Paris Fashion Week Printemps-Été 2021

By on 18/10/2020

Dans un monde dirigé par l’épidémie de la Covid-19, les grandes semaines internationales de la mode féminine printemps-été 2021 ont été organisées en fonction des nouvelles normes sanitaires. Entre défilés physiques avec un nombre restreint d’invités et présentations vidéo, les designers ont rivalisé d’ingéniosité pour présenter leur collection.

 

Paris, en capitale incontestée de la mode, a proposé 84 maisons au calendrier officiel de la Fédération de la haute couture et de la mode. Si la plupart des marques ont opté pour des présentations digitales et des rendez-vous personnalisés, 19 maisons ont organisé des défilés en tenant compte des nouvelles restrictions imposées par le gouvernement.

 

Parmi les défilés, impossible de passer à côté du défilé Koché qui a investi le parc des Buttes-Chaumont. Comme à son habitude Christelle Kocher a privilégié un casting sauvage, constitué d’hommes et de femmes de tailles, de styles et d’âges différents pour présenter ses nouvelles créations.

Fidèle à son engagement pour une mode inclusive et ouverte à tous les genres, elle propose un dressing streetwear où les pièces sportives côtoient l’ultra féminité avec des détails de dentelle sur des soutiens-gorge, des t-shirts ou des nuisettes très sexy. Son travail de brodeuse, toujours omniprésent, apporte une touche couture à ses pièces à porter au quotidien.

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Les pièces masculines de leurs côtés n’hésitent pas à mettre en avant la part féminine de l’homme. Sans jamais tomber dans la caricature, elle n’hésite pas à faire entrer la dentelle dans le vestiaire masculin tout en restant viril, dans l’esprit résolument moderne.

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Koche_PaP_Homme_PE_2021

Afin de devenir une véritable marque de mode, Aigle a demandé à Christelle Kocher d’imaginer une capsule mélangeant leurs deux ADN. Ces pièces ont été dévoilées en ouverture du show sur trois mannequins.

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Avec également un jardin pour décor chez Kenzo, Felipe Oliveira Baptista, s’engage dans l’ère écologique avec comme ligne directrice les fleurs et les abeilles. Dans un monde qui devient fou, où les problèmes de la sauvegarde de la planète sont sur toutes les bouches à l’exception de celles des industriels qui souhaitent ne rien changer pour ne pas perdre leurs profits. Le designer puise dans les archives de la maison et en extrait les imprimés floraux, cher au fondateur de la griffe, pour en recouvrir les tenues féminines et masculines. Il s’inspire aussi des tenues des apiculteurs pour imaginer un dressing joyeux, mais également protecteur avec des capuches surdimensionnées. Un accessoire qui tombe à point nommé dans une période où la distanciation sociale est de mise !

Kenzo_PaP_PE_2021_Femme

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Kenzo_PaP_Homme_PE_2021

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Maria Grazia Chiuri pour Dior continue sa réflexion engagée sur l’origine de la mode, le sens de la coupe et la création comme langage artistique en perpétuel mouvement. Très inspirée des années 70 et par conséquent de la libération du corps des femmes, la collection, très largement critiquée pour sa simplicité par la presse, apporte une nouvelle image d’un luxe à l’apparence simple. Dans un monde où rien ne va plus, où sortir devient un risque pour sa santé, la créatrice propose un vestiaire simple, confortable, un brin rétro qui rappelle la plus grande période d’insouciance de nos 50 dernières années. Motifs floraux ou cachemire, transparence, patchwork, mailles, crochet, denim, Tie and Dye, broderie fine ou anglaise, tous les ingrédients d’une réussite sont réunis pour séduire la nouvelle cliente Dior que la directrice artistique a su attirer dans la maison.

DIOR_PaP_Femme_PE_2021

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Alors que le monde se tourne vers un luxe plus discret et plus proche de nos préoccupations écologiques, Olivier Rousteing se raccroche quant à lui aux années fric, celles des années 80, début 90 pour la nouvelle collection Balmain.

Cette période de grande inventivité, où les stylistes pouvaient imaginer les tenues les plus folles dans un monde où l’argent coulait à flots est évidemment une source inépuisable d’inventivité pour les jeunes designers qui ne les ont pas vécus.

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Comme lors ces années, il en résulte une collection où le bon goût flirte avec le too much. Si Olivier Rousteing a souhaité rendre hommage aux créations élégantes de Pierre Balmain, en ressuscitant certaines pièces et surtout en réintroduisant le monogramme historique maison, les exagérations de formes et de couleurs ne jouent pas toujours en sa faveur avec certains looks à l’apparence démodée et trop vue, malgré la perfection des coupes, les belles matières et le travail du cuir des ateliers.

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Même esprit festif chez Isabel Marant qui semble vouloir oublier les problèmes actuels avec un vestiaire aux tonalités roses et rouges, dans lequel le meilleur des années 70 avec les fleurs, des 80 avec les volumes et des 90 avec les brillances, se retrouvent dans des looks street chic. Devenu une référence, le style Marant est bien là et se décline également au masculin pour des garçons sans préjugés aimant la mode sans distinction de sexe.

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Le duo français Victoria Tomas qui a tenu à être présent physiquement lors de cette fashion week a également souhaité également annoncer un grand changement dans sa démarche créatrice : des collections entièrement réversibles et produites en France. Cette volonté s’inscrit dans un désir d’une consommation plus responsable. L’idée étant d’acheter moins, tout en en ayant plus pour son argent. Cette démarche entre dans la logique d’une consommation plus raisonnée.

Ce changement important dans la façon de concevoir les collections n’a en aucun cas influé dans le style maison qui reste fidèle à l’ADN de la griffe. On y on retrouve des pièces inspirées du workwear masculin, facile à porter pour le quotidien ainsi que des pièces plus féminines travaillées avec des détails de broderies ou des manches en soie drapées. L’art du duo étant de savoir mélanger ses deux styles pour en faire le sien.

Afin d’illustrer ce nouveau concept, le binôme a fait défiler sur le podium deux mannequins côte à côte portant chacune une silhouette réversible.

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Ce défilé a été également l’occasion de présenter les premiers modèles no gender à la gente masculine.

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Depuis 2013, Marie-Christine Statz propose sa vision du prêt-à-porter au travers de sa marque Gauchere. Elle crée des vêtements qui mettent en valeur l’individualité grâce à un style affirmé où le masculin/féminin ne fait qu’un. Marque de luxe, elle utilise des techniques couture pour créer des structures géométriques et des volumes sculpturaux coupés dans des matières nobles afin de proposer des pièces intemporelles au caractère bien trempé.

À travers cette collection la créatrice souhaite retranscrire l’ambiance incertaine actuelle de notre société dans ses vêtements en proposant des formes organiques ou oversize symbolisant la libération du corps, quand tout ce qui nous entoure nous étouffe. Les bulles qui forment le volume, le façonnage intérieur et extérieur ainsi que le rapiéçage des tissus et des motifs expriment notre nouvelle réalité. C’est également l’occasion pour la marque de dévoiler des pièces masculines.

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Pour ses 9 ans, Ami, le label parisien d’Alexandre Mattiussi, a souhaité offrir un show en plein air à ses aficionados. Organisé le long de la Seine, à la lueur des lumières de la nuit parisienne, le défilé a distillé des silhouettes oscillant entre séduction et décontraction à destination des hommes et des femmes, la griffe proposant un vestiaire féminin depuis 3 ans. À l’image du dressing parisien, Ami répond à cette élégance si particulière que possède la capitale de la mode et que le monde nous envie.

Une collection idéale à adopter dès le printemps.

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Présentation sur rendez-vous pour la jeune marque Prune Goldschmidt qui propose sa vision du dressing idéal de la femme. Une première collection dans laquelle la créatrice revisite les fondamentaux du bon chic bon genre en jouant sur les proportions. Les jeux de macro-micro redéfinissent les bases d’un nouveau vestiaire qui puise son essence dans les grands classiques du vestiaire féminin, enfantin et masculin avec les chemises et les vestes d’homme, les cols exagérés des bourgeoises, les boomers et les mailles des nouveau-nées.

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Rien n’étant trop beau pour la femme tous les modèles sont déclinés dans des matières nobles : popeline de coton, faille de laine, faille de coton, satin duchesse, seersucker, satin de coton.… Afin de casser encore plus les codes du classicisme, la créatrice dispense sur ses matières des imprimés coquins issus du Kama Sutra, des écussons subversifs ou des monogrammes rassurants…

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Pour l’aider dans cette mission, Prune Goldschmidt s’est entourée des meilleurs ateliers de confection ainsi que des services de Gilles Rosier. Afin de proposer un vestiaire complet en adéquation avec son style, elle a également fait appel à Philippe Ferrandis pour une ligne de bijoux, Maison Lafargue pour la maroquinerie, Maison Ernest pour les chaussures et Maison Fogal pour des chaussettes et des bas exclusifs.

 

 

Pourquoi changer de registre quand on maîtrise son sujet sur le bout des doigts ? Une fois de plus Alexandre Vauthier rend hommage au corps de la femme avec des propositions classiques, mais revues et corrigées par son œil avisé. Au travers de ses mains, un trench, une chemise blanche, un tailleur deviennent des emblèmes du glamour et du sexy. En admirateur des femmes, il puise le meilleur des années 80 pour faire revivre les années disco avec les lamés et les irisés.

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Dice Kayek, n’est pas une simple marque, c’est un style à part entière. Toutes les pièces de la créatrice sont une signature immédiatement reconnaissable. Comme à chaque collection, Ece Ege ne propose pas un nouveau dressing, mais un complément de vestiaire. Indémodables les collections se suivent et se ressemblent tout en proposant des nouveautés qui peuvent se mixer à des anciennes sans pour autant avoir l’air démodées. Dice Kayek semble avoir inventé le style intemporel.

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Le studio de design d’Emanuel Ungaro continue sa mission de faire revivre le riche passé de la maison à travers des propositions jeunes, fraîches, dynamiques et faciles à porter dans une gamme de prix abordables. Si la maille est devenue le moyen d’expression favori de la marque, elle n’exclut pas le mélange avec d’autres matières comme pour cette collection avec de la soie imprimée et du denim.

En hommage à la haute couture de Monsieur Ungaro, des tops et des petites robes arborent des imprimés issus des défilés des années 90.

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Agnès.b invite à une croisière sur la Seine pour une collection très facile à porter et répondant à toutes les occasions de la vie. Du matin au soir, la créatrice propose un vestiaire où le sportswear est omniprésent afin de répondre aux besoins de liberté du corps avec style. Comme à son habitude, elle retravaille ses basiques en y apportant des touches arty au travers d’imprimés.

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Les femmes aimant les hommes élégants, agnès.b s’amuse à proposer un dressing très dandy des temps modernes où le décontracté devient chic, les costumes se jouent des tendances grâce à une rock attitude, signature de la marque.

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Giambattista Valli transpose son style couture à son prêt-à-porter de luxe. Un brin passéiste, la collection joue sur les codes de l’élégance de la Parisienne des années 50. Un style ultra sophistiqué gravé dans l’inconscient collectif des étrangères lorsqu’elles imaginent les Françaises.

Nées durant le confinement, ces tenues puisent leurs inspirations dans une volonté du couturier d’oublier cette période noire, en apportant une note d’espoir, redécouvrant le luxe ultime, à savoir la valeur du temps, de l’intimité et le partage de bons moments ensemble dans un univers agréable. Pour cela, il transpose la silhouette parisienne dans les jardins prospères de la Riviera italienne, remplis de couleurs éclatantes rehaussées par l’énergie du soleil.

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Un nouveau monogramme fait son entrée comme un leitmotiv, à côté du logo de la Maison. Ce dernier étant brodé ou imprimé sur les chemises, les sacs, les poches de pantalon, ou encore sur les boucles de ceinture.

Giambattista Valli

 

Frédéric Blanc

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