semaine avec un rendez-vous au Comptoir Général, lieu atypique de la capitale, propice à sa mode ultra colorée.

Baptisée « La vie est belle », la collection est toujours colorée, mais de façon plus soft la rendant ainsi plus facile à porter au quotidien et surtout en ville. L’humour n’est pas oublié avec des imprimés régressifs comme «Mon Petit Poney », des flamands roses, des gâteaux crémeux, des sundays,… et un arc en ciel réalisé en collaboration avec l’artiste indienne Bharti Kher.

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Autre type de voyage pour Andrew GN, qui nous transporte à l’époque directoire qu’il associe à des références punk. A priori antinomique, le résultat est surprenant et parfaitement moderne. On adore les robes et les tops en denim qui corsettent la taille, les contrastes dentelles extra fines, qui finissent en t-shirt destroy, les redingotes aux brocards chargés qui se mixent aux colliers de chien et aux souliers à picots métalliques. Seul le grand soir reste très classique et aurait mérité plus de fantaisie.

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Si pour certains, le défilé Andrea Kronthaler pour Vivienne Westwood est plus un show qu’une collection de réels vêtements, c’est toujours un plaisir d’assister à ce spectacle qui fait indissociablement partie des fashion weeks et qui se raréfie à Paris. Ici, le mélange des sexes est de mise avec des tenues les plus extravagantes les unes que les autres. Les hommes portent des talons et des robes et les femmes s’amusent à se parer de pièces masculines. Si au premier coup d’œil, cela peut paraître too much, on note des pièces tout à fait portables, fidèles au style maison qui signent une fois de plus l’incroyable talent des ateliers Vivienne Westwwod pour la réalisation de tenues avant-gardistes, réalisées dans les codes de la couture et du tailoring anglais.

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Valentin Yudashkin, retenu en Russie pour des problèmes de santé, a missionné sa fille, directrice artistique de la ligne prêt-à-porter, pour la présenter à Paris sous les dorures de l’hôtel Westin. Si parfois le couturier à tendance à présenter une mode décalée avec nos tendances et plus directement à destination de ses clientes, sa nouvelle collection est très portable au quotidien pour des filles actives, qui aiment délaisser leurs stilettos au profit de chaussures empruntées au vestiaire masculin pour toujours plus de confort, tout en restant hyper féminines.

Parce qu’aujourd’hui la femme est multiple, le soir n’est pas négligé avec des propositions courtes ou longues dans lesquelles les tons métalliques apportent la lumière à celles qui les arborent.

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Véronique Branquinho a distillé une parenthèse hors du temps à cette fashion week avec ses propositions raffinées, féminines à la limite de la couture. Des robes aux teintes poussière inspirées des papiers peints à fleurs du 18ème dans lesquelles contrastent de la dentelle et du tulle noir. Des ensembles volés au homme se féminisent par des ajouts de tulle pour une transparence en toute discrétion. Des variations de plis Watteau chutent des épaules pour allonger la silhouette dans le dos. Se rajoute ici et là des broderies artisanales comme un rappel au fait que seules les vraies valeurs apportent le plus qui fait toute la différence.

Fil rouge de la collection, des bottines trompe l’œil, donnant l’illusion d’un escarpin verni noir porté avec des chaussettes de dentelle beige, finissent les silhouettes à la perfection.

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Lutz Huelle s’impose de saison en saison comme la marque de référence des modeuses underground. Une allure faussement négligée et ultra réfléchie, avec des influences des années 80 dans les coupes. Les épaules sont élargies pour une allure plus forte. Le jean, base de la garde-robe, se travaille ici comme un matière noble et se mixe à d’autres. L’esprit « guerrière des villes » est à son paroxysme avec l’imprimé camouflage et le kaki qui se mélangent à des couleurs flash, limite fluo, pour avant tout ne pas passer inaperçu. Les basiques sont retravaillés pour devenir des must have comme le trench, la veste kimono et la robe asymétrique.

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Bien que non présentes au calendrier officiel, certaines marques arrivent parfaitement à s’imposer au milieu des 90 défilés listés par la Fédération Française de la Couture, à l’image de Gauchère Paris qui une fois plus, propose un vestiaire urbain, mêlant les références sportives au féminin/masculin pour une silhouette hyper actuelle où la féminité utilise les codes du tailoring pour mieux mettre le corps en valeur.

Pour s’imposer aujourd’hui, une marque doit avoir une identité et Marie-Christine Straz l’a bien compris pour Gauchère Paris pour laquelle elle reste fidèle à sa ligne de conduite en utilisant les jeux de contrastes sans cesse renouvelés.

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Première présentation parisienne de Di Liborio, qui a choisi le Palais de Tokyo pour y dévoiler ses créations. Venu de Milan, Liborio Capizzi a fondé sa griffe en 2013 après avoir collaboré durant seize ans avec la maison Gianfranco Ferré dont on retrouve dans ses lignes personnelles le goût d’une mode architecturée, accompagnée d’une réelle plongée dans un univers rock, underground où les codes du luxe sont revisités pour une approche ultra moderne. Ici l’amour des belles matières, comme la soie et le cuir, se mêlent sans ostentation.

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Loin d’être un inconnu des podiums parisiens, le portugais, Luis Buchinho, y défile depuis 2010 au calendrier off. Très contemporaines et féminines, ses tenues ont toujours pour but d’embellir celles qui les portent. Tout à fait dans l’ère du temps, ses nouvelles propositions flirtent avec le sportswear pour une attitude dynamique dans laquelle le noir et le blanc sont en bonne place, accompagnés de couleurs primaires qui soulignent les détails métalliques. En rapport avec l’esprit de la collection, les tissus techniques accentuent le côté sport, dynamisant ainsi ces tenues citadines.

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Si parfois les créateurs nous déplacent dans des lieux sans relation avec leur collection, ce n’est pas le cas de Yazbukey qui a convié son assistance au garage de Lubeck, transformé pour l’occasion en atelier automobile de charme aux employées ultra sexy !

Le pari est réussi, le show est bien orchestré et tout le monde trouve soudain un intérêt aux accessoires de réparation automobile transformés en bijoux de plexiglass ou en sacs à main. L’humour, toujours au rendez-vous, caractérise les shows de cette créatrice à forte personnalité et en fait un des temps forts de la Paris Fashion Week.

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Frédéric Blanc

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