La Paris Fashion Week Printemps-Eté 2020 par Fashion-Spider

By on 10/01/2020

Après la mise en avant des nouveaux labels durant la plus importante des Fashion Week, Fashion-Spider révèle ses coups de cœurs de la semaine. Défilés, présentations, installations, les créateurs rivalisent de créativité pour présenter leur collection.

 

Incontournable des incontournables, Chanel reste le défilé le plus attendu de la semaine parisienne. Pour la saison printemps-été, la Maison a proposé une ballade sur les toits de Paris au cœur du Grand Palais. Dans un esprit fidèle à l’ADN de la marque, Virginie Viard continue sa mission de rajeunissement du style tout en restant fidèle à l’esprit de Karl Lagerfeld.

Pour ce nouvel opus, la créatrice dit s’être inspirée de la Nouvelle Vague, à l’époque où Gabrielle Chanel habillait Jean Seberg ainsi que les actrices en vogue. Fin de l’androgénie et place à la féminité avec des silhouettes fluides grâce à l’utilisation de matières légères qui laissent la liberté de mouvement. Le tailleur iconique maison est revisité en combi-short ou en combi-pantalon pour un effet toujours plus jeune et dynamique.

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Richard René pour Guy Laroche reste également fidèle à l’allure imposée par son fondateur en son temps. Il a souhaité recevoir ses invités dans une ambiance à la fois cosy et sulfureuse, pour rendre hommage à Madame Claude et son univers. Il dédie cette collection à ces filles et ces garçons libres qui, pour quelques billets de cinq cents francs, ont contribué au lustre de la France. Pour l’occasion, il revisite le logo historique et le décline aussi bien dans le décor que sur les tenues et n’hésite pas à imaginer des « total look » composés d’imprimés de billets de 500 francs, mêlant chic et humour.

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L’introduction de la ligne homme n’est pas passée inaperçue, avec des looks à la fois sexy et chic, en parfait accord avec les nouveaux codes de la masculinité actuelle.

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Depuis l’arrivée de Clare Waight Keller à la tête du style de Givenchy, la maison a renoué avec les codes imposés par son fondateur : un prêt-à-porter de luxe portable et créatif. La femme moderne y trouve un vestiaire contemporain qui mixe des matières nobles à l’incontournable de notre époque : le denim. Les coupes vont des plus structurées aux plus fluides tout en affichant un chic Parisien, grâce aux mélanges des codes masculins/féminins et des touches couture.

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Issey Miyake a profité de l’occasion pour présenter son nouveau directeur artistique femme : Satoshi Kondo. En total accord avec l’esprit de liberté imposé par Monsieur Miyake, le designer a souhaité un véritable show mêlant chant, danse, sport, art et mode.

Issey_Miyake_Satoshi_KondoSatoshi Kondo

L’ADN est conservé et enrichi de nouvelles idées de Satochi qui mélange des looks plus classiques à des tenues sportives sans pour autant oublier les recherches sur les matières et les propositions coloristiques sans limites.

Issey_Miyake_PaP_PE_2020_©_Frederique_Dumoulin

Issey_Miyake_PaP_SS_2020_©_Frederique_Dumoulin

 

Rokh s’adresse à la néo bourgeoise qui apprécie les basiques de garde-robes aux jolies coupes et aux belles matières sans pour autant vouloir ressembler à ses ainées. Ancien assistant de Phoebe Philo chez Céline, Rok Hwang, d’origine coréenne, mais basé à Londres aime retravailler les grands classiques comme les trenchs. Il les monte, les démonte, les découpe, les réinvente pour les décliner à l’infini et sous toutes les formes. En total accord avec la nouvelle direction du prêt-à-porter masculin, le tailoring se mixe aux coupes féminines et aux codes du street pour une allure 100% contemporaine débarrassée des contraintes sociales.

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Victoria/Tomas est la marque de référence des filles d’aujourd’hui. Le duo réinterprète de saison en saison l’esprit de la Parisienne qui aime l’élégance décontractée par des jeux de mélanges des styles. Entre féminité extrême et sportswear, la fille Victoria/Tomas se joue des remarques et avance dans la vie sans se soucier des autres. Ses vêtements sont le reflet de sa personnalité.

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Glen Martens signe un nouveau chapitre dans sa collaboration avec Y/Project. Adepte du déconstructivisme, ce véritable couturier aime réinterpréter, détruire, tordre, déformer les étoffes et les vêtements pour inventer de nouvelles formes. Si beaucoup s’y sont essayés, peu y sont arrivés alors que ce dernier excelle dans cet art.

Pour sa sixième année à la tête de la maison, il réinvente son propre langage esthétique en faisant appel à ses premières collections et réemploie par exemple l’imprimé trompe l’œil spiral, dont l’illusion d’optique accentue les courbes féminines, mais aussi des détails délicats en dentelle et le pull BCBG aux multiples cols V, dans une démarche patrimoniale de valorisation des archives. Pour mieux ancrer l’ADN, il retravaille également de nombreuses pièces issues de ses différentes collections.

Les looks sont complétés par les solaires imaginées en collaboration avec Linda Farrow, le sac trapèze dans un format plus petit, le modèle bowling maintenant équipé de chaînes dorées et argentées et de bijoux.

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Saint Laurent Paris par Anthony Vaccarello revisite de saison en saison le patrimoine de la maison tout en l’adaptant à notre époque. Si le noir domine, il est également mis en valeur par des touches de blanc, d’or, de rouge et surtout de broderie de paillettes si chères à monsieur Saint Laurent.

Le travail des smokings, les jeux de transparence, les découpes, les coupes masculines, les inspirations lointaines, les motifs animaliers restent autant de valeurs sûres à adopter dans leurs versions 2020.

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Shiatzy Chen, la marque de prêt-à-porter de luxe taïwanaise, fondée en 1978 par Wang Chen Tsai-Hsia, démontre de saison en saison l’évolution de la mode asiatique. Si auparavant tout ce qui venait d’Asie était synonyme de copie, de qualité médiocre ou encore d’un luxe passéiste, ce n’est plus le cas aujourd’hui. Shiatzy Chen, qui a entamé, depuis plusieurs saisons, une politique de modernisation, prouve qu’elle a bien sa place dans le calendrier officiel de la Fédération de la Haute Couture et de la Mode. Tout les codes de la féminité se donnent rendez-vous ici avec des robes et des ensembles où transparences, dentelles, coupes fluides s’allient à des pièces plus strictes comme les trenchs, les vestes d’hommes, des influences streetswear et des clins d’œil aux coupes chinoises pour des looks dans le respect des tendances européennes

Shiatzy_Chen_PaP_SS_2020_Franck_©_Mura

Shiatzy_Chen_PaP_PE_2020_©_Franck_Mura

 

Pour sa première collection de prêt-à-porter chez Schiaparelli, Daniel Roseberry prend appui sur l’enfance de la couturière dont la mère lui disait souvent qu’elle était laide et qui la poussa à chercher un moyen de s’embellir ou, encore mieux, de se métamorphoser. Pour cela, elle n’hésita pas à avaler des graines de fleurs afin de se transformer en bouquet, elle tomba malade, mais cette anecdote la poussa à devenir créatrice de mode pour surpasser et sublimer le physique.

Avec cette collection, le nouveau directeur artistique souhaite permettre aux femmes de révéler une facette de leur personnalité, le jour, avec une silhouette chic, épurée et aérodynamique, tandis que le soir, elles en révèlent une autre plus fantasque, insaisissable et incroyablement libre. Vestes, pantalons et robes sont revisités pour donner vie à dix pièces essentielles. Les bijoux et les sacs évoquent les créations d’Elsa Schiaparelli ainsi que ses codes fétiches : le rose, le matelassage graphique et les cadenas.

Il en résulte une ligne de prêt-à-porter haut de gamme, empreinte de couture, signature de la maison.

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Anaïs Jourden continue de mélanger les influences asiatiques dans son travail à mi- chemin entre l’orient et l’occident. Amoureuse du travail de Christian Lacroix, elle s’est inspirée de son travail pour intégrer certains éléments et combinaisons de matières ou de formes pour rendre ses tenues toujours plus féminines. Avec cette collection, elle affirme sa maturité et impose un style parfaitement abouti.

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Maison Kitsune, qui a su s’imposer comme la marque fétiche de la nouvelle génération, s’est offert les services de  Yuni Ahn pour réinventer son dressing masculin et féminin, dans lequel, elle n’hésite pas à jouer sur le mélange des genres. Malgré une collection très remarquée, on vient d’apprendre, en ce début d’année, que la directrice a déjà été remercié.

La créatrice d’origine sud-coréenne a déjà travaillé pour des marques comme Chloé, Celine, Miu Miu et Paul Smith sur des projets allant du prêt-à-porter à l’aménagement d’intérieur, en passant par les accessoires. Plus récemment, elle a œuvré à la création des sacs, bijoux et lunettes de soleil chez Celine sous l’égide de Phoebe Philo, avant de devenir directrice du design des précollections et des collections de défilés.

Pour cette mission, elle propose des silhouettes conjuguant subtilement tailoring et influences streetwear pour un confort optimal.

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Maison-Kitsune_pap_Homme_PE_2020

 

Barrie, le spécialiste du cachemire de luxe faisant partie du groupe Chanel, signe également un politique de rajeunissement depuis l’arrivée d’Augustin Dol Maillot à la tête du style.

Augustin_Dol_Maillot_DA_BARRIEAugustin Dol Maillot

Il avance plusieurs thèmes mettant en valeur le savoir-faire de la maison. Le denim, devenu un basique du vestiaire, se révèle en trompe l’œil sur des vestes et des pantalons aux coupes boyfriend, oversize et cropped. Le motif bandana, symbole des années 80 et de l’Écosse, où cette étoffe puise sa source, est revisitée sur une série d’un vestiaire complet. Les rayures et le logo sont également mis à l’honneur.

Incontournable de l’été pour un esprit vacances assuré, les pièces façon éponge, façonnées dans un mélange de cachemire et de coton, évoquent la sortir de bain estival. Les accessoires avec les bobs et les chaussettes complètent ce vestiaire idéal tout en lui conférant une totale modernité.

Barrie_PaP_PE_2020

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Naco Paris se joue des modes et des tendances, pour sa ligne atypique et totalement en accord avec sa façon de vivre. Ici, le mélange des genres est roi et se marie à la perfection à l’art et surtout à la liberté d’expression revendiquée haut et fort par son créateur. À ces collections en mini-séries se mélangent des pièces uniques issues de collections vintages qu’il retravaille et customise à l’image du trench Burberry et de la veste Yves Saint Laurent Rive gauche.

Naco-PAris_PaP_PE_2020_©_Nathalie_Sauvegrain_aka_Natydred

 

Karl Lagerfeld n’est plus, mais la marque continue de perpétuer son œuvre. Carine Roitfeld a d’ailleurs été nommée comme conseillère du style de la marque afin de faire perdurer l’œuvre du maître sans trahir son œuvre.

Homme de goût et amateur des belles fêtes, un hommage dans son hôtel particulier de Saint-Germain-des-Prés lui a été rendu au travers d’une collection de chemises blanches désignées par différentes personnalités de la mode.
Baptisé « A Tribute to Karl Lagerfeld », ce projet prend forme au travers de la collection de sept chemises destinées à célébrer son héritage. On y retrouve celle de Carine Roitfled, Kate Moss, Cara Delevingne, Tommy Hilfiger, Diane Kruger, Takashi Murakami et Sébastien Jondeau. Ces sept pièces seront répliquées 77 fois et vendues au prix de 777€ au profit du programme « Sauver la Vie » qui finance la recherche médicale à l’Université Paris Descartes, soutenue par Karl Lagerfeld.

Chemises_A-Tribute_To_Karl_Lagerfeld_Automne_2019

Victimes de leur succès, toutes les chemises ont déjà été vendues sur Karl.com et Farfetch.com.

En plus de ces pièces, d’autres personnalités, acteurs, artistes, sportifs, collaborateurs ou amis ont également participé à cette action présentant leur chemise hommage.

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En ce qui concerne la collection prêt-à-porter, elle s’intéresse plus particulièrement au style Bauhaus, un mouvement artistique ayant posé les bases de l’architecture moderne, cher à Karl Lagerfeld. Il en résulte des pièces très colorées, chose plutôt rare dans la maison, dans lesquelles les formes graphiques prennent le dessus.

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Karl_Lagerfeld_PaP_PE_2020

Frédéric Blanc

 

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